{"id":18352,"date":"2026-04-16T14:36:18","date_gmt":"2026-04-16T13:36:18","guid":{"rendered":"https:\/\/solent-avocats.com\/guides\/procedure-civile\/mise-en-demeure\/"},"modified":"2026-04-16T14:36:20","modified_gmt":"2026-04-16T13:36:20","slug":"formal-notice","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/guides\/procedure-civile\/mise-en-demeure\/","title":{"rendered":"Formal notice"},"content":{"rendered":"<p>La mise en demeure est l&rsquo;outil pr\u00e9-contentieux le plus employ\u00e9 et le plus mal utilis\u00e9 du droit civil fran\u00e7ais. Refondue par l&rsquo;ordonnance n\u00b0 2016-131 du 10 f\u00e9vrier 2016, elle figure aux articles 1344 \u00e0 1345-3 du Code civil et irrigue une grande partie du contentieux contractuel : int\u00e9r\u00eats moratoires, r\u00e9solution, d\u00e9ch\u00e9ance du terme, transfert des risques, point de d\u00e9part des dommages et int\u00e9r\u00eats. Bien r\u00e9dig\u00e9e, elle r\u00e9sout le litige avant qu&rsquo;il n&rsquo;arrive au juge ; mal r\u00e9dig\u00e9e, elle est juridiquement st\u00e9rile et le cr\u00e9ancier n&rsquo;a plus qu&rsquo;\u00e0 recommencer, souvent trop tard.<\/p>\n<p>Ce guide est \u00e9crit pour un lecteur averti \u2014 chef d&rsquo;entreprise, emprunteur, cr\u00e9ancier, confr\u00e8re \u2014 qui veut comprendre comment une mise en demeure fonctionne, ce qu&rsquo;elle permet d&rsquo;obtenir automatiquement, quand elle peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e, comment la notifier efficacement et quelles suites elle appelle. L&rsquo;angle retenu est celui du praticien : on insistera moins sur les d\u00e9finitions canoniques que sur les pi\u00e8ges qui font perdre une affaire \u2014 d\u00e9lai trop court, mentions lacunaires, prescription non interrompue, article 750-1 CPC oubli\u00e9, clause r\u00e9solutoire oubli\u00e9e, d\u00e9ch\u00e9ance du terme sans pr\u00e9avis raisonnable.<\/p>\n<h2 id=\"definition\">D\u00e9finir la mise en demeure<\/h2>\n<p>La mise en demeure est un <strong>acte juridique unilat\u00e9ral<\/strong> par lequel un cr\u00e9ancier somme son d\u00e9biteur d&rsquo;ex\u00e9cuter son obligation. Elle n&rsquo;est pas un acte de proc\u00e9dure au sens des articles 648 et suivants du Code de proc\u00e9dure civile : la 1re chambre civile de la Cour de cassation l&rsquo;a rappel\u00e9 le 20 janvier 2021 (n\u00b0 19-20.680). Elle pr\u00e9c\u00e8de le contentieux \u2014 elle le pr\u00e9pare, elle le rend parfois inutile, elle en conditionne certains effets.<\/p>\n<p>Trois caract\u00e8res structurent son r\u00e9gime. Elle est d&rsquo;abord <em>interpellative<\/em> : elle doit permettre au destinataire \u00ab de prendre connaissance de la nature, de la cause et de l&rsquo;\u00e9tendue de son obligation \u00bb (Cass. 2e civ., 17 mars 2022, n\u00b0 20-18.056). Une lettre vague, qui \u00e9voque un impay\u00e9 sans en pr\u00e9ciser le fondement ni le montant, n&rsquo;est pas une mise en demeure au sens du droit des contrats. Elle est ensuite <em>r\u00e9ceptice<\/em> : elle n&rsquo;existe juridiquement qu&rsquo;\u00e0 partir du moment o\u00f9 elle parvient \u00e0 son destinataire (Cass. 2e civ., 16 nov. 2004, n\u00b0 03-16.270). Elle est enfin <em>comminatoire<\/em> : le fait d&rsquo;annoncer une sanction \u00e0 d\u00e9faut d&rsquo;ex\u00e9cution est ce qui la distingue d&rsquo;une simple relance.<\/p>\n<p>Un point de vocabulaire. La mise en demeure n&rsquo;est ni une <a href=\"\/la-sommation-un-outil-juridique-aux-multiples-facettes\/\">sommation<\/a> (acte d\u00e9livr\u00e9 par un commissaire de justice, aux formes r\u00e9glement\u00e9es), ni un commandement de payer (acte conservatoire pr\u00e9alable \u00e0 une saisie), ni une simple relance commerciale. C&rsquo;est l&rsquo;acte de droit commun par lequel un cr\u00e9ancier prend date pour d\u00e9clencher les sanctions contractuelles et l\u00e9gales. La sommation et le commandement sont des esp\u00e8ces du genre \u00ab mise en demeure \u00bb ; la lettre recommand\u00e9e avec accus\u00e9 de r\u00e9ception en est une autre, tout aussi valable juridiquement.<\/p>\n<h3>Ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas<\/h3>\n<p>La mise en demeure ne cr\u00e9e aucune obligation nouvelle \u2014 elle constate l&rsquo;inex\u00e9cution d&rsquo;une obligation pr\u00e9existante. Elle ne constitue pas une faute du d\u00e9biteur (Cass. 3e civ., 5 juill. 2011, n\u00b0 10-17.351) ni une manifestation de mauvaise foi (Cass. 1re civ., 17 avr. 2019, n\u00b0 18-13.842). Le d\u00e9biteur qui la re\u00e7oit n&rsquo;est pas <em>oblig\u00e9<\/em> de r\u00e9pondre : il peut payer, discuter, contester, ou se taire. Ce qui change, c&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 partir de sa r\u00e9ception les effets juridiques automatiques de l&rsquo;article 1344-1 et suivants du Code civil commencent \u00e0 courir.