{"id":18340,"date":"2026-04-16T14:35:43","date_gmt":"2026-04-16T13:35:43","guid":{"rendered":"https:\/\/solent-avocats.com\/guides\/droit-bancaire\/responsabilite-bancaire\/"},"modified":"2026-04-16T14:35:45","modified_gmt":"2026-04-16T13:35:45","slug":"banking-liability","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/guides\/droit-bancaire\/responsabilite-bancaire\/","title":{"rendered":"Banking liability: vigilance, warnings and advice"},"content":{"rendered":"<p>Une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9couvre, trois mois apr\u00e8s, que sa banque a ex\u00e9cut\u00e9 sans sourciller une s\u00e9rie de virements internationaux vers un compte hongrois. Un couple marseillais, retrait\u00e9, apprend que l&rsquo;\u00e9tablissement qui vient de lui consentir deux pr\u00eats immobiliers lui reproche aujourd&rsquo;hui son d\u00e9faut de remboursement, sans jamais l&rsquo;avoir alert\u00e9 sur un endettement qu&rsquo;il ne pouvait manifestement pas soutenir. Un chef d&rsquo;entreprise en difficult\u00e9 voit sa banque rompre du jour au lendemain un d\u00e9couvert autoris\u00e9 de longue date, pr\u00e9cipitant la cessation des paiements. Dans chacune de ces situations, le m\u00eame r\u00e9flexe : demander des comptes \u00e0 la banque, invoquer sa responsabilit\u00e9, esp\u00e9rer une indemnisation. Mais sur quel fondement exact ? Et dans quelle limite ?<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 bancaire est l&rsquo;une des mati\u00e8res les plus denses du droit des affaires, parce qu&rsquo;elle se construit \u00e0 la fronti\u00e8re de trois tensions permanentes. Tension entre libert\u00e9 du client et protection du plus faible. Tension entre libert\u00e9 de gestion du banquier et devoir de surveillance. Tension entre droit commun de la responsabilit\u00e9 et r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux issus du droit europ\u00e9en des services de paiement et de la lutte contre le blanchiment. Ce guide restitue la carte actuelle \u2014 textes, jurisprudence, lignes de force \u2014 \u00e0 la date d&rsquo;avril 2026, en int\u00e9grant les arr\u00eats du premier trimestre de l&rsquo;ann\u00e9e qui sont venus redistribuer plusieurs \u00e9quilibres.<\/p>\n<h2 id=\"fondements\">Sur quoi repose la responsabilit\u00e9 de la banque envers son client<\/h2>\n<p>Il n&rsquo;existe pas, en droit fran\u00e7ais, de \u00ab statut \u00bb de la responsabilit\u00e9 du banquier qui serait codifi\u00e9 en un seul texte. Ce que l&rsquo;on nomme par commodit\u00e9 \u00ab responsabilit\u00e9 bancaire \u00bb est en r\u00e9alit\u00e9 l&rsquo;application de la responsabilit\u00e9 contractuelle de droit commun \u00e0 une profession sp\u00e9cifique, enrichie au fil du temps d&rsquo;obligations pr\u00e9toriennes \u2014 vigilance, mise en garde, conseil \u2014 et encadr\u00e9e par des r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux qui, pour certaines op\u00e9rations, se substituent au droit commun.<\/p>\n<p>Le fondement dominant est l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000032041508\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article 1231-1 du Code civil<\/a>, qui pose le principe g\u00e9n\u00e9ral de la responsabilit\u00e9 contractuelle : le d\u00e9biteur qui n&rsquo;ex\u00e9cute pas correctement son obligation est condamn\u00e9 \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats, \u00e0 moins qu&rsquo;il ne justifie d&rsquo;une cause \u00e9trang\u00e8re. La plupart des litiges banque-client se nouent autour d&rsquo;un contrat \u2014 convention de compte, contrat de pr\u00eat, contrat de conservation de titres, contrat d&rsquo;assurance de groupe \u2014 et la banque y est tenue d&rsquo;ex\u00e9cuter ses obligations avec la diligence d&rsquo;un professionnel normalement avis\u00e9.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;aucun contrat ne lie la victime \u00e0 la banque \u2014 cas du tiers l\u00e9s\u00e9, d&rsquo;une caution non signataire du contrat principal, d&rsquo;un b\u00e9n\u00e9ficiaire de virement tromp\u00e9 \u2014, le fondement bascule sur l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000032041486\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article 1240 du Code civil<\/a> (ancien article 1382), qui r\u00e9git la responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle de droit commun.<\/p>\n<p>Sur cette ossature g\u00e9n\u00e9rale, trois obligations pr\u00e9toriennes structurent la mati\u00e8re bancaire. La vigilance, qui impose au banquier de d\u00e9tecter les anomalies apparentes des op\u00e9rations qu&rsquo;il traite. La mise en garde, qui oblige l&rsquo;\u00e9tablissement de cr\u00e9dit \u00e0 alerter l&#8217;emprunteur non averti lorsque le pr\u00eat qu&rsquo;il sollicite pr\u00e9sente un risque caract\u00e9ris\u00e9 d&rsquo;endettement excessif. Le conseil, plus rare et plus intense, qui ne na\u00eet que de circonstances particuli\u00e8res et conduit la banque \u00e0 orienter activement son client vers une solution adapt\u00e9e. Les confondre est l&rsquo;une des erreurs les plus fr\u00e9quentes en contentieux \u2014 et l&rsquo;une des plus co\u00fbteuses.<\/p>\n<p>\u00c0 ces obligations de droit commun s&rsquo;ajoutent des r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux qui peuvent les \u00e9carter ou les limiter. Le r\u00e9gime des op\u00e9rations de paiement non autoris\u00e9es, issu de la directive europ\u00e9enne sur les services de paiement (DSP2) transpos\u00e9e aux articles L. 133-1 et suivants du Code mon\u00e9taire et financier, est un r\u00e9gime ferm\u00e9 : lorsqu&rsquo;il s&rsquo;applique, la responsabilit\u00e9 contractuelle de droit commun recule. La chambre commerciale l&rsquo;a rappel\u00e9 dans un arr\u00eat du 4 mars 2026 (n\u00b0 25-11.959) : l&rsquo;article 1231-1 du Code civil n&rsquo;est pas applicable \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution par le prestataire de services de paiement d&rsquo;un ordre conforme \u00e0 l&rsquo;identifiant unique fourni par l&rsquo;utilisateur. Cette r\u00e8gle souffre une exception que la Cour a pr\u00e9cis\u00e9ment identifi\u00e9e dans le m\u00eame arr\u00eat, et qui sera d\u00e9taill\u00e9e plus loin.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT), codifi\u00e9 aux articles L. 561-1 et suivants du m\u00eame code, est un autre r\u00e9gime \u00e0 part. Il impose au banquier une batterie d&rsquo;obligations de vigilance renforc\u00e9e. Mais \u2014 et c&rsquo;est un apport majeur de 2026 \u2014 ces obligations n&rsquo;ouvrent aucun droit \u00e0 r\u00e9paration individuelle au client qui les invoquerait. Nous y reviendrons.<\/p>\n<h2 id=\"vigilance\">Le devoir de vigilance : d\u00e9tecter sans s&rsquo;immiscer<\/h2>\n<p>Le devoir de vigilance est l&rsquo;obligation la plus ancienne et la plus disput\u00e9e. Sa formulation canonique est constante : le banquier doit d\u00e9celer les anomalies apparentes des op\u00e9rations qu&rsquo;il traite pour le compte de son client. La difficult\u00e9 tient \u00e0 ce qu&rsquo;il doit le faire sans franchir la ligne de la non-ing\u00e9rence, qui lui interdit de s&rsquo;immiscer dans la gestion des affaires de sa client\u00e8le.<\/p>\n<p>Le principe de non-ing\u00e9rence est r\u00e9affirm\u00e9 en termes tr\u00e8s larges par la Cour de cassation. Dans un arr\u00eat du 14 janvier 2026 (n\u00b0 24-19.102, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale juge que la banque n&rsquo;a pas \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 des investigations sur l&rsquo;origine et l&rsquo;importance des fonds vers\u00e9s sur ses comptes, ni m\u00eame \u00e0 interroger son client sur l&rsquo;existence de mouvements de grande ampleur, d\u00e8s lors que ces op\u00e9rations ont une apparence de r\u00e9gularit\u00e9 et qu&rsquo;aucun indice de falsification ne peut \u00eatre d\u00e9cel\u00e9. En d&rsquo;autres termes : la vigilance ne se transforme pas en soup\u00e7on syst\u00e9matique.