{"id":18292,"date":"2026-04-16T08:22:04","date_gmt":"2026-04-16T07:22:04","guid":{"rendered":"https:\/\/solent-avocats.com\/?page_id=18292"},"modified":"2026-04-16T09:55:58","modified_gmt":"2026-04-16T08:55:58","slug":"collective-procedures","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/guides\/procedures-collectives\/","title":{"rendered":"Collective proceedings"},"content":{"rendered":"<p>Les proc\u00e9dures collectives ont mauvaise r\u00e9putation. Dans l&rsquo;esprit commun, elles se r\u00e9sument \u00e0 la faillite, \u00e0 la liquidation, \u00e0 la sanction ; on y voit la chronique d&rsquo;une mort annonc\u00e9e plut\u00f4t qu&rsquo;un dispositif de traitement ordonn\u00e9 d&rsquo;une difficult\u00e9 qui aurait pu, dans bien des cas, \u00eatre \u00e9vit\u00e9e ou att\u00e9nu\u00e9e. Cette lecture est \u00e0 la fois juste et trompeuse. Juste parce que la liquidation judiciaire reste, statistiquement, l&rsquo;issue la plus fr\u00e9quente. Trompeuse parce qu&rsquo;elle occulte un arsenal pr\u00e9ventif et curatif que le l\u00e9gislateur n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00e9toffer depuis la grande loi de sauvegarde de 2005 et, plus r\u00e9cemment, la transposition de la directive europ\u00e9enne Restructuration par l&rsquo;ordonnance du 15 septembre 2021.<\/p>\n<p>Ce guide prend le parti d&rsquo;expliquer les proc\u00e9dures collectives vues des deux c\u00f4t\u00e9s : celui du chef d&rsquo;entreprise qui cherche \u00e0 pr\u00e9server son activit\u00e9 ou \u00e0 organiser une sortie ma\u00eetris\u00e9e, et celui du cr\u00e9ancier \u2014 banque, fournisseur, bailleur, salari\u00e9 \u2014 qui cherche \u00e0 recouvrer dans un univers o\u00f9 les r\u00e8gles de droit commun sont suspendues. Il renvoie, pour chaque proc\u00e9dure et chaque m\u00e9canisme technique, aux guides sp\u00e9cialis\u00e9s qui approfondissent les questions pratiques.<\/p>\n<h2 id=\"deux-visages\">Une mati\u00e8re \u00e0 deux visages : sauvetage et traitement<\/h2>\n<p>Le livre VI du Code de commerce poursuit trois objectifs, dans l&rsquo;ordre que la loi elle-m\u00eame a fix\u00e9 \u00e0 l&rsquo;article L. 620-1 : la poursuite de l&rsquo;activit\u00e9, le maintien de l&#8217;emploi et l&rsquo;apurement du passif. Cette hi\u00e9rarchie n&rsquo;est pas d\u00e9corative. Elle explique pourquoi un plan de redressement a priori d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 peut \u00eatre impos\u00e9 contre l&rsquo;avis d&rsquo;une partie des cr\u00e9anciers, pourquoi l&rsquo;administrateur judiciaire dispose d&rsquo;un pouvoir consid\u00e9rable sur les contrats en cours, pourquoi le tribunal peut prolonger une p\u00e9riode d&rsquo;observation au-del\u00e0 de ce qui semblait raisonnable. La mati\u00e8re est d&rsquo;ordre public \u00e9conomique : elle prot\u00e8ge moins des int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s qu&rsquo;un \u00e9quilibre collectif dont la d\u00e9faillance d&rsquo;une entreprise menace l&rsquo;ensemble.<\/p>\n<p>Cette logique produit une distinction fondatrice. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, les proc\u00e9dures de pr\u00e9vention \u2014 mandat ad hoc, conciliation \u2014 op\u00e8rent dans la confidentialit\u00e9, sur la base d&rsquo;un accord volontaire entre le d\u00e9biteur et ses principaux cr\u00e9anciers, avant que la situation ne devienne irr\u00e9versible. De l&rsquo;autre, les proc\u00e9dures collectives proprement dites \u2014 sauvegarde, redressement, liquidation \u2014 produisent des effets erga omnes d\u00e8s le jugement d&rsquo;ouverture : interdiction des paiements ant\u00e9rieurs, suspension des poursuites individuelles, arr\u00eat du cours des int\u00e9r\u00eats, d\u00e9ch\u00e9ance de certains droits, nullit\u00e9s de la p\u00e9riode suspecte. Le basculement d&rsquo;un monde \u00e0 l&rsquo;autre se joue souvent en quelques jours, et l&rsquo;anticipation est presque toujours le facteur d\u00e9cisif qui s\u00e9pare une restructuration r\u00e9ussie d&rsquo;une liquidation subie.<\/p>\n<h2 id=\"sources\">Les sources du droit des proc\u00e9dures collectives<\/h2>\n<p>Le texte central est le <strong>livre VI du Code de commerce<\/strong>, consacr\u00e9 aux \u00ab difficult\u00e9s des entreprises \u00bb. Son ossature est le produit d&rsquo;une s\u00e9dimentation l\u00e9gislative commenc\u00e9e avec la loi du 25 janvier 1985, prolong\u00e9e par la loi de sauvegarde des entreprises du 26 juillet 2005 \u2014 qui a cr\u00e9\u00e9 la proc\u00e9dure de sauvegarde et donn\u00e9 sa physionomie actuelle \u00e0 la mati\u00e8re \u2014, remani\u00e9e par l&rsquo;ordonnance du 18 d\u00e9cembre 2008 et la loi du 22 octobre 2010, puis par l&rsquo;ordonnance du 12 mars 2014 qui a refondu la pr\u00e9vention et introduit la sauvegarde acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. La r\u00e9forme la plus r\u00e9cente d&rsquo;ampleur tient \u00e0 l&rsquo;<strong>ordonnance n\u00b0 2021-1193 du 15 septembre 2021<\/strong>, qui a transpos\u00e9 la directive (UE) 2019\/1023 dite \u00ab Restructuration et insolvabilit\u00e9 \u00bb et introduit les classes de parties affect\u00e9es : un dispositif issu des pratiques anglo-saxonnes qui bouleverse la n\u00e9gociation des plans dans les dossiers d&rsquo;une certaine taille.