<\/p>\n<p>Elle n&rsquo;est pas non plus, \u00e0 elle seule, une tentative pr\u00e9alable de r\u00e9solution amiable au sens de l&rsquo;article 750-1 du Code de proc\u00e9dure civile. Un cr\u00e9ancier qui se contenterait d&rsquo;envoyer une mise en demeure avant d&rsquo;assigner pour une cr\u00e9ance inf\u00e9rieure \u00e0 5 000 \u20ac verrait son assignation d\u00e9clar\u00e9e irrecevable d&rsquo;office : l&rsquo;article 750-1, depuis le d\u00e9cret n\u00b0 2023-357 du 11 mai 2023, exige une vraie tentative de conciliation, m\u00e9diation ou proc\u00e9dure participative. On y revient dans la section consacr\u00e9e aux suites proc\u00e9durales.<\/p>\n<h2 id=\"cadre-legal\">Articles 1344 \u00e0 1345-3 du Code civil<\/h2>\n<p>Le si\u00e8ge de la mati\u00e8re est le chapitre IV du titre III du livre III du Code civil, tel que r\u00e9\u00e9crit par l&rsquo;<strong>ordonnance n\u00b0 2016-131 du 10 f\u00e9vrier 2016<\/strong>. Cinq articles gouvernent la mise en demeure du d\u00e9biteur et trois autres, souvent ignor\u00e9s, la mise en demeure du cr\u00e9ancier. L&rsquo;ensemble est entr\u00e9 en vigueur le 1er octobre 2016 et s&rsquo;applique aux contrats conclus depuis cette date ; les contrats ant\u00e9rieurs restent soumis \u00e0 l&rsquo;ancienne num\u00e9rotation (articles 1139 et suivants de l&rsquo;ancien Code civil), mais les r\u00e8gles de fond sont tr\u00e8s largement les m\u00eames.<\/p>\n<aside class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Article 1344 du Code civil<\/div>\n<p>\u00ab Le d\u00e9biteur est mis en demeure de payer soit par une sommation ou un acte portant interpellation suffisante, soit, si le contrat le pr\u00e9voit, par la seule exigibilit\u00e9 de l&rsquo;obligation. \u00bb<\/p>\n<\/aside>\n<p>L&rsquo;article 1344 \u00e9num\u00e8re les trois formes admises : sommation par commissaire de justice, acte portant interpellation suffisante (la lettre recommand\u00e9e avec accus\u00e9 de r\u00e9ception est la modalit\u00e9 la plus fr\u00e9quente, mais la loi ne l&rsquo;impose pas), ou clause contractuelle pr\u00e9voyant qu&rsquo;\u00e0 la seule exigibilit\u00e9 de l&rsquo;obligation le d\u00e9biteur est de plein droit en demeure. Cette troisi\u00e8me voie m\u00e9rite attention : elle permet, par simple stipulation, d&rsquo;\u00e9viter une \u00e9tape. Mais les clauses de dispense sont contr\u00f4l\u00e9es au titre du droit de la consommation \u2014 nous y revenons au chapitre des dispenses.<\/p>\n<p>Les articles <strong>1344-1 et 1344-2<\/strong> d\u00e9crivent les effets automatiques. Le premier fait courir les int\u00e9r\u00eats moratoires au taux l\u00e9gal sur les obligations de somme d&rsquo;argent, sans que le cr\u00e9ancier ait \u00e0 justifier d&rsquo;un pr\u00e9judice. Le second transf\u00e8re au d\u00e9biteur les risques de la chose \u00e0 d\u00e9livrer qu&rsquo;il n&rsquo;a pas encore livr\u00e9e. Ces deux effets sont centraux : ils transforment la mise en demeure d&rsquo;un simple rappel en un acte juridique aux cons\u00e9quences mesurables.<\/p>\n<p>Les articles <strong>1345 \u00e0 1345-3<\/strong> organisent, en miroir, la mise en demeure du cr\u00e9ancier par le d\u00e9biteur. Ce volet est rarement \u00e9tudi\u00e9 et pourtant il est l&rsquo;un des plus utiles en pratique : lorsqu&rsquo;un d\u00e9biteur offre d&rsquo;ex\u00e9cuter et que le cr\u00e9ancier refuse, le d\u00e9biteur peut l&rsquo;interpeller et, apr\u00e8s deux mois, consigner la somme ou s\u00e9questrer la chose, ce qui le lib\u00e8re. Cette section y est consacr\u00e9e plus bas.<\/p>\n<h2 id=\"formes\">Les formes admises : LRAR, commissaire de justice, email<\/h2>\n<p>La loi ne conna\u00eet que trois formes : la sommation, l&rsquo;acte portant interpellation suffisante, et la stipulation contractuelle. En pratique, la question qui se pose presque toujours est la m\u00eame : <em>par quel moyen faire parvenir la mise en demeure<\/em> ? Chaque modalit\u00e9 a ses avantages et ses faiblesses.<\/p>\n<h3>La lettre recommand\u00e9e avec accus\u00e9 de r\u00e9ception<\/h3>\n<p>C&rsquo;est la voie majoritaire. Son int\u00e9r\u00eat principal est probatoire : l&rsquo;accus\u00e9 de r\u00e9ception sign\u00e9 par le destinataire \u00e9tablit la date \u00e0 laquelle l&rsquo;interpellation a \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue, ce qui d\u00e9termine le point de d\u00e9part de tous les effets juridiques. Son co\u00fbt est modique \u2014 quelques euros par envoi \u2014 et elle est accessible \u00e0 tout cr\u00e9ancier sans interm\u00e9diaire. La jurisprudence admet depuis longtemps qu&rsquo;elle constitue un \u00ab acte portant interpellation suffisante \u00bb au sens de l&rsquo;article 1344.<\/p>\n<p>Une pr\u00e9cision qui a son importance. La 1re chambre civile de la Cour de cassation a jug\u00e9, dans un arr\u00eat du 11 janvier 2023 (n\u00b0 21-23.957), que le <em>d\u00e9faut de r\u00e9ception effective<\/em> de la LRAR par le destinataire n&rsquo;affecte pas la validit\u00e9 de la mise en demeure : d\u00e8s lors que le pli a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, la date qui compte est celle de la pr\u00e9sentation, non celle de la remise. Un d\u00e9biteur de mauvaise foi qui \u00e9viterait de retirer son courrier recommand\u00e9 n&rsquo;\u00e9chappe donc pas aux effets de la mise en demeure.