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Anomalie apparente \u2014 la d\u00e9finition usit\u00e9e<\/div>\n<p>Le devoir de vigilance du banquier lui impose seulement de d\u00e9celer les anomalies apparentes de l&rsquo;op\u00e9ration de paiement qu&rsquo;il traite, c&rsquo;est-\u00e0-dire celles qui sont ais\u00e9ment d\u00e9celables par un professionnel normalement diligent. Lorsqu&rsquo;une anomalie n&rsquo;est qu&rsquo;apparente, le banquier doit pousser la v\u00e9rification et, au besoin, contacter le donneur d&rsquo;ordre.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>Cette ligne de cr\u00eate est test\u00e9e principalement par le contentieux des virements frauduleux. La jurisprudence y oscille, non par ind\u00e9cision, mais parce que chaque dossier s&rsquo;appr\u00e9cie in concreto. Trois d\u00e9cisions r\u00e9centes en donnent le meilleur aper\u00e7u.<\/p>\n<p>Dans un arr\u00eat du 2 octobre 2024 (n\u00b0 23-13.282, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale a approuv\u00e9 la cassation d&rsquo;un jugement qui avait exon\u00e9r\u00e9 la banque. Les faits : une soci\u00e9t\u00e9, victime d&rsquo;une fraude au pr\u00e9sident, avait vu son comptable ex\u00e9cuter plusieurs virements vers un compte hors zone SEPA, sur instruction d&rsquo;un escroc se faisant passer pour le dirigeant. La Cour juge qu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9ception d&rsquo;ordres pr\u00e9sentant des anomalies apparentes \u2014 circonstances inhabituelles de passation, destination hors SEPA, montant significatif \u2014, la banque est tenue de v\u00e9rifier leur r\u00e9gularit\u00e9 aupr\u00e8s du dirigeant, seule personne contractuellement habilit\u00e9e \u00e0 les valider. La vigilance est donc active : elle peut commander de d\u00e9crocher le t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p>Le pendant se trouve dans l&rsquo;arr\u00eat du 12 juin 2025 (n\u00b0 24-10.168, publi\u00e9 au Bulletin). Cette fois, la Cour approuve le rejet de la demande form\u00e9e contre la banque. Les virements litigieux \u00e9taient certes internationaux et d&rsquo;un montant important, mais ils restaient dans les plafonds quotidiens convenus, le compte \u00e9tait suffisamment cr\u00e9dit\u00e9, et la destination \u2014 un compte ouvert dans une banque hongroise, pays membre de l&rsquo;Union \u2014 n&rsquo;appelait pas une attention sp\u00e9ciale. La Cour en d\u00e9duit qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;anomalie apparente. Le curseur s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9 vers un contr\u00f4le plus exigeant de la motivation des juges du fond : pour retenir la faute de la banque, encore faut-il caract\u00e9riser concr\u00e8tement ce qui, dans l&rsquo;op\u00e9ration, aurait d\u00fb alerter.<\/p>\n<p>Enfin, le 25 mars 2026 (n\u00b0 24-18.093, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale a franchi un pas suppl\u00e9mentaire en rappelant que le banquier n&rsquo;a pas \u00e0 se faire juge de l&rsquo;opportunit\u00e9 des mouvements de son client. Des virements internationaux d&rsquo;un montant \u00e9lev\u00e9 ne constituent pas en soi une anomalie d\u00e8s lors qu&rsquo;ils sont conformes \u00e0 la volont\u00e9 manifest\u00e9e par le client et que le compte est cr\u00e9diteur. La liste des indices d&rsquo;anomalie est faite de circonstances combin\u00e9es : la nature internationale seule ne suffit pas, le montant seul ne suffit pas, la r\u00e9p\u00e9tition seule ne suffit pas. Il faut une concordance d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui rende l&rsquo;op\u00e9ration \u00ab ais\u00e9ment d\u00e9celable \u00bb comme anormale.<\/p>\n<p>Le triple arr\u00eat du 19 novembre 2025 (n\u00b0 24-17.056, 24-17.780 et 24-18.534, formation de section, publi\u00e9s) consolide cette doctrine. La Cour y rappelle, \u00e0 trois reprises dans la m\u00eame journ\u00e9e, que le devoir de vigilance n&rsquo;est pas un devoir g\u00e9n\u00e9ral de contr\u00f4le. Il n&rsquo;oblige qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9celer ce qui saute aux yeux d&rsquo;un professionnel normalement diligent. Toute d\u00e9cision qui retient la faute de la banque doit \u00eatre motiv\u00e9e sur ce standard pr\u00e9cis.<\/p>\n<p>La le\u00e7on pratique de ces arr\u00eats, quand on pr\u00e9pare un dossier c\u00f4t\u00e9 client, est simple : il ne suffit pas d&rsquo;all\u00e9guer que la banque \u00ab aurait d\u00fb voir \u00bb. Il faut reconstituer ce qu&rsquo;un professionnel normalement diligent aurait vu, en identifiant avec pr\u00e9cision les indices combin\u00e9s \u2014 affichage d&rsquo;un num\u00e9ro usurp\u00e9, destination dans un pays \u00e0 risque, incoh\u00e9rence avec le profil de mouvements habituels, r\u00e9p\u00e9tition inhabituelle, montant disproportionn\u00e9 par rapport au solde habituellement conserv\u00e9. Pour une analyse plus d\u00e9taill\u00e9e du contentieux sp\u00e9cifique des virements frauduleux, des autres techniques d&rsquo;escroquerie et du r\u00e9gime protecteur de l&rsquo;article L. 133-18, consultez notre guide consacr\u00e9 \u00e0 la <a href=\"\/guide-droit-bancaire\/fraude-bancaire\/\">fraude bancaire<\/a>.<\/p>\n<h3>Vigilance civile et vigilance LCB-FT : deux obligations qui ne se confondent plus<\/h3>\n<p>Un apport majeur de 2026 s\u00e9pare d\u00e9finitivement deux obligations que l&rsquo;argumentation contentieuse avait longtemps cherch\u00e9 \u00e0 m\u00ealer. Dans un arr\u00eat de section du 4 mars 2026 (n\u00b0 24-19.588, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale juge que l&rsquo;obligation de vigilance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la client\u00e8le impos\u00e9e aux organismes financiers par les articles L. 561-4-1 \u00e0 L. 561-14-2 du Code mon\u00e9taire et financier a pour <em>seule<\/em> finalit\u00e9 la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. La victime d&rsquo;agissements frauduleux ne peut pas se pr\u00e9valoir de l&rsquo;inobservation de ces textes pour r\u00e9clamer des dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 la banque.<\/p>\n<p>La solution est importante. Avant cet arr\u00eat, les demandeurs combinaient volontiers les deux fondements, en soutenant que le d\u00e9faut de vigilance LCB-FT constituait en soi une faute civile. La Cour ferme cette voie. La vigilance LCB-FT est un outil d&rsquo;ordre public, plac\u00e9 sous le contr\u00f4le de l&rsquo;Autorit\u00e9 de contr\u00f4le prudentiel et de r\u00e9solution (ACPR) et de la direction g\u00e9n\u00e9rale du Tr\u00e9sor. Son manquement peut entra\u00eener des sanctions administratives et disciplinaires \u2014 pour la connaissance d\u00e9taill\u00e9e de ce contr\u00f4le, voir notre guide sur l&rsquo;<a href=\"\/guide-droit-bancaire\/acpr\/\">ACPR<\/a> \u2014, mais il n&rsquo;ouvre pas d&rsquo;action individuelle en r\u00e9paration.<\/p>\n<p>La cons\u00e9quence pratique est que la responsabilit\u00e9 civile de la banque devant ses clients reste enti\u00e8rement adoss\u00e9e au devoir de vigilance de droit commun \u2014 celui de l&rsquo;anomalie apparente. Il faut, en contentieux, prendre garde \u00e0 ne pas viser les articles L. 561 pour fonder la demande de dommages-int\u00e9r\u00eats : le risque est le rejet imm\u00e9diat au visa de l&rsquo;arr\u00eat du 4 mars 2026.<\/p>\n<h2 id=\"mise-en-garde\">L&rsquo;obligation de mise en garde : alerter l&#8217;emprunteur non averti<\/h2>\n<p>Contrairement \u00e0 la vigilance, la mise en garde est une cr\u00e9ation purement jurisprudentielle \u2014 aucun article du Code civil ou du Code mon\u00e9taire et financier ne l&rsquo;\u00e9nonce en propres termes. Elle est n\u00e9e au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e par un arr\u00eat de chambre mixte en 2007, et reste aujourd&rsquo;hui le principal fondement des actions en responsabilit\u00e9 contre les banques pr\u00eateuses.