<\/p>\n<p>Le livre VI cohabite avec plusieurs corpus. Les r\u00e8gles sur les s\u00fbret\u00e9s et les privil\u00e8ges, issues du Code civil et du Code de commerce, fixent les rangs de paiement dans les r\u00e9partitions. Le droit du travail r\u00e9git le sort des salari\u00e9s et le r\u00f4le de l&rsquo;AGS, qui avance les cr\u00e9ances salariales impay\u00e9es. Le droit fiscal organise le sort des cr\u00e9ances publiques. Enfin, la dimension europ\u00e9enne est d\u00e9cisive : le r\u00e8glement (UE) 2015\/848 relatif aux proc\u00e9dures d&rsquo;insolvabilit\u00e9 coordonne le traitement des d\u00e9faillances transfrontali\u00e8res et d\u00e9termine la juridiction comp\u00e9tente lorsque le centre des int\u00e9r\u00eats principaux du d\u00e9biteur est situ\u00e9 dans un \u00c9tat membre.<\/p>\n<p>La jurisprudence de la chambre commerciale de la Cour de cassation occupe, comme en droit bancaire, une place d\u00e9terminante. Elle a fix\u00e9, au fil des d\u00e9cennies, les contours du soutien abusif, de la d\u00e9claration de cr\u00e9ance, de la responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif, de l&rsquo;opposabilit\u00e9 des clauses de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9, de la continuation des contrats en cours. Un guide pratique des proc\u00e9dures collectives sans jurisprudence est, tout simplement, une coquille vide.<\/p>\n<h2 id=\"prevention\">La pr\u00e9vention : mandat ad hoc et conciliation<\/h2>\n<p>Deux dispositifs, m\u00e9connus du grand public et sous-utilis\u00e9s malgr\u00e9 leur efficacit\u00e9, permettent d&rsquo;agir avant l&rsquo;ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure collective. Le <strong>mandat ad hoc<\/strong>, pr\u00e9vu par l&rsquo;article L. 611-3 du Code de commerce, est ouvert \u00e0 toute entreprise qui rencontre une difficult\u00e9, quelle qu&rsquo;en soit la nature. Le pr\u00e9sident du tribunal d\u00e9signe un mandataire ad hoc dont la mission est librement d\u00e9finie \u2014 le plus souvent, n\u00e9gocier avec les principaux cr\u00e9anciers, en particulier les banques, des d\u00e9lais de paiement ou un r\u00e9\u00e9chelonnement. La proc\u00e9dure est strictement confidentielle ; sa dur\u00e9e est libre et peut \u00eatre reconduite. Elle ne produit aucun effet coercitif : le mandataire ne peut rien imposer, tout repose sur la qualit\u00e9 du dialogue.<\/p>\n<p>La <strong>conciliation<\/strong>, ouverte par les articles L. 611-4 et suivants, va plus loin. Elle est r\u00e9serv\u00e9e aux entreprises qui \u00e9prouvent une difficult\u00e9 juridique, \u00e9conomique ou financi\u00e8re av\u00e9r\u00e9e mais qui ne sont pas en cessation des paiements depuis plus de quarante-cinq jours. Le conciliateur d\u00e9sign\u00e9 par le pr\u00e9sident du tribunal a pour mission de favoriser la conclusion d&rsquo;un accord amiable entre le d\u00e9biteur et ses principaux cr\u00e9anciers. Cet accord, s&rsquo;il aboutit, peut \u00eatre simplement constat\u00e9 \u2014 il reste alors confidentiel \u2014 ou homologu\u00e9 par le tribunal, ce qui lui conf\u00e8re force ex\u00e9cutoire, interrompt les poursuites et ouvre un <strong>privil\u00e8ge de new money<\/strong> (article L. 611-11) \u00e0 ceux qui ont apport\u00e9 des concours nouveaux dans le cadre de la conciliation. Le privil\u00e8ge de new money est l&rsquo;un des rares m\u00e9canismes du droit fran\u00e7ais \u00e0 r\u00e9compenser le cr\u00e9ancier qui prend un risque pour sauver une entreprise, et il constitue, \u00e0 lui seul, un argument de n\u00e9gociation majeur.<\/p>\n<p>Ces deux outils ont un m\u00e9rite essentiel : ils permettent de restructurer une dette sans d\u00e9clencher les effets brutaux d&rsquo;un jugement d&rsquo;ouverture et sans signaler publiquement la difficult\u00e9 aux partenaires commerciaux. Ils supposent, en contrepartie, que le dirigeant prenne conscience de la situation suffisamment t\u00f4t \u2014 avant que le plan de tr\u00e9sorerie ne bascule dans l&rsquo;impasse et que les cr\u00e9anciers publics ne prennent les devants.<\/p>\n<h2 id=\"procedures\">Les trois proc\u00e9dures collectives : sauvegarde, redressement, liquidation<\/h2>\n<p>Lorsque la pr\u00e9vention ne suffit plus, trois proc\u00e9dures ouvrent chacune une logique distincte. Leur articulation repose sur un crit\u00e8re pivot : la <strong>cessation des paiements<\/strong>, d\u00e9finie \u00e0 l&rsquo;article L. 631-1 comme l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire face au passif exigible avec l&rsquo;actif disponible. Cette notion est plus subtile qu&rsquo;il n&rsquo;y para\u00eet ; elle n&rsquo;est pas synonyme d&rsquo;insolvabilit\u00e9 comptable et doit tenir compte des moratoires accord\u00e9s et des r\u00e9serves de cr\u00e9dit disponibles.