<\/p>\n<h3>La sommation par commissaire de justice<\/h3>\n<p>Depuis l&rsquo;<strong>ordonnance n\u00b0 2016-728 du 2 juin 2016<\/strong> et sa pleine entr\u00e9e en vigueur au 1er juillet 2022, la profession d&rsquo;huissier de justice a fusionn\u00e9 avec celle de commissaire-priseur judiciaire pour devenir le <em>commissaire de justice<\/em>. Le terme \u00ab huissier \u00bb n&rsquo;a plus cours dans les \u00e9crits juridiques contemporains, m\u00eame s&rsquo;il reste ancr\u00e9 dans le langage courant. Tout acte pris par un commissaire de justice \u2014 sommation, constat, signification \u2014 est pr\u00e9sum\u00e9 authentique et fait foi jusqu&rsquo;\u00e0 inscription de faux.<\/p>\n<p>La sommation par commissaire de justice est plus co\u00fbteuse (comptez environ 100 \u00e0 200 \u20ac pour une sommation simple) mais elle a deux avantages d\u00e9cisifs. D&rsquo;abord, la force probante de l&rsquo;acte : le commissaire de justice constate personnellement la remise et son proc\u00e8s-verbal fait foi. Ensuite, l&rsquo;effet psychologique : un cr\u00e9ancier qui prend la peine de mandater un officier public manifeste une d\u00e9termination dont la LRAR est d\u00e9pourvue. En mati\u00e8re commerciale, lorsque le litige touche des sommes importantes ou que le d\u00e9biteur multiplie les tergiversations, la sommation est la voie \u00e0 privil\u00e9gier.<\/p>\n<h3>Le courrier \u00e9lectronique<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 1344 n&rsquo;exige pas un support papier. La mise en demeure par email est admise d\u00e8s lors que l&rsquo;acte est identifiable (exp\u00e9diteur connu, contenu clair), dat\u00e9 et que sa r\u00e9ception peut \u00eatre \u00e9tablie. La jurisprudence valide progressivement cette forme : elle est pratique, rapide, gratuite, mais elle fait peser sur le cr\u00e9ancier la charge de la preuve de la r\u00e9ception. Un accus\u00e9 de lecture manuel du destinataire, ou un m\u00e9canisme d&rsquo;accus\u00e9 de r\u00e9ception automatique, ou encore un envoi par service recommand\u00e9 \u00e9lectronique conforme \u00e0 l&rsquo;article L. 100 du Code des postes et des communications \u00e9lectroniques, suffisent \u00e0 \u00e9tablir la r\u00e9ception.<\/p>\n<p>En pratique, l&#8217;email est recommand\u00e9 pour les premi\u00e8res relances, les interpellations B2B entre partenaires habituels, ou lorsque le d\u00e9lai est serr\u00e9. Il est d\u00e9conseill\u00e9 dans les contentieux \u00e0 fort enjeu, o\u00f9 le cr\u00e9ancier aura toujours int\u00e9r\u00eat \u00e0 doubler l&#8217;email d&rsquo;une LRAR ou d&rsquo;une sommation. Le post <a href=\"\/comment-rediger-et-notifier-efficacement-une-mise-en-demeure\/\">R\u00e9diger et notifier une mise en demeure<\/a> approfondit la question de la preuve \u00e9lectronique et du SMS circonstanci\u00e9, \u00e9galement admis par la jurisprudence r\u00e9cente.<\/p>\n<h2 id=\"mentions\">R\u00e9diger une mise en demeure : les mentions obligatoires<\/h2>\n<p>Une mise en demeure mal r\u00e9dig\u00e9e ne produit aucun effet juridique. La Cour de cassation l&rsquo;a dit clairement le 17 mars 2022 (n\u00b0 20-18.056) : l&rsquo;acte doit permettre au destinataire de <em>conna\u00eetre la nature, la cause et l&rsquo;\u00e9tendue<\/em> de son obligation. Tout ce qui ne concourt pas \u00e0 ce triple objectif est facultatif ; tout ce qui permet de l&rsquo;atteindre est obligatoire. Une liste canonique \u00e9merge de la pratique et de la jurisprudence.<\/p>\n<p>Les mentions obligatoires, d&rsquo;abord. L&rsquo;acte doit identifier <strong>compl\u00e8tement l&rsquo;exp\u00e9diteur et le destinataire<\/strong> \u2014 raison sociale, adresse, qualit\u00e9 (cr\u00e9ancier, mandataire, avocat). Il doit \u00eatre <strong>dat\u00e9<\/strong> \u2014 cette date commande le point de d\u00e9part des effets juridiques et la preuve de l&rsquo;ant\u00e9riorit\u00e9 en cas de contestation. Il doit indiquer le <strong>fondement exact de la cr\u00e9ance<\/strong> : num\u00e9ro de contrat, de facture, date de livraison, clause contractuelle viol\u00e9e. Il doit pr\u00e9ciser le <strong>montant exact d\u00fb en principal et accessoires<\/strong>, ou la prestation attendue (livraison, travaux, restitution). Il doit fixer un <strong>d\u00e9lai d&rsquo;ex\u00e9cution raisonnable<\/strong>. Et, si le cr\u00e9ancier entend faire jouer une clause r\u00e9solutoire, il doit <strong>mentionner express\u00e9ment cette clause<\/strong> \u00e0 peine d&rsquo;inefficacit\u00e9 de la r\u00e9solution (article 1225 alin\u00e9a 2 du Code civil).<\/p>\n<p>Les mentions recommand\u00e9es, ensuite, ne sont pas obligatoires mais leur absence fragilise l&rsquo;acte. La mention explicite \u00ab mise en demeure \u00bb rend la volont\u00e9 du cr\u00e9ancier non \u00e9quivoque. L&rsquo;annonce des sanctions encourues en cas d&rsquo;inex\u00e9cution \u2014 int\u00e9r\u00eats moratoires, dommages et int\u00e9r\u00eats, r\u00e9solution, assignation, d\u00e9ch\u00e9ance du terme \u2014 renforce l&rsquo;effet comminatoire. La signature, enfin, s\u00e9curise l&rsquo;acte face \u00e0 toute contestation ult\u00e9rieure.