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Cass. ch. mixte, 29 juin 2007, n\u00b0 05-21.104<\/div>\n<p>\u00ab La banque, qui consent un pr\u00eat \u00e0 un emprunteur non averti, est tenue, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de celui-ci, d&rsquo;un devoir de mise en garde en consid\u00e9ration de ses capacit\u00e9s financi\u00e8res et des risques de l&rsquo;endettement n\u00e9 de l&rsquo;octroi du pr\u00eat. \u00bb<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>Cet arr\u00eat fondateur, rendu le m\u00eame jour qu&rsquo;un second arr\u00eat relatif aux coemprunteurs (n\u00b0 06-11.673), pose quatre r\u00e8gles cardinales que les d\u00e9cisions ult\u00e9rieures n&rsquo;ont cess\u00e9 d&rsquo;affiner.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re r\u00e8gle : la mise en garde est due \u00e0 l&#8217;emprunteur <em>non averti<\/em>, et seulement \u00e0 lui. L&rsquo;appr\u00e9ciation du caract\u00e8re averti se fait in concreto, \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de chaque emprunteur individuellement pris. Ni l&rsquo;\u00e2ge, ni la cat\u00e9gorie socioprofessionnelle, ni la seule qualit\u00e9 de chef d&rsquo;entreprise ne suffisent \u00e0 caract\u00e9riser le client averti. Dans le cas des coemprunteurs, la cour d&rsquo;appel doit examiner la situation de chacun s\u00e9par\u00e9ment ; il n&rsquo;est pas permis de pr\u00e9sumer qu&rsquo;un conjoint partage automatiquement le profil averti de l&rsquo;autre.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me r\u00e8gle : la mise en garde ne vise qu&rsquo;un risque caract\u00e9ris\u00e9 \u2014 un endettement excessif, une inad\u00e9quation manifeste du pr\u00eat aux capacit\u00e9s financi\u00e8res du client. Le banquier n&rsquo;a pas \u00e0 jouer les proph\u00e8tes : il doit alerter lorsque, au vu des informations qu&rsquo;il d\u00e9tient ou qu&rsquo;il aurait d\u00fb obtenir, le cr\u00e9dit qu&rsquo;il s&rsquo;appr\u00eate \u00e0 consentir fait na\u00eetre un risque disproportionn\u00e9. La jurisprudence distingue nettement ce devoir d&rsquo;alerte du devoir de conseil \u2014 la banque n&rsquo;a pas \u00e0 dire au client ce qu&rsquo;il faut faire, simplement \u00e0 l&rsquo;alerter sur le danger de ce qu&rsquo;elle va contribuer \u00e0 lui laisser faire.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me r\u00e8gle : la charge de la preuve p\u00e8se sur la banque. C&rsquo;est \u00e0 elle, et non \u00e0 l&#8217;emprunteur, de d\u00e9montrer qu&rsquo;elle a rempli son obligation. En pratique, cela signifie que l&rsquo;\u00e9tablissement doit conserver la trace \u00e9crite \u2014 dans le dossier de cr\u00e9dit, dans la fiche de dialogue, dans un document sp\u00e9cifiquement sign\u00e9 par le client \u2014 de l&rsquo;information qu&rsquo;il a d\u00e9livr\u00e9e sur les risques.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8me r\u00e8gle : la sanction est \u00e9valu\u00e9e en \u00ab perte de chance \u00bb. Si le manquement est caract\u00e9ris\u00e9, les dommages-int\u00e9r\u00eats ne couvrent pas l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 du pr\u00e9judice mat\u00e9riel subi : ils correspondent \u00e0 la probabilit\u00e9 que le client, d\u00fbment alert\u00e9, aurait renonc\u00e9 au cr\u00e9dit ou l&rsquo;aurait souscrit \u00e0 des conditions diff\u00e9rentes. La pratique \u00e9value cette probabilit\u00e9 \u00e0 30, 50 ou 70 % selon les circonstances \u2014 rarement \u00e0 100 %.<\/p>\n<p>Deux autres limites doivent \u00eatre connues. D&rsquo;abord, le simple manquement au devoir de mise en garde ne constitue pas un dol : il ne permet pas d&rsquo;annuler le contrat de pr\u00eat (Cass. com., 9 f\u00e9vrier 2016, n\u00b0 14-23.210). L&#8217;emprunteur reste tenu par ses obligations contractuelles, il obtient seulement des dommages-int\u00e9r\u00eats qui viendront \u00e9ventuellement compenser une partie de sa dette. Ensuite, la prescription de l&rsquo;action est de cinq ans, avec un point de d\u00e9part fix\u00e9 au jour du premier incident de paiement \u2014 le moment o\u00f9 le client peut objectivement prendre la mesure du manquement (Civ. 1re, 5 janvier 2022, n\u00b0 20-18.893). Ce point de d\u00e9part glissant est favorable aux emprunteurs : il repousse souvent la forclusion de plusieurs ann\u00e9es au-del\u00e0 de la conclusion du pr\u00eat.<\/p>\n<h3>La mise en garde appliqu\u00e9e \u00e0 la caution<\/h3>\n<p>La jurisprudence a \u00e9tendu le devoir de mise en garde \u00e0 la caution non avertie par un arr\u00eat du 23 septembre 2014 (Cass. com., n\u00b0 13-18.827). La banque doit alerter la caution sur le risque d&rsquo;endettement que son propre engagement cr\u00e9e \u00e0 son \u00e9gard, au regard de ses capacit\u00e9s financi\u00e8res. L&rsquo;arr\u00eat du 26 janvier 2016 (Cass. com., n\u00b0 14-23.462) a pr\u00e9cis\u00e9 que la caution doit d\u00e9montrer concr\u00e8tement l&rsquo;existence de ce risque excessif \u2014 elle ne b\u00e9n\u00e9ficie pas d&rsquo;une pr\u00e9somption. Ce bloc est aujourd&rsquo;hui encadr\u00e9 par la r\u00e9forme du droit du cautionnement issue de l&rsquo;ordonnance n\u00b0 2021-1192 du 15 septembre 2021 ; pour la description exhaustive du r\u00e9gime, voir notre guide consacr\u00e9 au <a href=\"\/guide-suretes-garanties\/cautionnement\/\">cautionnement<\/a>.<\/p>\n<p>Un arr\u00eat de la premi\u00e8re chambre civile du 21 janvier 2026 (n\u00b0 24-10.652, publi\u00e9 au Bulletin) rappelle par ailleurs qu&rsquo;aucune obligation ne p\u00e8se sur la caution professionnelle de v\u00e9rifier spontan\u00e9ment, avant d&rsquo;ex\u00e9cuter son engagement, la r\u00e9gularit\u00e9 de la d\u00e9ch\u00e9ance du terme prononc\u00e9e par le pr\u00eateur ou le calcul du taux effectif global. La caution ex\u00e9cute ce \u00e0 quoi elle s&rsquo;est engag\u00e9e ; les irr\u00e9gularit\u00e9s du pr\u00eat principal restent \u00e0 la charge du d\u00e9biteur ou du juge saisi par lui.<\/p>\n<h3>Les limites pos\u00e9es par la jurisprudence r\u00e9cente<\/h3>\n<p>La jurisprudence 2026 a pr\u00e9cis\u00e9 deux limites importantes au devoir de mise en garde. La premi\u00e8re concerne les virements d&rsquo;investissement. Dans un arr\u00eat du 25 mars 2026 (n\u00b0 25-10.353, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale juge que la banque qui re\u00e7oit un ordre de virement en vue de r\u00e9aliser un investissement agit en qualit\u00e9 de prestataire de services de paiement. Tenue \u00e0 la non-immixtion, elle n&rsquo;est d\u00e9bitrice d&rsquo;aucune obligation de conseil ni de mise en garde quant aux risques de l&rsquo;investissement projet\u00e9. La solution ferme une voie qu&#8217;empruntaient volontiers les victimes de fraudes \u00e0 l&rsquo;investissement (cryptoactifs, placements fictifs, trading en ligne) : la banque qui ex\u00e9cute un ordre conforme et techniquement r\u00e9gulier ne peut pas \u00eatre condamn\u00e9e au seul motif que l&rsquo;investissement sous-jacent s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 frauduleux.<\/p>\n<p>La seconde limite concerne la prescription et la charge probatoire. Les juges du fond, encourag\u00e9s par la Cour de cassation, attendent aujourd&rsquo;hui du demandeur qu&rsquo;il articule pr\u00e9cis\u00e9ment le manquement (qu&rsquo;aurait d\u00fb dire la banque, et quand ?), le caract\u00e8re non averti (d\u00e9montr\u00e9 par des \u00e9l\u00e9ments concrets sur la situation financi\u00e8re et la culture \u00e9conomique de l&#8217;emprunteur au moment du pr\u00eat), et le pr\u00e9judice (calcul de la perte de chance). Un dossier insuffisamment \u00e9tay\u00e9 sur l&rsquo;un de ces trois angles conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n<h2 id=\"conseil\">Le devoir de conseil : une exception, pas un principe<\/h2>\n<p>Derni\u00e8re obligation pr\u00e9torienne de ce trio, le devoir de conseil est \u00e0 la fois le plus intense et le plus restreint. Il ne na\u00eet pas automatiquement de la relation bancaire. Le banquier n&rsquo;est pas, par principe, le conseiller en gestion de patrimoine de son client, et il ne se transforme pas en cela du seul fait qu&rsquo;il consent un pr\u00eat ou ouvre un compte.