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Article L. 631-1 du Code de commerce<\/div>\n<p>\u00ab La proc\u00e9dure de redressement judiciaire est ouverte \u00e0 tout d\u00e9biteur [\u2026] qui, dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en cessation des paiements. \u00bb C&rsquo;est cette d\u00e9finition qui s\u00e9pare le monde de la pr\u00e9vention de celui des proc\u00e9dures collectives proprement dites. Elle se constate \u00e0 un instant T et se fixe par jugement ; sa date conditionne l&rsquo;\u00e9tendue de la p\u00e9riode suspecte et le d\u00e9lai de quarante-cinq jours imparti au dirigeant pour saisir le tribunal.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>La <strong>proc\u00e9dure de sauvegarde<\/strong>, institu\u00e9e en 2005 et codifi\u00e9e aux articles L. 620-1 et suivants, est ouverte \u00e0 l&rsquo;entreprise qui justifie de difficult\u00e9s qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas en mesure de surmonter mais qui <em>n&rsquo;est pas encore en cessation des paiements<\/em>. Elle est une proc\u00e9dure de restructuration \u00e0 l&rsquo;initiative du seul d\u00e9biteur. Elle ouvre une p\u00e9riode d&rsquo;observation de six mois renouvelable, pendant laquelle l&rsquo;entreprise continue son activit\u00e9 sous l&rsquo;\u00e9gide d&rsquo;un administrateur judiciaire dont la mission est en principe de surveillance ou d&rsquo;assistance. Elle se solde par un plan de sauvegarde qui peut pr\u00e9voir des d\u00e9lais de paiement, des remises de dettes ou des cessions partielles. Son grand int\u00e9r\u00eat est de produire les effets b\u00e9n\u00e9fiques d&rsquo;une proc\u00e9dure collective \u2014 arr\u00eat des poursuites, gel du passif \u2014 sans ses effets stigmatisants.<\/p>\n<p>Le <strong>redressement judiciaire<\/strong>, r\u00e9gi par les articles L. 631-1 et suivants, est ouvert \u00e0 l&rsquo;entreprise qui <em>se trouve en cessation des paiements<\/em> mais dont le r\u00e9tablissement para\u00eet possible. Il emporte p\u00e9riode d&rsquo;observation, d\u00e9signation d&rsquo;un administrateur et d&rsquo;un mandataire judiciaire, et vise un plan de redressement qui peut \u00eatre un plan de continuation (le d\u00e9biteur garde l&rsquo;entreprise et apure son passif) ou un plan de cession (un repreneur acquiert tout ou partie de l&rsquo;activit\u00e9). Le dirigeant qui constate la cessation des paiements est tenu, en principe, d&rsquo;en demander l&rsquo;ouverture dans les quarante-cinq jours, sauf \u00e0 ouvrir imm\u00e9diatement une conciliation \u2014 faute de quoi il engage sa responsabilit\u00e9 et s&rsquo;expose \u00e0 une interdiction de g\u00e9rer.<\/p>\n<p>La <strong>liquidation judiciaire<\/strong>, articles L. 640-1 et suivants, est ouverte \u00e0 l&rsquo;entreprise qui est en cessation des paiements et dont le redressement est manifestement impossible. Elle entra\u00eene la cessation de l&rsquo;activit\u00e9, la d\u00e9signation d&rsquo;un liquidateur qui dessaisit le d\u00e9biteur, la r\u00e9alisation de l&rsquo;actif et l&rsquo;apurement du passif selon le rang des cr\u00e9ances. Elle peut, depuis 2008, prendre la forme d&rsquo;une liquidation judiciaire simplifi\u00e9e dans les petites structures. Elle se prolonge parfois par une <em>reprise \u00e0 la barre<\/em> : un repreneur int\u00e9ress\u00e9 par le fonds, les contrats ou le personnel peut soumettre au tribunal une offre de cession qui, si elle est retenue, pr\u00e9serve une part de l&rsquo;activit\u00e9 et des emplois.<\/p>\n<p>Ces trois proc\u00e9dures ne sont pas \u00e9tanches : la sauvegarde peut \u00eatre convertie en redressement si l&rsquo;entreprise passe en cessation des paiements en cours de p\u00e9riode d&rsquo;observation ; le redressement peut basculer en liquidation si l&rsquo;observation r\u00e9v\u00e8le l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;un plan. Les guides enfants consacr\u00e9s \u00e0 la <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/procedure-de-sauvegarde\/\">sauvegarde<\/a>, au <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/redressement-judiciaire\/\">redressement judiciaire<\/a> et \u00e0 la <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/liquidation-judiciaire\/\">liquidation judiciaire<\/a> d\u00e9taillent les m\u00e9canismes propres \u00e0 chaque proc\u00e9dure, ainsi que celui de la <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/cessation-des-paiements\/\">cessation des paiements<\/a> qui en commande l&rsquo;articulation.<\/p>\n<h2 id=\"acteurs\">Les acteurs des proc\u00e9dures collectives<\/h2>\n<p>Un dossier de proc\u00e9dure collective met en pr\u00e9sence une dizaine d&rsquo;intervenants dont la fonction est rigoureusement organis\u00e9e. Comprendre qui fait quoi est la premi\u00e8re \u00e9tape pour s&rsquo;orienter dans un univers qui para\u00eet, vu de l&rsquo;ext\u00e9rieur, opaque.