<\/p>\n<h3>Le cas particulier de la clause r\u00e9solutoire<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 1225 du Code civil pose une r\u00e8gle \u00e0 conna\u00eetre par c\u0153ur : la clause r\u00e9solutoire ne produit effet que si la mise en demeure pr\u00e9alable <em>mentionne express\u00e9ment<\/em> cette clause. Un cr\u00e9ancier qui, dans sa mise en demeure, invoquerait une \u00ab r\u00e9solution de plein droit \u00bb sans rappeler le texte de la clause contractuelle s&rsquo;exposerait \u00e0 voir sa r\u00e9solution judiciairement invalid\u00e9e. La mention doit \u00eatre litt\u00e9rale : indication de l&rsquo;article du contrat, reproduction de la clause, rappel de la sanction attach\u00e9e \u00e0 l&rsquo;inex\u00e9cution.<\/p>\n<p>Une nuance importante : la r\u00e8gle ne vaut que pour les r\u00e9solutions de plein droit jouant par clause. Pour la <em>r\u00e9solution unilat\u00e9rale aux risques et p\u00e9rils<\/em> organis\u00e9e par l&rsquo;article 1226 du Code civil \u2014 celle que le cr\u00e9ancier prononce en dehors de toute clause, en cas d&rsquo;inex\u00e9cution suffisamment grave \u2014 la mise en demeure pr\u00e9alable doit en revanche mentionner \u00ab express\u00e9ment qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9faut pour le d\u00e9biteur de satisfaire \u00e0 son obligation, le cr\u00e9ancier sera en droit de r\u00e9soudre le contrat \u00bb. Cette r\u00e9daction est essentielle : sans elle, la r\u00e9solution est inopposable au d\u00e9biteur.<\/p>\n<h2 id=\"delai\">Quel d\u00e9lai raisonnable accorder<\/h2>\n<p>L&rsquo;article 1231 du Code civil exige un d\u00e9lai raisonnable. Ce d\u00e9lai n&rsquo;est pas chiffr\u00e9 par la loi : il est appr\u00e9ci\u00e9 <em>in concreto<\/em> par le juge selon la nature de l&rsquo;obligation, l&rsquo;urgence de la situation, la pratique professionnelle, la complexit\u00e9 de l&rsquo;ex\u00e9cution. Trois rep\u00e8res chiffr\u00e9s \u00e9mergent de la pratique.<\/p>\n<p>Huit jours sont l&rsquo;usage pour les cr\u00e9ances commerciales B2B o\u00f9 le rapport de force est \u00e9quilibr\u00e9 et la pratique professionnelle bien \u00e9tablie. Quinze jours constituent le standard d\u00e9fensif \u2014 un d\u00e9lai qu&rsquo;aucune juridiction ne consid\u00e9rera comme excessivement court sauf circonstance particuli\u00e8re. Trente jours sont prudents en mati\u00e8re de consommation ou de cr\u00e9dit, o\u00f9 la jurisprudence europ\u00e9enne et interne a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement exigeante. Au-del\u00e0 d&rsquo;un mois, la mise en demeure risque de perdre son caract\u00e8re comminatoire ; en de\u00e7\u00e0 de huit jours, elle risque d&rsquo;\u00eatre disqualifi\u00e9e par le juge comme insuffisamment raisonnable.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de <strong>cr\u00e9dit immobilier<\/strong>, la question a \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement tranch\u00e9e par la Cour de cassation. Dans un arr\u00eat du 22 mars 2023 (n\u00b0 21-16.044) et un autre du 29 mai 2024 (n\u00b0 23-12.904), la 1re chambre civile a jug\u00e9 <em>abusive<\/em> la clause d&rsquo;un pr\u00eat immobilier qui pr\u00e9voyait une r\u00e9siliation de plein droit apr\u00e8s une simple mise en demeure de r\u00e9gler les \u00e9ch\u00e9ances impay\u00e9es, sans pr\u00e9avis d&rsquo;une dur\u00e9e raisonnable. La Cour de justice de l&rsquo;Union europ\u00e9enne avait ouvert la voie d\u00e8s le 26 janvier 2017 (Banco Primus, C-421\/14) en interpr\u00e9tant la directive 93\/13\/CEE sur les clauses abusives. La le\u00e7on est nette : un d\u00e9lai trop court vicie l&rsquo;acte et rend la sanction inopposable. Le banquier qui entend prononcer la d\u00e9ch\u00e9ance du terme doit accorder un pr\u00e9avis raisonnable \u2014 une semaine n&rsquo;en est pas un.<\/p>\n<aside class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">D\u00e9lais usuels de mise en demeure<\/div>\n<ul>\n<li><strong>8 jours<\/strong> \u2014 cr\u00e9ances commerciales B2B, urgence, relations professionnelles<\/li>\n<li><strong>15 jours<\/strong> \u2014 standard d\u00e9fensif, usage de la pratique juridique<\/li>\n<li><strong>30 jours<\/strong> \u2014 consommation, cr\u00e9dit, situations protectrices<\/li>\n<li><strong>1 mois minimum<\/strong> \u2014 commandement de payer en bail commercial (article L. 145-41 du Code de commerce, d&rsquo;ordre public)<\/li>\n<\/ul>\n<\/aside>\n<h2 id=\"effets\">Les effets juridiques automatiques<\/h2>\n<p>D\u00e8s qu&rsquo;elle parvient au destinataire, la mise en demeure d\u00e9clenche m\u00e9caniquement plusieurs effets. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait sa valeur : le cr\u00e9ancier obtient ces effets sans saisir le juge, sans d\u00e9montrer de pr\u00e9judice, sans n\u00e9gocier.