<\/p>\n<p>Le devoir de conseil ne na\u00eet que dans trois cas de figure. Premier cas : la banque prend l&rsquo;initiative d&rsquo;une op\u00e9ration et la propose activement au client \u2014 un placement, une restructuration de dette, une op\u00e9ration de couverture. La prise d&rsquo;initiative d\u00e9clenche un devoir d&rsquo;orientation qui d\u00e9passe la simple alerte. Deuxi\u00e8me cas : la banque est investie d&rsquo;une mission sp\u00e9cifique par le client, formalis\u00e9e par un mandat (gestion sous mandat, conseil en investissements financiers encadr\u00e9 par l&rsquo;article L. 533-13 du CMF). Troisi\u00e8me cas : le produit propos\u00e9 est d&rsquo;une technicit\u00e9 ou d&rsquo;un risque particuliers \u2014 op\u00e9ration sp\u00e9culative complexe, produit structur\u00e9 \u2014 justifiant une explication personnalis\u00e9e (Cass. com., 7 juillet 2009, n\u00b0 08-18.194, pour les produits financiers complexes).<\/p>\n<p>Hors ces trois hypoth\u00e8ses, il n&rsquo;existe pas de devoir g\u00e9n\u00e9ral de conseil en cr\u00e9dit. La banque qui se borne \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une demande de cr\u00e9dit n&rsquo;a pas \u00e0 jouer les conseillers patrimoniaux ni \u00e0 orienter le client vers des montages alternatifs. Confondre conseil et mise en garde est l&rsquo;erreur classique qu&rsquo;une d\u00e9fense m\u00e9thodique saura exploiter.<\/p>\n<p>L&rsquo;arr\u00eat du 25 mars 2026 (n\u00b0 25-10.353) d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 prolonge cette ligne en l&rsquo;appliquant au virement d&rsquo;investissement : ex\u00e9cutant un simple ordre de paiement, la banque n&rsquo;est tenue ni \u00e0 conseil ni \u00e0 mise en garde sur l&rsquo;op\u00e9ration sous-jacente. La jurisprudence 2026 ferme donc clairement la porte \u00e0 une extension rampante du devoir de conseil \u00e0 tous les actes de paiement.<\/p>\n<h2 id=\"entreprises\">Entreprises en difficult\u00e9 : soutien abusif et rupture de cr\u00e9dit<\/h2>\n<p>La responsabilit\u00e9 bancaire pr\u00e9sente, face \u00e0 l&rsquo;entreprise en difficult\u00e9, une sym\u00e9trie redoutable. Soutenir trop longtemps peut \u00eatre fautif \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des autres cr\u00e9anciers (soutien abusif). Rompre trop brutalement peut l&rsquo;\u00eatre \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;entreprise elle-m\u00eame (rupture abusive du concours). Le droit fran\u00e7ais a resserr\u00e9 l&rsquo;un des deux c\u00f4t\u00e9s \u2014 le soutien abusif \u2014 en 2005, et laiss\u00e9 l&rsquo;autre \u2014 la rupture abusive \u2014 encadr\u00e9 par une r\u00e8gle proc\u00e9durale pr\u00e9cise.<\/p>\n<h3>Le soutien abusif et l&rsquo;article L. 650-1 du Code de commerce<\/h3>\n<p>Avant 2005, la responsabilit\u00e9 pour soutien abusif de cr\u00e9dit \u00e9tait le pilier du contentieux des entreprises en difficult\u00e9 contre leurs banques. La Cour de cassation avait construit un r\u00e9gime pr\u00e9torien selon lequel la banque engageait sa responsabilit\u00e9 lorsqu&rsquo;elle avait consenti ou maintenu des concours \u00e0 une entreprise dont la situation \u00e9tait irr\u00e9m\u00e9diablement compromise, au pr\u00e9judice des autres cr\u00e9anciers priv\u00e9s de leurs chances de r\u00e9cup\u00e9rer leurs cr\u00e9ances.<\/p>\n<p>La loi de sauvegarde du 26 juillet 2005 a renvers\u00e9 cette construction en introduisant l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006237548\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article L. 650-1 du Code de commerce<\/a>. Le texte pose d\u00e9sormais un principe de non-responsabilit\u00e9 : les cr\u00e9anciers ne peuvent \u00eatre tenus pour responsables des pr\u00e9judices subis du fait des concours consentis. L&rsquo;article pr\u00e9voit ensuite trois exceptions limitatives \u2014 et seulement trois : la fraude, l&rsquo;immixtion caract\u00e9ris\u00e9e dans la gestion du d\u00e9biteur, et la disproportion manifeste des garanties prises en contrepartie des concours.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Article L. 650-1 du Code de commerce<\/div>\n<p>\u00ab Lorsqu&rsquo;une proc\u00e9dure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire est ouverte, les cr\u00e9anciers ne peuvent \u00eatre tenus pour responsables des pr\u00e9judices subis du fait des concours consentis, sauf les cas de fraude, d&rsquo;immixtion caract\u00e9ris\u00e9e dans la gestion du d\u00e9biteur ou si les garanties prises en contrepartie de ces concours sont disproportionn\u00e9es \u00e0 ceux-ci. \u00bb<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>La r\u00e9forme a consid\u00e9rablement r\u00e9duit le contentieux. La Cour de cassation interpr\u00e8te strictement les trois exceptions : la fraude suppose une intention de nuire ou une complicit\u00e9 avec le dirigeant ; l&rsquo;immixtion caract\u00e9ris\u00e9e exige que le cr\u00e9ancier ait pris part \u00e0 la direction effective de l&rsquo;entreprise ; la disproportion des garanties s&rsquo;appr\u00e9cie objectivement au moment o\u00f9 elles sont constitu\u00e9es. L&rsquo;argument classique \u2014 \u00ab la banque savait que la situation \u00e9tait compromise, elle a continu\u00e9 \u00e0 pr\u00eater \u00bb \u2014 ne suffit plus. Pour resituer ce r\u00e9gime dans le cadre plus large des proc\u00e9dures collectives, consultez notre <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/\">guide des proc\u00e9dures collectives<\/a>.<\/p>\n<h3>La rupture abusive du concours et l&rsquo;article L. 313-12 CMF<\/h3>\n<p>Le versant sym\u00e9trique est la rupture brutale d&rsquo;un concours \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e. L&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000020178958\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article L. 313-12 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> impose au banquier, lorsqu&rsquo;il met fin \u00e0 un concours autre qu&rsquo;occasionnel consenti \u00e0 une entreprise, de respecter un pr\u00e9avis notifi\u00e9 par \u00e9crit. Le d\u00e9lai minimum est fix\u00e9 \u00e0 soixante jours ouvr\u00e9s par un arr\u00eat\u00e9 du 26 septembre 2005. Le texte souffre deux exceptions : le comportement gravement r\u00e9pr\u00e9hensible du b\u00e9n\u00e9ficiaire, et la situation irr\u00e9m\u00e9diablement compromise du cr\u00e9dit\u00e9.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Article L. 313-12 du Code mon\u00e9taire et financier \u2014 extraits<\/div>\n<p>\u00ab Tout concours \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, autre qu&rsquo;occasionnel, qu&rsquo;un \u00e9tablissement de cr\u00e9dit ou une soci\u00e9t\u00e9 de financement consent \u00e0 une entreprise, ne peut \u00eatre r\u00e9duit ou interrompu que sur notification \u00e9crite et \u00e0 l&rsquo;expiration d&rsquo;un d\u00e9lai de pr\u00e9avis fix\u00e9 lors de l&rsquo;octroi du concours. [&#8230;] L&rsquo;\u00e9tablissement de cr\u00e9dit ou la soci\u00e9t\u00e9 de financement n&rsquo;est tenu de respecter aucun d\u00e9lai de pr\u00e9avis, que l&rsquo;ouverture de cr\u00e9dit soit \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e ou d\u00e9termin\u00e9e, en cas de comportement gravement r\u00e9pr\u00e9hensible du b\u00e9n\u00e9ficiaire du cr\u00e9dit ou au cas o\u00f9 la situation de ce dernier s&rsquo;av\u00e9rerait irr\u00e9m\u00e9diablement compromise. \u00bb<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>La sanction de la rupture abusive est l&rsquo;allocation de dommages-int\u00e9r\u00eats correspondant au pr\u00e9judice r\u00e9sultant de l&rsquo;impossibilit\u00e9, pour l&rsquo;entreprise, de trouver une solution de substitution dans le d\u00e9lai qui lui aurait d\u00fb. Le pr\u00e9judice prend classiquement la forme d&rsquo;un manque de tr\u00e9sorerie qui peut, dans les cas les plus graves, pr\u00e9cipiter la cessation des paiements. Le dirigeant qui en invoque la r\u00e9alit\u00e9 doit d\u00e9montrer, pi\u00e8ces \u00e0 l&rsquo;appui, qu&rsquo;une solution alternative aurait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e avec un pr\u00e9avis r\u00e9gulier, et que la rupture brutale a interdit de l&rsquo;activer.