<\/p>\n<p>Le <strong>tribunal<\/strong> comp\u00e9tent est le tribunal de commerce lorsque le d\u00e9biteur exerce une activit\u00e9 commerciale ou artisanale, le tribunal judiciaire dans les autres cas (professions lib\u00e9rales, agriculteurs). Depuis la loi du 20 novembre 2023 dite d&rsquo;orientation et de programmation du minist\u00e8re de la justice, certaines juridictions sont en cours de transformation en <strong>tribunaux des activit\u00e9s \u00e9conomiques<\/strong>, comp\u00e9tents pour toutes les proc\u00e9dures collectives d&rsquo;un ressort \u00e9largi, dans une logique de sp\u00e9cialisation. Le tribunal prononce les jugements structurants : ouverture, arr\u00eat\u00e9 du plan, cl\u00f4ture.<\/p>\n<p>Le <strong>juge-commissaire<\/strong>, d\u00e9sign\u00e9 par le tribunal \u00e0 l&rsquo;ouverture, est l&rsquo;organe individuel qui veille au bon d\u00e9roulement de la proc\u00e9dure. Il statue par ordonnances sur les actes qui exc\u00e8dent la gestion courante, autorise la poursuite ou la r\u00e9siliation des contrats, admet ou rejette les cr\u00e9ances d\u00e9clar\u00e9es lorsqu&rsquo;elles sont contest\u00e9es. Il est l&rsquo;interlocuteur quotidien des mandataires, de l&rsquo;administrateur et des parties.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>administrateur judiciaire<\/strong> est d\u00e9sign\u00e9 en sauvegarde et en redressement (sauf pour les plus petites structures). Il surveille ou assiste le d\u00e9biteur dans la gestion, \u00e9labore le bilan \u00e9conomique et social de l&rsquo;entreprise, pr\u00e9pare le projet de plan. Son r\u00f4le est, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, celui du pilote de la restructuration. En liquidation, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;administrateur : le liquidateur concentre les fonctions.<\/p>\n<p>Le <strong>mandataire judiciaire<\/strong>, d\u00e9sign\u00e9 dans toutes les proc\u00e9dures, repr\u00e9sente l&rsquo;int\u00e9r\u00eat collectif des cr\u00e9anciers. Il re\u00e7oit les d\u00e9clarations de cr\u00e9ances, v\u00e9rifie leur bien-fond\u00e9, propose au juge-commissaire l&rsquo;admission ou le rejet, distribue les r\u00e9partitions. Il devient <strong>liquidateur<\/strong> en cas de liquidation, accumulant alors la mission de repr\u00e9sentation des cr\u00e9anciers et celle de r\u00e9alisation de l&rsquo;actif.<\/p>\n<p>Le <strong>minist\u00e8re public<\/strong> occupe une place croissante. Il est partie jointe dans toutes les proc\u00e9dures, peut requ\u00e9rir l&rsquo;ouverture, demander la conversion d&rsquo;une sauvegarde en redressement, saisir le tribunal d&rsquo;une action en responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif ou en faillite personnelle \u00e0 l&rsquo;encontre du dirigeant. Son avis est, dans la pratique, d\u00e9terminant dans les dossiers de taille significative.<\/p>\n<h2 id=\"creanciers\">Le sort des cr\u00e9anciers<\/h2>\n<p>\u00c0 la date du jugement d&rsquo;ouverture, le sort des cr\u00e9anciers change radicalement. Trois r\u00e8gles structurent ce nouveau r\u00e9gime.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re est l&rsquo;<strong>interdiction des paiements ant\u00e9rieurs<\/strong>. L&rsquo;article L. 622-7 interdit au d\u00e9biteur de payer toute cr\u00e9ance n\u00e9e avant le jugement d&rsquo;ouverture, sauf exceptions limit\u00e9es (paiement de salaires, compensation l\u00e9gale de cr\u00e9ances connexes, retrait du gage). Cette r\u00e8gle est d&rsquo;ordre public et sa violation expose \u00e0 la nullit\u00e9 du paiement et \u00e0 des sanctions civiles et p\u00e9nales du dirigeant. Elle vaut \u00e9galement pour les paiements par compensation conventionnelle.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Article L. 622-7 du Code de commerce<\/div>\n<p>\u00ab Le jugement ouvrant la proc\u00e9dure emporte, de plein droit, interdiction de payer toute cr\u00e9ance n\u00e9e ant\u00e9rieurement au jugement d&rsquo;ouverture. \u00bb Ce principe est la pierre angulaire du droit des proc\u00e9dures collectives : il garantit l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre cr\u00e9anciers et la concentration de l&rsquo;apurement entre les mains du mandataire. Tout paiement effectu\u00e9 en m\u00e9connaissance de cette r\u00e8gle est nul de plein droit et peut \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 par le mandataire.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>La deuxi\u00e8me est l&rsquo;<strong>arr\u00eat des poursuites individuelles<\/strong>. Le jugement interrompt toute action en paiement engag\u00e9e par un cr\u00e9ancier ant\u00e9rieur et interdit d&rsquo;en introduire de nouvelles. Cette r\u00e8gle est au c\u0153ur du dispositif : elle garantit une \u00e9galit\u00e9 de traitement et permet au tribunal d&rsquo;organiser m\u00e9thodiquement l&rsquo;apurement. Elle vaut pour les saisies en cours, qui sont suspendues, et pour les mesures conservatoires, qui deviennent caduques. Le lien avec les voies d&rsquo;ex\u00e9cution est ici direct : un cr\u00e9ancier qui vient d&rsquo;obtenir un titre ex\u00e9cutoire et s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 pratiquer une saisie perd, du jour au lendemain, tous ses moyens d&rsquo;action individuels.