<\/p>\n<h3>Int\u00e9r\u00eats moratoires au taux l\u00e9gal<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 1344-1 du Code civil pr\u00e9voit que <em>\u00ab la mise en demeure de payer une obligation de somme d&rsquo;argent fait courir l&rsquo;int\u00e9r\u00eat moratoire, au taux l\u00e9gal, sans que le cr\u00e9ancier soit tenu de justifier d&rsquo;un pr\u00e9judice \u00bb<\/em>. Cet effet est limit\u00e9 aux obligations p\u00e9cuniaires : il ne joue pas pour les obligations de faire, de ne pas faire ou de d\u00e9livrer une chose. Le taux l\u00e9gal est fix\u00e9 semestriellement par arr\u00eat\u00e9 et publi\u00e9 par la Banque de France. Il est distinct selon que la cr\u00e9ance est due par un particulier ou par un professionnel \u2014 le premier taux \u00e9tant notablement plus \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re commerciale B2B, ces int\u00e9r\u00eats s&rsquo;articulent avec les p\u00e9nalit\u00e9s de retard de l&rsquo;article L. 441-10 du Code de commerce. La chambre commerciale a pr\u00e9cis\u00e9 le 24 avril 2024 (n\u00b0 22-24.275) que la p\u00e9nalit\u00e9 L. 441-10 II constitue elle-m\u00eame un int\u00e9r\u00eat moratoire qui ne se cumule pas avec les int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux des articles 1153 et 1231-6 du Code civil. Concr\u00e8tement, le cr\u00e9ancier professionnel doit choisir son fondement \u2014 il ne peut pas empiler les deux.<\/p>\n<h3>Transfert des risques<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 1344-2 place les risques de la chose \u00e0 la charge du d\u00e9biteur \u00e0 compter de la mise en demeure. La r\u00e8gle est technique mais importante : si un vendeur, mis en demeure de livrer un bien qu&rsquo;il devait livrer, voit ce bien d\u00e9truit par un cas de force majeure entre la mise en demeure et la livraison effective, il ne peut plus s&rsquo;abriter derri\u00e8re la force majeure. Il doit ou bien restituer le prix, ou bien payer des dommages et int\u00e9r\u00eats \u00e9quivalents. Avant la mise en demeure, les risques p\u00e8sent sur le cr\u00e9ancier ; apr\u00e8s, sur le d\u00e9biteur. Le m\u00e9canisme incite le d\u00e9biteur \u00e0 ex\u00e9cuter promptement.<\/p>\n<h3>Point de d\u00e9part des dommages et int\u00e9r\u00eats<\/h3>\n<p>Les articles 1231 et 1231-6 rappellent que les dommages et int\u00e9r\u00eats ne sont dus qu&rsquo;apr\u00e8s mise en demeure, sauf inex\u00e9cution d\u00e9finitive. Pour les obligations de somme d&rsquo;argent, ce sont les int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal qui courent (1231-6). Pour les autres obligations, ce sont les dommages et int\u00e9r\u00eats compensatoires pr\u00e9vus par les articles 1217 et suivants. Dans les deux cas, la mise en demeure est le point de d\u00e9part chronologique \u2014 sans elle, le cr\u00e9ancier ne peut pas pr\u00e9tendre \u00eatre indemnis\u00e9 du retard.<\/p>\n<h3>D\u00e9ch\u00e9ance du terme<\/h3>\n<p>Lorsqu&rsquo;un contrat stipule une clause de d\u00e9ch\u00e9ance du terme \u2014 typique des pr\u00eats bancaires \u2014 la mise en demeure en est souvent la g\u00e2chette. La 1re chambre civile l&rsquo;a pr\u00e9cis\u00e9 de mani\u00e8re importante le 10 novembre 2021 (n\u00b0 19-24.386) : lorsque la mise en demeure a indiqu\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9faut de r\u00e9gularisation dans un d\u00e9lai donn\u00e9 la d\u00e9ch\u00e9ance du terme serait prononc\u00e9e, et qu&rsquo;elle est rest\u00e9e sans effet, la d\u00e9ch\u00e9ance est <em>acquise<\/em> \u00e0 l&rsquo;expiration du d\u00e9lai sans que le cr\u00e9ancier n&rsquo;ait \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 une notification suppl\u00e9mentaire. C&rsquo;est une \u00e9conomie proc\u00e9durale importante : une seule mise en demeure bien r\u00e9dig\u00e9e d\u00e9clenche, m\u00e9caniquement, la d\u00e9ch\u00e9ance du terme. Notre guide <a href=\"\/guides\/droit-du-credit\/decheance-du-terme\/\">d\u00e9ch\u00e9ance du terme<\/a> d\u00e9veloppe les conditions de validit\u00e9 de cette clause et les jurisprudences r\u00e9centes sur les clauses abusives.<\/p>\n<h3>La question de la prescription<\/h3>\n<p>Contrairement \u00e0 une id\u00e9e re\u00e7ue, la mise en demeure n&rsquo;interrompt pas en principe la prescription. Ce sont la reconnaissance par le d\u00e9biteur (article 2240 du Code civil) et la demande en justice (article 2241) qui produisent l&rsquo;effet interruptif. Un cr\u00e9ancier qui se contenterait de mises en demeure successives et laisserait filer la prescription perdrait son droit. Il existe cependant des exceptions ponctuelles issues de textes sp\u00e9ciaux \u2014 notamment l&rsquo;article L. 133-4-6 du Code de la s\u00e9curit\u00e9 sociale, qui fait produire \u00e0 la LRAR de mise en demeure de l&rsquo;URSSAF un effet interruptif, valid\u00e9 par la 2e chambre civile le 28 septembre 2023 (n\u00b0 21-22.501). Hors ces cas particuliers, il est prudent de consid\u00e9rer que la mise en demeure n&rsquo;a aucun effet sur le cours de la prescription.