<\/p>\n<p>Les deux exceptions au pr\u00e9avis sont d&rsquo;interpr\u00e9tation stricte. Le \u00ab comportement gravement r\u00e9pr\u00e9hensible \u00bb vise des agissements frauduleux ou d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment hostiles aux int\u00e9r\u00eats du pr\u00eateur \u2014 pas un simple d\u00e9passement de d\u00e9couvert ou un retard de production de bilan. La \u00ab situation irr\u00e9m\u00e9diablement compromise \u00bb suppose un \u00e9tat objectif de cessation des paiements av\u00e9r\u00e9, dont la r\u00e9alit\u00e9 est souvent discut\u00e9e au contentieux.<\/p>\n<h2 id=\"paiement\">Op\u00e9rations de paiement non autoris\u00e9es : le r\u00e9gime sp\u00e9cial DSP2<\/h2>\n<p>Lorsque le contentieux porte sur une op\u00e9ration de paiement \u2014 virement, pr\u00e9l\u00e8vement, paiement par carte \u2014, le terrain change. La directive europ\u00e9enne sur les services de paiement (DSP2), transpos\u00e9e aux articles L. 133-1 et suivants du Code mon\u00e9taire et financier, a cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9gime sp\u00e9cial ferm\u00e9 qui remplace, pour ces op\u00e9rations, la responsabilit\u00e9 contractuelle de droit commun.<\/p>\n<p>Le principe cardinal est pos\u00e9 par l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035430536\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article L. 133-18 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> : en cas d&rsquo;op\u00e9ration de paiement non autoris\u00e9e, le prestataire de services de paiement doit rembourser le payeur imm\u00e9diatement, et au plus tard \u00e0 la fin du premier jour ouvrable suivant la r\u00e9ception de la contestation. Le compte doit \u00eatre r\u00e9tabli dans l&rsquo;\u00e9tat o\u00f9 il se serait trouv\u00e9 si l&rsquo;op\u00e9ration n&rsquo;avait pas eu lieu \u2014 agios, frais d&rsquo;incidents et int\u00e9r\u00eats d\u00e9biteurs compris.<\/p>\n<p>Ce r\u00e9gime protecteur ne peut \u00eatre \u00e9cart\u00e9 par la banque que dans trois cas : un soup\u00e7on de fraude du payeur lui-m\u00eame notifi\u00e9 \u00e0 la Banque de France (hypoth\u00e8se rare), une n\u00e9gligence grave du payeur au sens de l&rsquo;<a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035430527\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">article L. 133-19 IV<\/a>, ou la forclusion du d\u00e9lai de signalement. Les deux derni\u00e8res exceptions concentrent aujourd&rsquo;hui l&rsquo;essentiel du contentieux.<\/p>\n<p>Deux arr\u00eats de 2026 en pr\u00e9cisent les contours. Le premier est l&rsquo;arr\u00eat Veracash, d\u00e9j\u00e0 visible en filigrane dans la jurisprudence 2025. Par un arr\u00eat du 14 janvier 2026 (n\u00b0 22-14.822, formation de section, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale transpose en droit interne l&rsquo;arr\u00eat CJUE du 1er ao\u00fbt 2025 (C-665\/23) et juge que l&rsquo;obligation de signaler \u00ab sans tarder \u00bb une op\u00e9ration non autoris\u00e9e na\u00eet \u00e0 compter de la connaissance effective que le payeur en a, et non \u00e0 compter du d\u00e9bit. Un signalement tardif effectu\u00e9 par n\u00e9gligence grave \u2014 m\u00eame dans le d\u00e9lai absolu de treize mois fix\u00e9 par l&rsquo;article L. 133-24 \u2014 prive le payeur de son droit au remboursement. Le juge du fond doit donc rechercher la date de connaissance, pas seulement la date du d\u00e9bit. L&rsquo;arr\u00eat du 4 f\u00e9vrier 2026 (n\u00b0 22-22.609, publi\u00e9 au Bulletin) en tire la cons\u00e9quence proc\u00e9durale : le titulaire d&rsquo;une carte qui ne justifie pas de la date \u00e0 laquelle il a signal\u00e9 l&rsquo;utilisation frauduleuse voit sa demande rejet\u00e9e.<\/p>\n<p>Le second arr\u00eat concerne l&rsquo;articulation entre r\u00e9gime DSP2 et droit commun. Dans une d\u00e9cision du 4 mars 2026 (n\u00b0 25-11.959, publi\u00e9 au Bulletin), la chambre commerciale juge qu&rsquo;en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, la responsabilit\u00e9 contractuelle de l&rsquo;article 1231-1 du Code civil n&rsquo;est pas applicable \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution par le prestataire de services de paiement d&rsquo;un ordre conforme \u00e0 l&rsquo;identifiant unique fourni par l&rsquo;utilisateur. L&rsquo;article L. 133-21 du CMF ferme la voie du droit commun. Mais la Cour identifie une exception : lorsque le prestataire ne se borne pas \u00e0 ex\u00e9cuter l&rsquo;ordre mais le r\u00e9dige lui-m\u00eame avant de r\u00e9aliser l&rsquo;op\u00e9ration avec l&rsquo;approbation de l&rsquo;utilisateur, le droit commun retrouve son empire. Cette exception est pens\u00e9e pour les cas o\u00f9 le conseiller bancaire, en agence, saisit l&rsquo;ordre \u00e0 la place d&rsquo;un client \u00e2g\u00e9, vuln\u00e9rable ou peu \u00e0 l&rsquo;aise avec l&rsquo;outil informatique.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime DSP2 m\u00e9rite \u00e0 lui seul un d\u00e9veloppement autonome, que le guide consacr\u00e9 \u00e0 la <a href=\"\/guide-droit-bancaire\/fraude-bancaire\/\">fraude bancaire<\/a> d\u00e9taille : n\u00e9gligence grave, authentification forte, double charge de la preuve, d\u00e9lais de forclusion, d\u00e9marches pratiques. Nous nous limitons ici \u00e0 rappeler son articulation avec la responsabilit\u00e9 bancaire de droit commun.<\/p>\n<h2 id=\"secret\">Secret bancaire et contenu du dossier<\/h2>\n<p>Un dernier pan de la responsabilit\u00e9 bancaire m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre mentionn\u00e9 bri\u00e8vement : la violation du secret professionnel. L&rsquo;article L. 511-33 du Code mon\u00e9taire et financier impose au banquier un secret professionnel \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des informations dont il a connaissance sur ses clients. Ce secret est prot\u00e9g\u00e9 par une double sanction : la sanction p\u00e9nale de l&rsquo;article 226-13 du Code p\u00e9nal (un an d&#8217;emprisonnement et 15 000 euros d&rsquo;amende), et la sanction civile \u2014 dommages-int\u00e9r\u00eats au profit du client l\u00e9s\u00e9, sur le fondement de l&rsquo;article 1231-1 ou 1240 du Code civil selon les cas.<\/p>\n<p>Les limites du secret bancaire sont en revanche nombreuses : il n&rsquo;est pas opposable au client lui-m\u00eame ni \u00e0 ses ayants droit ; il c\u00e8de devant certaines autorit\u00e9s (judiciaire, fiscale, douani\u00e8re, Tracfin, ACPR, AMF, Banque de France, commissaires aux comptes) ; il peut \u00eatre lev\u00e9 par l&rsquo;autorisation du client. En pratique, le contentieux de la violation du secret bancaire est moins nourri que celui des autres obligations \u2014 mais il surgit parfois, notamment lorsqu&rsquo;une banque communique \u00e0 un tiers des informations sur la situation financi\u00e8re d&rsquo;un client (employeur, ex-conjoint, cr\u00e9ancier tiers).<\/p>\n<h2 id=\"engager\">Engager la responsabilit\u00e9 de votre banque : m\u00e9thode et points de vigilance<\/h2>\n<p>Construire une action en responsabilit\u00e9 bancaire suppose une m\u00e9thode rigoureuse. Il faut, dans l&rsquo;ordre, identifier l&rsquo;obligation manqu\u00e9e, caract\u00e9riser le manquement \u00e0 l&rsquo;aide de preuves tangibles, d\u00e9montrer le pr\u00e9judice et son lien de causalit\u00e9 avec la faute, et choisir le fondement textuel appropri\u00e9. L&rsquo;ordre des op\u00e9rations n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent : une demande mal cadr\u00e9e dans son fondement conduit souvent au rejet, m\u00eame lorsqu&rsquo;elle aurait pu prosp\u00e9rer sur un autre terrain.