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me est la <strong>d\u00e9claration de cr\u00e9ances<\/strong>. Chaque cr\u00e9ancier ant\u00e9rieur doit, \u00e0 peine d&rsquo;inopposabilit\u00e9 de sa cr\u00e9ance \u00e0 la proc\u00e9dure, d\u00e9clarer celle-ci au mandataire judiciaire dans les deux mois de la publication du jugement au BODACC (quatre mois pour les cr\u00e9anciers domicili\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger). La d\u00e9claration doit chiffrer la cr\u00e9ance, indiquer sa nature et ses \u00e9ventuelles s\u00fbret\u00e9s, joindre les pi\u00e8ces justificatives. La jurisprudence a longuement cisaill\u00e9 ce formalisme ; depuis l&rsquo;ordonnance de 2014, le r\u00e9gime a \u00e9t\u00e9 assoupli et le relev\u00e9 de forclusion est plus facilement accord\u00e9 lorsque le cr\u00e9ancier d\u00e9montre que sa d\u00e9faillance ne lui est pas imputable. Le <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/declaration-de-creances\/\">guide d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la d\u00e9claration de cr\u00e9ances<\/a> d\u00e9taille le formalisme \u00e0 respecter et les pi\u00e8ges \u00e0 \u00e9viter.<\/p>\n<p>Vient ensuite la question du <strong>rang de paiement<\/strong>. Les cr\u00e9ances post\u00e9rieures utiles \u00e0 la proc\u00e9dure ou \u00e0 la poursuite de l&rsquo;activit\u00e9 b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel (article L. 622-17). Les cr\u00e9ances ant\u00e9rieures sont class\u00e9es selon les r\u00e8gles du droit des s\u00fbret\u00e9s : super-privil\u00e8ge des salaires, privil\u00e8ge de conciliation, frais de justice, privil\u00e8ge du Tr\u00e9sor, cr\u00e9ances garanties par une s\u00fbret\u00e9 r\u00e9elle, cr\u00e9ances chirographaires. L&rsquo;ordre des rangs gouverne, au final, la distribution du produit des actifs. Depuis l&rsquo;ordonnance du 15 septembre 2021, les dossiers d&rsquo;une certaine taille voient s&rsquo;appliquer le m\u00e9canisme des <strong>classes de parties affect\u00e9es<\/strong> : les cr\u00e9anciers sont r\u00e9partis en groupes homog\u00e8nes et votent, par classe, le projet de plan ; le tribunal peut, sous conditions, imposer le plan \u00e0 une classe dissidente \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;application forc\u00e9e interclasses, transposition fran\u00e7aise du <em>cross-class cram-down<\/em> anglo-saxon.<\/p>\n<h2 id=\"dirigeant\">Le sort du dirigeant : responsabilit\u00e9 et sanctions<\/h2>\n<p>La responsabilit\u00e9 du dirigeant est l&rsquo;autre grand th\u00e8me du droit des proc\u00e9dures collectives. Elle se d\u00e9ploie sur quatre terrains qu&rsquo;il faut distinguer, sous peine de confusions r\u00e9currentes.<\/p>\n<p>La <strong>responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif<\/strong>, pr\u00e9vue par l&rsquo;article L. 651-2 du Code de commerce, permet au tribunal de condamner le dirigeant, en cas de liquidation, \u00e0 supporter tout ou partie de l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif lorsque celle-ci r\u00e9sulte d&rsquo;une faute de gestion ayant contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9faillance. Depuis la loi Sapin 2 du 9 d\u00e9cembre 2016, la simple n\u00e9gligence du dirigeant ne suffit plus : il faut une faute caract\u00e9ris\u00e9e. L&rsquo;action est exerc\u00e9e par le liquidateur ou, \u00e0 d\u00e9faut, par le minist\u00e8re public. Elle se prescrit par trois ans \u00e0 compter du jugement de liquidation. Elle est, en pratique, le principal risque financier pour un dirigeant dont la soci\u00e9t\u00e9 fait l&rsquo;objet d&rsquo;une liquidation.<\/p>\n<p>La <strong>faillite personnelle<\/strong> et l&rsquo;<strong>interdiction de g\u00e9rer<\/strong>, articles L. 653-1 et suivants, sont des sanctions professionnelles prononc\u00e9es par le tribunal en cas de comportements limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s par la loi : poursuite abusive d&rsquo;une activit\u00e9 d\u00e9ficitaire, d\u00e9tournement d&rsquo;actif, tenue d&rsquo;une comptabilit\u00e9 fictive, omission de d\u00e9claration de cessation des paiements dans les quarante-cinq jours, etc. Leur dur\u00e9e ne peut exc\u00e9der quinze ans. L&rsquo;interdiction de g\u00e9rer est la sanction la plus fr\u00e9quente et la moins lourde ; elle prive le dirigeant du droit de g\u00e9rer, diriger, administrer ou contr\u00f4ler toute entreprise.<\/p>\n<p>La <strong>banqueroute<\/strong>, enfin, est une infraction p\u00e9nale pr\u00e9vue par les articles L. 654-1 et suivants du Code de commerce. Elle sanctionne, en cas de cessation des paiements, des faits particuli\u00e8rement graves : d\u00e9tournement d&rsquo;actif, augmentation frauduleuse du passif, tenue d&rsquo;une comptabilit\u00e9 manifestement incompl\u00e8te ou irr\u00e9guli\u00e8re. Elle est punie de cinq ans d&#8217;emprisonnement et de 75 000 euros d&rsquo;amende \u2014 peines port\u00e9es \u00e0 sept ans et 100 000 euros lorsque l&rsquo;auteur est un dirigeant de droit ou de fait d&rsquo;un prestataire de services d&rsquo;investissement. Le <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/banqueroute\/\">guide d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la banqueroute<\/a> explore le r\u00e9gime de cette infraction et ses interactions avec les sanctions civiles.