<\/p>\n<aside class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Les cinq effets automatiques de la mise en demeure<\/div>\n<ol>\n<li>D\u00e9part des <strong>int\u00e9r\u00eats moratoires<\/strong> au taux l\u00e9gal (art. 1344-1, sommes d&rsquo;argent uniquement)<\/li>\n<li><strong>Transfert des risques<\/strong> de la chose \u00e0 d\u00e9livrer (art. 1344-2)<\/li>\n<li>Point de d\u00e9part des <strong>dommages et int\u00e9r\u00eats<\/strong> de retard (art. 1231, 1231-6)<\/li>\n<li>D\u00e9clenchement de la <strong>d\u00e9ch\u00e9ance du terme<\/strong> si le contrat le pr\u00e9voit (Cass. 1re civ., 10 nov. 2021, n\u00b0 19-24.386)<\/li>\n<li>Ouverture du droit \u00e0 <strong>r\u00e9solution du contrat<\/strong> (art. 1224, 1225, 1226)<\/li>\n<\/ol>\n<\/aside>\n<h2 id=\"dispenses\">Quand la mise en demeure n&rsquo;est pas requise<\/h2>\n<p>Le principe est que la mise en demeure est n\u00e9cessaire pour obtenir l&rsquo;ex\u00e9cution et pour d\u00e9clencher les sanctions contractuelles. Le droit positif conna\u00eet toutefois plusieurs cas o\u00f9 elle n&rsquo;est pas requise. Leur connaissance \u00e9vite des proc\u00e9dures inutiles et, dans certains contentieux commerciaux, elle fait gagner du temps d\u00e9cisif.<\/p>\n<h3>L&rsquo;inex\u00e9cution d\u00e9finitive<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 1231 du Code civil dispense de mise en demeure lorsque l&rsquo;inex\u00e9cution est <em>d\u00e9finitive<\/em>. Ce cas vise les situations o\u00f9 la mise en demeure n&rsquo;aurait plus aucun sens : le vendeur qui avait promis de livrer un objet avant la c\u00e9r\u00e9monie de mariage, pass\u00e9 cette date ; l&rsquo;artisan qui devait poser un plancher avant l&#8217;emm\u00e9nagement ; le transporteur qui devait arriver \u00e0 une date pr\u00e9cise. D\u00e8s que l&rsquo;inex\u00e9cution est irr\u00e9versible, l&rsquo;article 1231 consid\u00e8re que sommer le d\u00e9biteur d&rsquo;ex\u00e9cuter n&rsquo;aurait plus d&rsquo;effet utile. Le cr\u00e9ancier passe directement \u00e0 l&rsquo;action en dommages et int\u00e9r\u00eats, sans \u00e9tape pr\u00e9alable.<\/p>\n<h3>L&rsquo;urgence<\/h3>\n<p>L&rsquo;article 1226 in fine autorise la r\u00e9solution unilat\u00e9rale sans mise en demeure pr\u00e9alable \u00ab en cas d&rsquo;urgence \u00bb. La notion est appr\u00e9ci\u00e9e strictement : elle suppose un p\u00e9ril imminent et une impossibilit\u00e9 mat\u00e9rielle d&rsquo;attendre l&rsquo;\u00e9coulement d&rsquo;un d\u00e9lai. Les juges du fond l&rsquo;admettent avec parcimonie, essentiellement en mati\u00e8re de constructions (danger pour les ouvriers, risque d&rsquo;effondrement) ou de contrats \u00e0 ex\u00e9cution instantan\u00e9e o\u00f9 toute tergiversation rendrait l&rsquo;ex\u00e9cution irr\u00e9alisable.<\/p>\n<h3>La mise en demeure vaine<\/h3>\n<p>C&rsquo;est la dispense la plus r\u00e9cente et la plus utile. La chambre commerciale de la Cour de cassation, en formation de section, a consacr\u00e9 le 18 octobre 2023 (n\u00b0 20-21.579, publi\u00e9 au Bulletin et au Rapport) une jurisprudence majeure : <em>\u00ab Une telle mise en demeure n&rsquo;a pas \u00e0 \u00eatre d\u00e9livr\u00e9e, lorsqu&rsquo;il r\u00e9sulte des circonstances qu&rsquo;elle est vaine. Ainsi une cour d&rsquo;appel, dont l&rsquo;arr\u00eat fait ressortir que le comportement de l&rsquo;une des parties \u00e9tait d&rsquo;une gravit\u00e9 telle qu&rsquo;il avait rendu mat\u00e9riellement impossible la poursuite des relations contractuelles, n&rsquo;\u00e9tait pas tenue de rechercher si une mise en demeure avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e. \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision est un tournant. Jusqu&rsquo;alors, la doctrine s&rsquo;\u00e9charpait sur la port\u00e9e exacte de l&rsquo;article 1226 : un cr\u00e9ancier confront\u00e9 \u00e0 un comportement gravement fautif devait-il malgr\u00e9 tout adresser une mise en demeure pour la forme, ou pouvait-il s&rsquo;en dispenser ? La chambre commerciale tranche dans le sens du pragmatisme : lorsque la mise en demeure ne peut rien changer \u00e0 la situation, elle n&rsquo;est pas requise. L&rsquo;application pratique concerne les ruptures brutales de relations commerciales, les trahisons du secret des affaires, les manquements graves et r\u00e9p\u00e9t\u00e9s \u00e0 un devoir de loyaut\u00e9, et plus g\u00e9n\u00e9ralement toutes les situations o\u00f9 le comportement du cocontractant rend mat\u00e9riellement impossible la poursuite du contrat.<\/p>\n<h3>La clause contractuelle de dispense<\/h3>\n<p>Les parties peuvent pr\u00e9voir, dans leur contrat, qu&rsquo;\u00e0 la seule survenance d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement la mise en demeure ne sera pas requise. L&rsquo;article 1344 in fine reconna\u00eet cette facult\u00e9 : \u00ab si le contrat le pr\u00e9voit, par la seule exigibilit\u00e9 de l&rsquo;obligation \u00bb. Cette dispense conventionnelle est en principe licite entre professionnels, mais elle tombe sous le contr\u00f4le du droit de la consommation lorsqu&rsquo;elle concerne un consommateur. La Cour de cassation a saisi la CJUE de cette question le 16 juin 2021 (1re civ., n\u00b0 20-12.154) et la ligne jurisprudentielle qui s&rsquo;en est d\u00e9gag\u00e9e impose aux juges de v\u00e9rifier le caract\u00e8re non abusif de la clause. En pratique, une clause de dispense applicable \u00e0 un consommateur sera presque toujours requalifi\u00e9e d&rsquo;abusive et \u00e9cart\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"modele\">Mod\u00e8le comment\u00e9 de lettre de mise en demeure de payer<\/h2>\n<p>Aucun mod\u00e8le ne dispense de la r\u00e9flexion sur le contenu. Celui qui suit est une ossature, \u00e0 adapter au cas concret. Il comporte les mentions obligatoires et les mentions recommand\u00e9es dans un ordre qui facilite la lecture.