<\/p>\n<p>Premier rep\u00e8re : identifier la nature exacte de l&rsquo;obligation en jeu. Vigilance ? Mise en garde ? Conseil ? Rupture de cr\u00e9dit ? Secret bancaire ? Op\u00e9ration de paiement non autoris\u00e9e ? Chaque obligation a son r\u00e9gime, ses preuves, ses d\u00e9lais et ses sanctions. Le tableau suivant r\u00e9sume la grille de lecture.<\/p>\n<div class=\"tableau-wrapper\">\n<table class=\"tableau-comparatif\">\n<thead>\n<tr>\n<th>Obligation<\/th>\n<th>Fondement<\/th>\n<th>D\u00e9clenchement<\/th>\n<th>Sanction typique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Vigilance<\/td>\n<td>1231-1 C. civ. + jurisprudence<\/td>\n<td>Anomalie apparente de l&rsquo;op\u00e9ration<\/td>\n<td>Dommages-int\u00e9r\u00eats \u2014 pr\u00e9judice r\u00e9el<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Mise en garde<\/td>\n<td>Jurisprudence \u2014 ch. mixte 29 juin 2007<\/td>\n<td>Emprunteur ou caution non averti(e) et risque caract\u00e9ris\u00e9 d&rsquo;endettement<\/td>\n<td>Dommages-int\u00e9r\u00eats \u2014 perte de chance<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Conseil<\/td>\n<td>1231-1 C. civ. + jurisprudence \/ L. 533-13 CMF<\/td>\n<td>Initiative du banquier, mission sp\u00e9cifique, produit complexe<\/td>\n<td>Dommages-int\u00e9r\u00eats \u2014 perte de chance<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Soutien abusif<\/td>\n<td>L. 650-1 C. com.<\/td>\n<td>Fraude, immixtion caract\u00e9ris\u00e9e ou garanties disproportionn\u00e9es<\/td>\n<td>Dommages-int\u00e9r\u00eats (rare)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rupture abusive<\/td>\n<td>L. 313-12 CMF<\/td>\n<td>Rupture sans pr\u00e9avis d&rsquo;un concours \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e<\/td>\n<td>Dommages-int\u00e9r\u00eats \u2014 pr\u00e9judice de substitution<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Op\u00e9ration de paiement non autoris\u00e9e<\/td>\n<td>L. 133-18 CMF (r\u00e9gime sp\u00e9cial DSP2)<\/td>\n<td>Op\u00e9ration non consentie par le payeur<\/td>\n<td>Remboursement imm\u00e9diat + p\u00e9nalit\u00e9s<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Secret bancaire<\/td>\n<td>L. 511-33 CMF + 226-13 C. p\u00e9n.<\/td>\n<td>Divulgation \u00e0 un tiers non autoris\u00e9<\/td>\n<td>Dommages-int\u00e9r\u00eats civils + sanction p\u00e9nale<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table><\/div>\n<p>Deuxi\u00e8me rep\u00e8re : reconstituer la cha\u00eene probatoire. En mati\u00e8re de vigilance, la preuve se fait par la production des pi\u00e8ces bancaires (historiques de compte, ordres de virement, logs techniques), parfois compl\u00e9t\u00e9e d&rsquo;une expertise judiciaire quand les syst\u00e8mes informatiques sont en cause. En mati\u00e8re de mise en garde, la charge p\u00e8se sur la banque : il faut lui demander, par sommation si n\u00e9cessaire, de produire sa fiche de dialogue, son \u00e9valuation de solvabilit\u00e9, les documents remis \u00e0 l&#8217;emprunteur \u2014 et exploiter leur insuffisance ou leur absence. En mati\u00e8re de rupture abusive, il faut d\u00e9montrer l&rsquo;existence du concours, sa dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e, le caract\u00e8re non occasionnel, et l&rsquo;absence de pr\u00e9avis r\u00e9gulier.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me rep\u00e8re : quantifier le pr\u00e9judice. En droit commun, la banque r\u00e9pare le pr\u00e9judice r\u00e9el. En mati\u00e8re de mise en garde, le pr\u00e9judice est une perte de chance, qui doit \u00eatre chiffr\u00e9e avec pr\u00e9cision (probabilit\u00e9 que l&#8217;emprunteur, d\u00fbment alert\u00e9, aurait renonc\u00e9 ou contract\u00e9 diff\u00e9remment ; calcul du manque \u00e0 gagner ou du surendettement \u00e9vit\u00e9). Un dossier qui se contente d&rsquo;invoquer un pr\u00e9judice moral g\u00e9n\u00e9ral ou une somme ronde obtient rarement gain de cause.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8me rep\u00e8re : agir dans les d\u00e9lais. La prescription de droit commun est de cinq ans (article 2224 du Code civil). Pour le devoir de mise en garde, le point de d\u00e9part est le premier incident de paiement (Civ. 1re, 5 janv. 2022, n\u00b0 20-18.893). Pour les op\u00e9rations de paiement non autoris\u00e9es, deux d\u00e9lais se cumulent : le signalement \u00ab sans tarder \u00bb \u00e0 compter de la connaissance, et la forclusion absolue de treize mois \u00e0 compter du d\u00e9bit (article L. 133-24 CMF). La combinaison des deux, depuis l&rsquo;arr\u00eat Veracash, est exigeante.<\/p>\n<p>Cinqui\u00e8me rep\u00e8re : choisir la voie proc\u00e9durale adapt\u00e9e. R\u00e9clamation \u00e9crite au service client\u00e8le d&rsquo;abord \u2014 elle interrompt la prescription et force la banque \u00e0 prendre position. Saisine du m\u00e9diateur bancaire ensuite si la r\u00e9ponse tarde ou n&rsquo;est pas satisfaisante : la proc\u00e9dure est gratuite, suspend la prescription, et aboutit dans un d\u00e9lai de quatre-vingt-dix jours. Saisine du tribunal enfin, par r\u00e9f\u00e9r\u00e9 s&rsquo;il y a urgence et non-contestabilit\u00e9 (L. 133-18 notamment), ou au fond dans les autres cas.<\/p>\n<p>La responsabilit\u00e9 bancaire est une mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9quilibre. Elle ne permet pas \u00e0 un client de faire rejouer ses choix \u00e9conomiques sous couvert d&rsquo;un manquement du banquier, mais elle sanctionne fermement les professionnels qui n\u00e9gligent leurs obligations les plus \u00e9l\u00e9mentaires. Les arr\u00eats du premier trimestre 2026 resserrent le curseur dans un sens comme dans l&rsquo;autre : plus d&rsquo;exigence sur la caract\u00e9risation des anomalies apparentes, plus de clart\u00e9 sur les limites du devoir de mise en garde, plus de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 envers le payeur qui tarde \u00e0 signaler. C&rsquo;est un droit o\u00f9 la pr\u00e9paration du dossier compte autant que le principe invoqu\u00e9. Pour examiner une situation concr\u00e8te, et pour situer cette responsabilit\u00e9 dans l&rsquo;ensemble des mati\u00e8res du droit bancaire, le cabinet Solent Avocats accompagne particuliers et entreprises dans l&rsquo;analyse pr\u00e9alable et la conduite des recours. La page d&rsquo;interventions en <a href=\"\/avocat-droit-bancaire-financier\/\">droit bancaire et financier<\/a> en d\u00e9crit les modalit\u00e9s, et le <a href=\"\/guide-droit-bancaire\/\">guide du droit bancaire<\/a> replace l&rsquo;ensemble dans son contexte.