<\/p>\n<p>Un quatri\u00e8me terrain, distinct, est l&rsquo;<strong>extension de proc\u00e9dure<\/strong> \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du dirigeant lui-m\u00eame, fond\u00e9e sur la confusion des patrimoines ou la fictivit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 (article L. 621-2). Le tribunal peut alors \u00e9tendre la proc\u00e9dure ouverte contre la personne morale au dirigeant \u00e0 titre personnel : c&rsquo;est la sanction ultime de la s\u00e9paration juridique entre la soci\u00e9t\u00e9 et celui qui la dirige, et elle peut emporter des cons\u00e9quences patrimoniales consid\u00e9rables.<\/p>\n<h2 id=\"articulation\">Articulation avec les domaines voisins<\/h2>\n<p>Le droit des proc\u00e9dures collectives ne vit pas en autarcie. Il forme, avec quatre mati\u00e8res voisines, un \u00e9cosyst\u00e8me que le cabinet pratique de mani\u00e8re crois\u00e9e.<\/p>\n<p>Avec le <a href=\"\/guide-droit-bancaire\/\">droit bancaire<\/a> en premier lieu : le banquier est l&rsquo;un des cr\u00e9anciers centraux de toute proc\u00e9dure collective. Il d\u00e9clare sa cr\u00e9ance, si\u00e8ge dans les classes de parties affect\u00e9es lorsqu&rsquo;elles sont constitu\u00e9es, n\u00e9gocie les termes d&rsquo;un plan. Sa responsabilit\u00e9 pour soutien abusif a \u00e9t\u00e9 fortement restreinte par l&rsquo;<strong>article L. 650-1<\/strong> du Code de commerce, qui pose un principe d&rsquo;irresponsabilit\u00e9 du cr\u00e9ancier dispensateur de concours sauf fraude, immixtion caract\u00e9ris\u00e9e dans la gestion ou prise de garanties disproportionn\u00e9es. Ce texte n&rsquo;est pas un blanc-seing : son articulation avec le droit commun de la responsabilit\u00e9 civile continue de nourrir une jurisprudence abondante.<\/p>\n<p>Avec les <a href=\"\/guide-suretes-garanties\/\">s\u00fbret\u00e9s et garanties<\/a> : l&rsquo;ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure collective est le moment o\u00f9 les s\u00fbret\u00e9s prouvent \u2014 ou ne prouvent pas \u2014 leur efficacit\u00e9. Une s\u00fbret\u00e9 non d\u00e9clar\u00e9e dans les d\u00e9lais devient inopposable ; une hypoth\u00e8que non publi\u00e9e perd son rang ; une clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement stipul\u00e9e permet de revendiquer un bien meuble entre les mains de la proc\u00e9dure. Le droit des s\u00fbret\u00e9s et le droit des proc\u00e9dures collectives ne sont s\u00e9parables que pour les besoins de l&rsquo;exposition.<\/p>\n<p>Avec les <a href=\"\/guide-voies-dexecution\/\">voies d&rsquo;ex\u00e9cution<\/a> : le jugement d&rsquo;ouverture suspend les proc\u00e9dures individuelles. Un cr\u00e9ancier poursuivant doit red\u00e9ployer son action devant le mandataire. Les saisies pratiqu\u00e9es dans la p\u00e9riode suspecte peuvent \u00eatre annul\u00e9es, la caducit\u00e9 des mesures conservatoires transforme parfois une position solide en position ordinaire. C&rsquo;est l&rsquo;un des points o\u00f9 la coordination entre le conseil d&rsquo;un cr\u00e9ancier et son huissier ou commissaire de justice doit \u00eatre la plus \u00e9troite.<\/p>\n<p>Avec le <a href=\"\/guide-droit-commercial\/\">droit commercial<\/a>, enfin, sur la question des contrats en cours. L&rsquo;administrateur dispose d&rsquo;une option (article L. 622-13) : continuer ou non chaque contrat dont l&rsquo;inex\u00e9cution n&rsquo;est pas encore acquise au jour du jugement. Son choix est discr\u00e9tionnaire mais il engage l&rsquo;entreprise. Les baux commerciaux, les contrats de franchise, les conventions de compte, les contrats de distribution ob\u00e9issent chacun \u00e0 des r\u00e9gimes particuliers qu&rsquo;il faut ma\u00eetriser avant de conseiller l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des signataires.<\/p>\n<h2 id=\"avocat\">Quand consulter un avocat en proc\u00e9dures collectives<\/h2>\n<p>Trois situations rendent une consultation imm\u00e9diate. La premi\u00e8re concerne le <strong>dirigeant<\/strong> qui voit arriver la difficult\u00e9. Le r\u00e9flexe courant \u2014 attendre, esp\u00e9rer, ren\u00e9gocier seul avec la banque \u2014 est presque toujours la plus mauvaise option. La conciliation et le mandat ad hoc ouvrent des fen\u00eatres de restructuration qui se referment \u00e0 la date de la cessation des paiements. Quarante-cinq jours apr\u00e8s celle-ci, le dirigeant est tenu par la loi de demander l&rsquo;ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure collective. Un avocat consult\u00e9 trois mois avant cette \u00e9ch\u00e9ance peut proposer un \u00e9ventail d&rsquo;options ; consult\u00e9 trois mois apr\u00e8s, il ne peut plus qu&rsquo;accompagner l&rsquo;ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure subie.