<\/p>\n<div class=\"encadre\">\n<div class=\"encadre-title\">Mod\u00e8le \u2014 Mise en demeure de payer (LRAR)<\/div>\n<p style=\"font-style:italic;\">[Vos coordonn\u00e9es compl\u00e8tes]<br \/>\n[Coordonn\u00e9es du destinataire]<br \/>\n[Lieu, date]<\/p>\n<p><strong>LETTRE RECOMMAND\u00c9E AVEC ACCUS\u00c9 DE R\u00c9CEPTION<\/strong><br \/>\n<strong>Objet : Mise en demeure de payer<\/strong><\/p>\n<p>Madame, Monsieur,<\/p>\n<p>En ex\u00e9cution du [contrat \/ bon de commande \/ facture] n\u00b0 [r\u00e9f\u00e9rence] en date du [date], vous me devez la somme de [montant en chiffres et en lettres] euros, correspondant \u00e0 [objet de la cr\u00e9ance, prestation rendue, livraison effectu\u00e9e, etc.].<\/p>\n<p>Cette somme \u00e9tait exigible le [date d&rsquo;exigibilit\u00e9]. Malgr\u00e9 [nos relances du \u2026 \/ mes tentatives amiables], elle n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e \u00e0 ce jour.<\/p>\n<p>Par la pr\u00e9sente, je vous <strong>mets en demeure<\/strong>, en application des articles 1344 et suivants du Code civil, de me r\u00e9gler l&rsquo;int\u00e9gralit\u00e9 de cette somme dans un d\u00e9lai de <strong>quinze jours<\/strong> \u00e0 compter de la r\u00e9ception du pr\u00e9sent courrier.<\/p>\n<p>Je vous rappelle qu&rsquo;\u00e0 d\u00e9faut de paiement dans ce d\u00e9lai :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"font-style:italic;\">des int\u00e9r\u00eats au taux l\u00e9gal courront sur cette somme \u00e0 compter de la pr\u00e9sente mise en demeure, en application de l&rsquo;article 1344-1 du Code civil ;<\/li>\n<li style=\"font-style:italic;\">je me r\u00e9serve le droit de saisir la juridiction comp\u00e9tente aux fins de recouvrement, d&rsquo;obtenir votre condamnation au paiement principal et des dommages et int\u00e9r\u00eats, et de vous faire supporter les d\u00e9pens et les frais irr\u00e9p\u00e9tibles de l&rsquo;article 700 du Code de proc\u00e9dure civile ;<\/li>\n<li style=\"font-style:italic;\">[le cas \u00e9ch\u00e9ant : la clause r\u00e9solutoire pr\u00e9vue \u00e0 l&rsquo;article X du contrat sera acquise de plein droit et entra\u00eenera la r\u00e9solution automatique de notre convention.]<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"font-style:italic;\">Je reste \u00e0 votre disposition pour tout arrangement amiable avant cette \u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n<p>Je vous prie d&rsquo;agr\u00e9er, Madame, Monsieur, l&rsquo;expression de mes salutations distingu\u00e9es.<\/p>\n<p>[Signature]<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>Trois commentaires sur ce mod\u00e8le. Premier point, la <strong>qualification expresse<\/strong> \u00ab mise en demeure \u00bb doit appara\u00eetre au moins une fois \u2014 c&rsquo;est la manifestation non \u00e9quivoque de la volont\u00e9 du cr\u00e9ancier. Deuxi\u00e8me point, la <strong>r\u00e9f\u00e9rence au texte l\u00e9gal<\/strong> (articles 1344 et suivants du Code civil) rend la d\u00e9marche juridiquement incontestable et rappelle au destinataire qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une simple relance. Troisi\u00e8me point, l&rsquo;<strong>\u00e9num\u00e9ration des sanctions encourues<\/strong> doit \u00eatre concr\u00e8te : c&rsquo;est elle qui donne \u00e0 l&rsquo;acte sa force comminatoire. Un mod\u00e8le qui se contenterait d&rsquo;une formule vague (\u00ab \u00e0 d\u00e9faut de paiement, nous nous r\u00e9servons tout droit \u00bb) perdrait beaucoup de son efficacit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour les obligations autres qu&rsquo;une cr\u00e9ance de somme d&rsquo;argent \u2014 livrer un bien, terminer des travaux, restituer un d\u00e9p\u00f4t \u2014, la trame reste identique : identification, fondement, objet, d\u00e9lai, sanctions, invitation \u00e0 l&rsquo;amiable. Seuls changent les fondements juridiques invoqu\u00e9s (articles 1217, 1221, 1223, 1224 du Code civil pour l&rsquo;ex\u00e9cution forc\u00e9e et la r\u00e9solution) et les sanctions annonc\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"apres\">Apr\u00e8s la mise en demeure : contester, saisir le juge<\/h2>\n<p>Trois sc\u00e9narios se pr\u00e9sentent apr\u00e8s une mise en demeure. Le premier, le plus fr\u00e9quent quand elle est bien r\u00e9dig\u00e9e, est le paiement ou l&rsquo;ex\u00e9cution. Le deuxi\u00e8me est le silence du destinataire, qui ouvre au cr\u00e9ancier les voies proc\u00e9durales. Le troisi\u00e8me est la contestation, par laquelle le destinataire ne paie pas mais r\u00e9pond sur le fond ou sur la forme.