<\/p>\n<section id=\"sources\" class=\"faq-section\">\n<div class=\"faq-inner\">\n<details class=\"sources-details\">\n<summary>Sources<\/summary>\n<div class=\"sources-columns\">\n<div class=\"sources-column\">\n<h3>Textes de loi<\/h3>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000032041508\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article 1231-1 du Code civil<\/a> \u2014 Responsabilit\u00e9 contractuelle de droit commun<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000032041486\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article 1240 du Code civil<\/a> \u2014 Responsabilit\u00e9 d\u00e9lictuelle<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000020178958\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 313-12 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 Pr\u00e9avis de rupture d&rsquo;un concours \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035430536\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 133-18 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 Remboursement de l&rsquo;op\u00e9ration de paiement non autoris\u00e9e<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035430527\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 133-19 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 R\u00e9gime de responsabilit\u00e9 (n\u00e9gligence grave, authentification forte)<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035430521\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 133-23 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 Charge de la preuve<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000035430562\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 133-24 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 D\u00e9lai de forclusion de treize mois<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/section_lc\/LEGITEXT000006072026\/LEGISCTA000020179278\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Articles L. 561-2 et suivants du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 Obligations de vigilance LCB-FT<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000045218902\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 511-33 du Code mon\u00e9taire et financier<\/a> \u2014 Secret professionnel du banquier<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000006237548\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article L. 650-1 du Code de commerce<\/a> \u2014 Principe de non-responsabilit\u00e9 pour les concours consentis<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000032207306\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Article 226-13 du Code p\u00e9nal<\/a> \u2014 Violation du secret professionnel<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/JORFTEXT000035379346\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ordonnance n\u00b0 2017-1252 du 9 ao\u00fbt 2017<\/a> \u2014 Transposition de la directive DSP2<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/loda\/id\/JORFTEXT000043991474\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ordonnance n\u00b0 2021-1192 du 15 septembre 2021<\/a> \u2014 R\u00e9forme du droit du cautionnement<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<div class=\"sources-column\">\n<h3>Jurisprudence de principe<\/h3>\n<ul>\n<li>Cass. ch. mixte, 29 juin 2007, n\u00b0 05-21.104 \u2014 Obligation de mise en garde \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&#8217;emprunteur non averti (arr\u00eat fondateur)<\/li>\n<li>Cass. ch. mixte, 29 juin 2007, n\u00b0 06-11.673 \u2014 Appr\u00e9ciation individuelle du caract\u00e8re averti pour chaque coemprunteur<\/li>\n<li>Cass. com., 23 septembre 2014, n\u00b0 13-18.827 \u2014 Extension du devoir de mise en garde \u00e0 la caution non avertie<\/li>\n<li>Cass. com., 26 janvier 2016, n\u00b0 14-23.462 \u2014 D\u00e9monstration concr\u00e8te du risque d&rsquo;endettement excessif de la caution<\/li>\n<li>Cass. com., 9 f\u00e9vrier 2016, n\u00b0 14-23.210 \u2014 Le manquement au devoir de mise en garde ne constitue pas un dol<\/li>\n<li>Cass. com., 7 juillet 2009, n\u00b0 08-18.194 \u2014 Devoir de mise en garde pour les produits financiers sp\u00e9culatifs<\/li>\n<li>Civ. 1re, 5 janvier 2022, n\u00b0 20-18.893 \u2014 Prescription quinquennale de l&rsquo;action, point de d\u00e9part au premier incident de paiement<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Jurisprudence 2024-2026<\/h3>\n<ul>\n<li>Cass. com., 2 octobre 2024, n\u00b0 23-13.282 \u2014 Vigilance : obligation de v\u00e9rifier aupr\u00e8s du dirigeant en cas de fraude au pr\u00e9sident<\/li>\n<li>Cass. com., 12 juin 2025, n\u00b0 24-10.168 \u2014 Vigilance : absence d&rsquo;anomalie apparente quand les virements respectent les plafonds convenus<\/li>\n<li>Cass. com., 19 novembre 2025, n\u00b0 24-17.056, 24-17.780 et 24-18.534 \u2014 Triple arr\u00eat de section : la vigilance n&rsquo;est pas un devoir g\u00e9n\u00e9ral de contr\u00f4le<\/li>\n<li>Cass. com., 14 janvier 2026, n\u00b0 24-19.102 \u2014 Non-ing\u00e9rence : pas d&rsquo;investigations sur l&rsquo;origine et l&rsquo;importance des fonds vers\u00e9s<\/li>\n<li>Cass. com., 14 janvier 2026, n\u00b0 22-14.822 \u2014 Signalement \u00ab sans tarder \u00bb \u00e0 compter de la connaissance (CJUE Veracash)<\/li>\n<li>Civ. 1re, 21 janvier 2026, n\u00b0 24-10.652 \u2014 Caution professionnelle : pas d&rsquo;obligation de v\u00e9rifier la d\u00e9ch\u00e9ance du terme ni le TEG<\/li>\n<li>Cass. com., 4 f\u00e9vrier 2026, n\u00b0 22-22.609 \u2014 L. 133-18 : rejet de la demande en l&rsquo;absence de preuve de la date du signalement<\/li>\n<li>Cass. com., 4 mars 2026, n\u00b0 24-19.588 \u2014 Vigilance LCB-FT : finalit\u00e9 exclusive LCB-FT, pas d&rsquo;action individuelle en r\u00e9paration<\/li>\n<li>Cass. com., 4 mars 2026, n\u00b0 25-11.959 \u2014 L. 133-21 CMF : exception \u00e0 l&rsquo;exclusion du droit commun quand le PSP r\u00e9dige l&rsquo;ordre<\/li>\n<li>Cass. com., 25 mars 2026, n\u00b0 24-18.093 \u2014 Virements internationaux importants : pas d&rsquo;anomalie en soi<\/li>\n<li>Cass. com., 25 mars 2026, n\u00b0 25-10.353 \u2014 Aucune obligation de conseil ou de mise en garde sur un investissement ex\u00e9cut\u00e9 par virement<\/li>\n<li>CJUE, 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 2025, Veracash, C-665\/23 \u2014 Interpr\u00e9tation de l&rsquo;obligation de signaler \u00ab sans tarder \u00bb au sens DSP2<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Doctrine<\/h3>\n<ul>\n<li>J. Lasserre Capdeville, La responsabilit\u00e9 civile du banquier aujourd&rsquo;hui, LexisNexis, 2022<\/li>\n<li>T. Bonneau, Droit bancaire, LGDJ, 14<sup>e<\/sup> \u00e9d., 2024 \u2014 titre consacr\u00e9 \u00e0 la responsabilit\u00e9 du banquier<\/li>\n<li>J. Stoufflet, Droit bancaire, LGDJ, derni\u00e8re \u00e9d.<\/li>\n<li>Dalloz, Fiches d&rsquo;orientation \u00ab Responsabilit\u00e9 du banquier \u00bb, juillet 2023<\/li>\n<li>F. Pasqualini, G. Marain, \u00ab Responsabilit\u00e9 du banquier dispensateur de cr\u00e9dit de l&rsquo;entreprise \u00bb, 2019<\/li>\n<\/ul><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<h2>Questions fr\u00e9quentes sur la responsabilit\u00e9 bancaire<\/h2>\n<details>\n<summary>Comment engager la responsabilit\u00e9 d&rsquo;une banque ?<\/summary>\n<p>L&rsquo;action en responsabilit\u00e9 contre la banque repose en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale sur l&rsquo;article 1231-1 du Code civil (responsabilit\u00e9 contractuelle) et sur l&rsquo;une des trois obligations pr\u00e9toriennes construites par la jurisprudence : vigilance, mise en garde, conseil. Selon l&rsquo;obligation en jeu, la d\u00e9monstration diff\u00e8re : en mati\u00e8re de vigilance, il faut caract\u00e9riser l&rsquo;anomalie apparente qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9e ; en mati\u00e8re de mise en garde, il faut d\u00e9montrer le caract\u00e8re non averti du client et le risque caract\u00e9ris\u00e9 d&rsquo;endettement, la charge de la preuve pesant alors sur la banque ; en mati\u00e8re de rupture de cr\u00e9dit, il faut prouver l&rsquo;absence de pr\u00e9avis r\u00e9gulier au sens de l&rsquo;article L. 313-12 du Code mon\u00e9taire et financier. Le pr\u00e9judice est chiffr\u00e9 en perte de chance pour la mise en garde, en pr\u00e9judice r\u00e9el pour les autres fondements. Une r\u00e9clamation \u00e9crite \u00e0 la banque, puis la saisine du m\u00e9diateur bancaire et, en cas d&rsquo;\u00e9chec, la saisine du tribunal judiciaire, constituent la gradation habituelle des recours.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;un emprunteur non averti ?