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me concerne le <strong>cr\u00e9ancier<\/strong> \u2014 banque, fournisseur important, bailleur, franchiseur \u2014 qui apprend qu&rsquo;un partenaire commercial fait l&rsquo;objet d&rsquo;une proc\u00e9dure. Les d\u00e9lais de d\u00e9claration sont brefs, les erreurs formelles sont irr\u00e9couvrables et les choix tactiques \u2014 d\u00e9clarer \u00e0 titre d\u00e9finitif ou provisionnel, inclure ou non les int\u00e9r\u00eats moratoires, revendiquer un bien sous clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9, faire valoir un privil\u00e8ge \u2014 conditionnent toute la suite. Un premier examen du dossier en amont permet presque toujours de ne rien perdre par simple inattention.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me concerne les <strong>parties \u00e0 un contentieux connexe<\/strong> : la caution poursuivie par la banque dont le d\u00e9biteur principal est en redressement, le vendeur qui cherche \u00e0 exercer sa clause de r\u00e9serve de propri\u00e9t\u00e9, le sous-traitant qui invoque l&rsquo;action directe de la loi de 1975, le salari\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 une cession d&rsquo;entreprise. Ces questions ne rel\u00e8vent pas du droit des proc\u00e9dures collectives au sens strict, mais elles supposent que le conseil ma\u00eetrise les r\u00e8gles du livre VI pour coordonner correctement les actions et ne pas perdre, par m\u00e9connaissance, des droits dont l&rsquo;exercice est conditionn\u00e9 \u00e0 la proc\u00e9dure principale.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ces trois situations, les proc\u00e9dures collectives sont une mati\u00e8re o\u00f9 l&rsquo;anticipation fait toute la diff\u00e9rence. Le cabinet intervient \u00e0 Marseille et dans toute la France, en fran\u00e7ais et en anglais, pour les dirigeants d&rsquo;entreprise confront\u00e9s \u00e0 une difficult\u00e9, pour les cr\u00e9anciers qui cherchent \u00e0 faire valoir leurs droits dans une proc\u00e9dure et pour les partenaires commerciaux affect\u00e9s par la d\u00e9faillance d&rsquo;un cocontractant.<\/p>\n<section id=\"sources\" class=\"faq-section\">\n<div class=\"faq-inner\">\n<details class=\"sources-details\">\n<summary>Sources et r\u00e9f\u00e9rences juridiques<\/summary>\n<div class=\"sources-columns\">\n<div class=\"sources-column\">\n<h3>Textes de loi<\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/id\/LEGITEXT000005634379\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Code de commerce \u2014 Livre VI : Des difficult\u00e9s des entreprises<\/a><\/li>\n<li>Article L. 611-3 \u2014 Mandat ad hoc<\/li>\n<li>Articles L. 611-4 et suivants \u2014 Conciliation<\/li>\n<li>Article L. 611-11 \u2014 Privil\u00e8ge de new money<\/li>\n<li>Article L. 620-1 \u2014 Objectifs et ouverture de la sauvegarde<\/li>\n<li>Article L. 621-2 \u2014 Extension de proc\u00e9dure<\/li>\n<li>Article L. 622-7 \u2014 Interdiction des paiements ant\u00e9rieurs<\/li>\n<li>Article L. 622-13 \u2014 Sort des contrats en cours<\/li>\n<li>Article L. 622-17 \u2014 Cr\u00e9ances post\u00e9rieures privil\u00e9gi\u00e9es<\/li>\n<li>Article L. 631-1 \u2014 Cessation des paiements<\/li>\n<li>Article L. 640-1 \u2014 Liquidation judiciaire<\/li>\n<li>Article L. 650-1 \u2014 Responsabilit\u00e9 du dispensateur de cr\u00e9dit<\/li>\n<li>Article L. 651-2 \u2014 Responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif<\/li>\n<li>Articles L. 653-1 et suivants \u2014 Faillite personnelle et interdiction de g\u00e9rer<\/li>\n<li>Articles L. 654-1 et suivants \u2014 Banqueroute<\/li>\n<li>Ordonnance n\u00b0 2021-1193 du 15 septembre 2021 \u2014 Transposition de la directive Restructuration<\/li>\n<li>R\u00e8glement (UE) 2015\/848 \u2014 Proc\u00e9dures d&rsquo;insolvabilit\u00e9 transfrontali\u00e8res<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<div class=\"sources-column\">\n<h3>Rep\u00e8res<\/h3>\n<ul>\n<li>Loi du 25 janvier 1985 \u2014 Premier socle moderne du livre VI<\/li>\n<li>Loi du 26 juillet 2005 \u2014 Cr\u00e9ation de la proc\u00e9dure de sauvegarde<\/li>\n<li>Ordonnance du 18 d\u00e9cembre 2008 et loi du 22 octobre 2010 \u2014 Sauvegarde financi\u00e8re acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e<\/li>\n<li>Ordonnance du 12 mars 2014 \u2014 Refonte de la pr\u00e9vention<\/li>\n<li>Loi Sapin 2 du 9 d\u00e9cembre 2016 \u2014 Faute caract\u00e9ris\u00e9e pour l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif<\/li>\n<li>Directive (UE) 2019\/1023 \u2014 Cadre europ\u00e9en de restructuration et d&rsquo;insolvabilit\u00e9<\/li>\n<li>Loi du 20 novembre 2023 \u2014 Cr\u00e9ation des tribunaux des activit\u00e9s \u00e9conomiques<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<h2 id=\"faq\">Questions fr\u00e9quentes sur les proc\u00e9dures collectives<\/h2>\n<details>\n<summary>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une proc\u00e9dure collective ?<\/summary>\n<p>Une proc\u00e9dure collective est un dispositif judiciaire de traitement organis\u00e9 des difficult\u00e9s d&rsquo;une entreprise, pr\u00e9vu par le livre VI du Code de commerce. Elle prend la forme d&rsquo;une sauvegarde, d&rsquo;un redressement ou d&rsquo;une liquidation judiciaire selon que le d\u00e9biteur est ou non en cessation des paiements et selon que le r\u00e9tablissement de l&rsquo;entreprise est encore possible. Elle suspend les poursuites individuelles, place le d\u00e9biteur sous contr\u00f4le judiciaire et organise l&rsquo;apurement du passif dans le respect de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre cr\u00e9anciers.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Quelle est la diff\u00e9rence entre sauvegarde, redressement et liquidation judiciaire ?<\/summary>\n<p>La sauvegarde est ouverte \u00e0 une entreprise qui rencontre des difficult\u00e9s s\u00e9rieuses mais qui n&rsquo;est pas en cessation des paiements ; elle vise \u00e0 anticiper la d\u00e9faillance par une restructuration. Le redressement judiciaire suppose, lui, la cessation des paiements et un r\u00e9tablissement encore possible ; il peut aboutir \u00e0 un plan de continuation ou \u00e0 une cession. La liquidation judiciaire intervient lorsque la cessation des paiements est av\u00e9r\u00e9e et que le redressement est manifestement impossible ; elle entra\u00eene la cessation de l&rsquo;activit\u00e9 et la r\u00e9alisation des actifs.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Qu&rsquo;est-ce que la cessation des paiements ?<\/summary>\n<p>La cessation des paiements est d\u00e9finie par l&rsquo;article L. 631-1 du Code de commerce comme l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire face au passif exigible avec l&rsquo;actif disponible. Elle se constate \u00e0 un instant T et tient compte des moratoires accord\u00e9s et des r\u00e9serves de cr\u00e9dit disponibles. Elle n&rsquo;est pas synonyme d&rsquo;insolvabilit\u00e9 comptable. Le dirigeant qui en constate la survenance dispose de quarante-cinq jours pour saisir le tribunal d&rsquo;une demande d&rsquo;ouverture, sauf \u00e0 ouvrir imm\u00e9diatement une conciliation. Le d\u00e9passement de ce d\u00e9lai est sanctionn\u00e9, notamment par une interdiction de g\u00e9rer.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Dans quel d\u00e9lai un cr\u00e9ancier doit-il d\u00e9clarer sa cr\u00e9ance ?<\/summary>\n<p>Le cr\u00e9ancier ant\u00e9rieur dispose de deux mois \u00e0 compter de la publication du jugement d&rsquo;ouverture au BODACC pour d\u00e9clarer sa cr\u00e9ance au mandataire judiciaire. Ce d\u00e9lai est port\u00e9 \u00e0 quatre mois pour les cr\u00e9anciers domicili\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Le d\u00e9faut de d\u00e9claration emporte inopposabilit\u00e9 de la cr\u00e9ance \u00e0 la proc\u00e9dure : le cr\u00e9ancier ne pourra ni voter le plan ni participer aux r\u00e9partitions. Un relev\u00e9 de forclusion est possible mais doit \u00eatre demand\u00e9 rapidement et reste subordonn\u00e9 \u00e0 la d\u00e9monstration que la d\u00e9faillance n&rsquo;est pas imputable au cr\u00e9ancier.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Un dirigeant risque-t-il des sanctions personnelles en cas de proc\u00e9dure collective ?<\/summary>\n<p>Oui, sur quatre terrains. Sur le terrain civil, la responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif (article L. 651-2) permet au tribunal de mettre \u00e0 la charge du dirigeant tout ou partie du passif lorsqu&rsquo;une faute de gestion caract\u00e9ris\u00e9e a contribu\u00e9 \u00e0 la d\u00e9faillance. Sur le terrain professionnel, la faillite personnelle et l&rsquo;interdiction de g\u00e9rer (articles L. 653-1 et suivants) sanctionnent certains comportements limitativement \u00e9num\u00e9r\u00e9s. Sur le terrain p\u00e9nal, la banqueroute (articles L. 654-1 et suivants) punit les fraudes les plus graves. Enfin, l&rsquo;extension de proc\u00e9dure peut, en cas de confusion des patrimoines, \u00e9tendre la liquidation au dirigeant lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Peut-on encore sauver une entreprise plac\u00e9e en redressement judiciaire ?<\/summary>\n<p>Oui. C&rsquo;est m\u00eame la finalit\u00e9 premi\u00e8re du redressement : il vise un plan de continuation lorsque l&rsquo;activit\u00e9 est viable et qu&rsquo;un apurement ordonn\u00e9 du passif est possible, ou un plan de cession lorsqu&rsquo;un repreneur permet de pr\u00e9server tout ou partie de l&rsquo;activit\u00e9 et des emplois. La p\u00e9riode d&rsquo;observation, qui peut durer jusqu&rsquo;\u00e0 dix-huit mois, sert pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00e9laborer cette solution. Beaucoup de redressements aboutissent toutefois \u00e0 une liquidation parce que la proc\u00e9dure a \u00e9t\u00e9 ouverte trop tard ; l&rsquo;anticipation, par la conciliation ou le mandat ad hoc, change radicalement les chances de succ\u00e8s.<\/p>\n<\/details><\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les proc\u00e9dures collectives ne sont pas la fin d&rsquo;une histoire : elles en sont un chapitre, parfois d\u00e9cisif. Sauvegarde, redressement ou liquidation judiciaire, le livre VI du Code de commerce offre des outils tr\u00e8s diff\u00e9rents selon que l&rsquo;on est le chef d&rsquo;entreprise qui cherche \u00e0 rebondir ou le cr\u00e9ancier qui cherche \u00e0 recouvrer. 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