<\/summary>\n<p>L&#8217;emprunteur non averti est celui dont la situation personnelle, la formation ou l&rsquo;exp\u00e9rience professionnelle ne lui permettent pas d&rsquo;appr\u00e9cier seul le risque de l&rsquo;op\u00e9ration de cr\u00e9dit qu&rsquo;il souscrit. L&rsquo;appr\u00e9ciation se fait in concreto, au cas par cas. Ni l&rsquo;\u00e2ge, ni la cat\u00e9gorie socioprofessionnelle, ni la seule qualit\u00e9 de chef d&rsquo;entreprise ne suffisent \u00e0 caract\u00e9riser le client averti. La chambre mixte, dans son arr\u00eat du 29 juin 2007 (n\u00b0 05-21.104 et 06-11.673), a rappel\u00e9 que chaque coemprunteur doit \u00eatre \u00e9valu\u00e9 individuellement. Lorsque le client est jug\u00e9 non averti, la banque qui lui consent un cr\u00e9dit pr\u00e9sentant un risque caract\u00e9ris\u00e9 d&rsquo;endettement excessif au regard de ses capacit\u00e9s financi\u00e8res doit le mettre en garde. La charge de la preuve de l&rsquo;accomplissement de cette obligation p\u00e8se sur l&rsquo;\u00e9tablissement de cr\u00e9dit, qui doit produire les documents (fiche de dialogue, \u00e9valuation de solvabilit\u00e9, preuve de l&rsquo;information d\u00e9livr\u00e9e) attestant de sa diligence.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Dans quel d\u00e9lai faut-il agir contre sa banque ?<\/summary>\n<p>La prescription de droit commun est de cinq ans (article 2224 du Code civil). En mati\u00e8re de devoir de mise en garde, le point de d\u00e9part a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 par la premi\u00e8re chambre civile dans un arr\u00eat du 5 janvier 2022 (n\u00b0 20-18.893) au jour du premier incident de paiement, ce qui est souvent favorable \u00e0 l&#8217;emprunteur puisque ce point de d\u00e9part glissant repousse la forclusion. En mati\u00e8re d&rsquo;op\u00e9ration de paiement non autoris\u00e9e, le r\u00e9gime est plus strict : le payeur doit signaler \u00ab sans tarder \u00bb \u00e0 compter de la connaissance effective de l&rsquo;op\u00e9ration, et la forclusion absolue est de treize mois \u00e0 compter du d\u00e9bit (article L. 133-24 CMF). Depuis les arr\u00eats CJUE Veracash (1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt 2025) et Cass. com. 14 janvier 2026 (n\u00b0 22-14.822), un signalement tardif par n\u00e9gligence grave prive le payeur du droit au remboursement, m\u00eame s&rsquo;il intervient dans les treize mois. Conserver la date exacte de la d\u00e9couverte et du signalement est donc essentiel.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Le soutien abusif de cr\u00e9dit existe-t-il encore ?<\/summary>\n<p>Oui, mais dans un cadre beaucoup plus \u00e9troit qu&rsquo;avant 2005. L&rsquo;article L. 650-1 du Code de commerce, introduit par la loi de sauvegarde du 26 juillet 2005, pose un principe de non-responsabilit\u00e9 des cr\u00e9anciers pour les pr\u00e9judices subis du fait des concours consentis. Trois exceptions seulement sont pr\u00e9vues, d&rsquo;interpr\u00e9tation stricte : la fraude, l&rsquo;immixtion caract\u00e9ris\u00e9e dans la gestion du d\u00e9biteur, et la disproportion manifeste des garanties prises en contrepartie. Sous ce r\u00e9gime, l&rsquo;argument traditionnel selon lequel \u00ab la banque savait que la situation \u00e9tait irr\u00e9m\u00e9diablement compromise et a continu\u00e9 \u00e0 pr\u00eater \u00bb ne suffit plus : il faut caract\u00e9riser l&rsquo;une des trois exceptions limitatives. La r\u00e9forme a consid\u00e9rablement r\u00e9duit le contentieux du soutien abusif, m\u00eame si quelques dossiers prosp\u00e8rent encore, notamment lorsque les garanties prises sont d\u00e9mesur\u00e9es par rapport au cr\u00e9dit consenti.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Ma banque a rompu mon d\u00e9couvert sans pr\u00e9avis : ai-je un recours ?<\/summary>\n<p>Oui, l&rsquo;article L. 313-12 du Code mon\u00e9taire et financier impose au banquier, lorsqu&rsquo;il met fin \u00e0 un concours autre qu&rsquo;occasionnel \u00e0 dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e consenti \u00e0 une entreprise, de respecter un pr\u00e9avis d&rsquo;au moins soixante jours ouvr\u00e9s notifi\u00e9 par \u00e9crit. La violation de ce pr\u00e9avis ouvre droit \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats correspondant au pr\u00e9judice de substitution \u2014 typiquement, l&rsquo;impossibilit\u00e9 de trouver un financement de remplacement dans le d\u00e9lai qui aurait d\u00fb \u00eatre laiss\u00e9. Deux exceptions seulement permettent \u00e0 la banque de rompre sans pr\u00e9avis : le comportement gravement r\u00e9pr\u00e9hensible du b\u00e9n\u00e9ficiaire (fraude, actes hostiles d\u00e9lib\u00e9r\u00e9s, pas un simple incident de paiement), et la situation irr\u00e9m\u00e9diablement compromise du cr\u00e9dit\u00e9 (cessation des paiements objective). Ces exceptions sont d&rsquo;interpr\u00e9tation stricte et la banque qui les invoque doit les d\u00e9montrer.<\/p>\n<\/details>\n<details>\n<summary>Puis-je reprocher \u00e0 ma banque un d\u00e9faut de vigilance en cas de fraude ?<\/summary>\n<p>Cela d\u00e9pend du r\u00e9gime applicable \u00e0 l&rsquo;op\u00e9ration. Si la fraude porte sur une op\u00e9ration de paiement non autoris\u00e9e (paiement par carte vol\u00e9e ou clon\u00e9e, virement ordonn\u00e9 depuis un espace pirat\u00e9), le r\u00e9gime sp\u00e9cial de l&rsquo;article L. 133-18 du CMF s&rsquo;applique et impose \u00e0 la banque le remboursement imm\u00e9diat, sauf \u00e0 prouver une n\u00e9gligence grave du payeur. Pour ce contentieux sp\u00e9cifique, consultez notre guide sur la fraude bancaire. Si en revanche la fraude a \u00e9t\u00e9 commise au moyen d&rsquo;un ordre de paiement autoris\u00e9 mais obtenu par man\u0153uvre dolosive (fraude au pr\u00e9sident, arnaque \u00e0 l&rsquo;investissement, faux RIB fournisseur), le r\u00e9gime de droit commun s&rsquo;applique et la banque ne peut voir sa responsabilit\u00e9 engag\u00e9e que pour d\u00e9faut de vigilance face \u00e0 des anomalies apparentes. Les arr\u00eats de 2024-2026 ont resserr\u00e9 le standard : seules les circonstances combin\u00e9es \u2014 affichage d&rsquo;un num\u00e9ro usurp\u00e9, destination \u00e0 risque, incoh\u00e9rence avec le profil de mouvements habituels \u2014 permettent d&rsquo;\u00e9tablir l&rsquo;anomalie. Par ailleurs, l&rsquo;arr\u00eat de section du 4 mars 2026 (n\u00b0 24-19.588) ferme la voie \u00e0 toute action fond\u00e9e sur la vigilance LCB-FT, qui ne peut plus \u00eatre invoqu\u00e9e pour obtenir des dommages-int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<\/details><\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La responsabilit\u00e9 du banquier n&rsquo;est pas \u00e9crite dans un article de loi. Elle s&rsquo;est construite, d\u00e9cision apr\u00e8s d\u00e9cision, autour de trois obligations \u2014 vigilance, mise en garde, conseil \u2014 et de leurs contrepoids : non-ing\u00e9rence et libert\u00e9 de gestion du client. La chambre commerciale a rendu en 2024, 2025 et au premier trimestre 2026 une s\u00e9rie d&rsquo;arr\u00eats qui redessinent la ligne de partage : resserrement pro-banque sur la vigilance civile, s\u00e9paration d\u00e9finitive de la vigilance LCB-FT, durcissement du d\u00e9lai de signalement des op\u00e9rations de paiement non autoris\u00e9es. Ce guide restitue le r\u00e9gime en vigueur tel qu&rsquo;un praticien l&rsquo;utilise, avec ses points de bascule, ses pi\u00e8ges et ses fondements textuels.<\/p>","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"parent":18287,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"page-templates\/template-guide-enfant.php","meta":{"footnotes":""},"solent_domaine":[410,428],"class_list":["post-18340","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18340","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18340"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18340\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18341,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18340\/revisions\/18341"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18287"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"solent_domaine","embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/solent_domaine?post=18340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}