<\/p>\n<h3>Contester une mise en demeure re\u00e7ue<\/h3>\n<p>Deux axes de contestation s&rsquo;offrent au destinataire. Sur le <strong>fond<\/strong>, il peut soulever la prescription de la cr\u00e9ance (quinquennale de droit commun, biennale en mati\u00e8re de consommation), son inexigibilit\u00e9 (terme non \u00e9chu, condition non remplie), son extinction (paiement d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9, compensation, novation), son absence de cause (la cr\u00e9ance n&rsquo;existe pas ou est contest\u00e9e dans son principe), ou la faute du cr\u00e9ancier lui-m\u00eame justifiant une exception d&rsquo;inex\u00e9cution (article 1219 du Code civil). Sur la <strong>forme<\/strong>, il peut invoquer l&rsquo;absence ou l&rsquo;insuffisance des mentions obligatoires, un d\u00e9lai trop court, l&rsquo;incomp\u00e9tence du r\u00e9dacteur (soci\u00e9t\u00e9 de recouvrement agissant hors mandat, par exemple, en violation des articles R. 124-1 et suivants du Code de la consommation).<\/p>\n<p>La contestation doit \u00eatre formalis\u00e9e par un \u00e9crit adress\u00e9 au cr\u00e9ancier dans le d\u00e9lai de la mise en demeure elle-m\u00eame, ou avant toute action en justice. Elle permet souvent de d\u00e9samorcer le contentieux : un cr\u00e9ancier prudent, confront\u00e9 \u00e0 une contestation argument\u00e9e, pr\u00e9f\u00e8re n\u00e9gocier plut\u00f4t que courir le risque d&rsquo;un rejet judiciaire.<\/p>\n<h3>Les suites proc\u00e9durales ouvertes au cr\u00e9ancier<\/h3>\n<p>Lorsque la mise en demeure reste infructueuse et que la contestation est absente ou non fond\u00e9e, quatre voies proc\u00e9durales s&rsquo;offrent au cr\u00e9ancier, selon la nature et le montant de la cr\u00e9ance.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>injonction de payer<\/strong>, organis\u00e9e par les articles 1405 et suivants du Code de proc\u00e9dure civile, est la voie la plus rapide pour les cr\u00e9ances contractuelles, statutaires ou fond\u00e9es sur un effet de commerce, d\u00e8s lors qu&rsquo;elles sont certaines, liquides et exigibles. Le cr\u00e9ancier saisit sur requ\u00eate le pr\u00e9sident du tribunal (judiciaire ou de commerce selon la nature du litige), qui peut rendre une ordonnance portant injonction de payer sans d\u00e9bat contradictoire. Le d\u00e9biteur dispose alors d&rsquo;un d\u00e9lai pour former opposition ; \u00e0 d\u00e9faut, l&rsquo;ordonnance est rev\u00eatue de la formule ex\u00e9cutoire.<\/p>\n<p>Le <strong>r\u00e9f\u00e9r\u00e9-provision<\/strong>, pr\u00e9vu \u00e0 l&rsquo;article 835 du Code de proc\u00e9dure civile, permet d&rsquo;obtenir rapidement une provision lorsque l&rsquo;obligation n&rsquo;est pas s\u00e9rieusement contestable. Il est particuli\u00e8rement utile pour les cr\u00e9ances commerciales dont le d\u00e9biteur oppose une contestation dilatoire : le juge des r\u00e9f\u00e9r\u00e9s peut condamner \u00e0 une provision correspondant \u00e0 tout ou partie de la somme due, ex\u00e9cutoire par provision, quitte \u00e0 ce que le fond soit tranch\u00e9 plus tard.<\/p>\n<p>L&rsquo;<strong>assignation au fond<\/strong> reste la voie classique pour tout litige qui exc\u00e8de la cr\u00e9ance liquide ou qui soul\u00e8ve une question juridique s\u00e9rieuse. Elle est plus lente mais permet un d\u00e9bat complet sur tous les aspects du litige. Le cr\u00e9ancier qui entend obtenir, en plus du principal, des dommages et int\u00e9r\u00eats, des int\u00e9r\u00eats compensatoires, l&rsquo;ex\u00e9cution forc\u00e9e en nature ou la r\u00e9solution d&rsquo;un contrat, assigne au fond.<\/p>\n<p>Quatri\u00e8me voie, souvent oubli\u00e9e : les <strong>modes amiables<\/strong>. Depuis le d\u00e9cret n\u00b0 2023-357 du 11 mai 2023, l&rsquo;article 750-1 du Code de proc\u00e9dure civile impose une tentative pr\u00e9alable de r\u00e9solution amiable (conciliation, m\u00e9diation ou proc\u00e9dure participative) pour les demandes portant sur une somme inf\u00e9rieure \u00e0 5 000 \u20ac, les actions en bornage et les conflits de voisinage \u2014 \u00e0 peine d&rsquo;irrecevabilit\u00e9 soulevable d&rsquo;office. Un cr\u00e9ancier qui ignore cette \u00e9tape verra son assignation rejet\u00e9e sans examen du fond. La mise en demeure, \u00e0 elle seule, n&rsquo;est pas une tentative amiable au sens de l&rsquo;article 750-1 ; elle doit \u00eatre doubl\u00e9e d&rsquo;une d\u00e9marche formalis\u00e9e devant un conciliateur de justice, un m\u00e9diateur ou un avocat engag\u00e9 dans une proc\u00e9dure participative.<\/p>\n<h3>La mise en demeure du cr\u00e9ancier (article 1345)<\/h3>\n<p>Un volet souvent ignor\u00e9 m\u00e9rite un d\u00e9veloppement. L&rsquo;article 1345 du Code civil organise le cas inverse : le d\u00e9biteur qui se heurte au refus du cr\u00e9ancier de recevoir l&rsquo;ex\u00e9cution. Cette situation se rencontre plus fr\u00e9quemment qu&rsquo;on ne le croit \u2014 un cr\u00e9ancier qui conteste la nature d&rsquo;une livraison, un bailleur qui refuse un paiement partiel, un acqu\u00e9reur qui bloque la r\u00e9ception d&rsquo;un bien pour des motifs dilatoires.<\/p>\n<p>Le d\u00e9biteur qui se trouve dans cette position peut adresser au cr\u00e9ancier une mise en demeure <em>d&rsquo;accepter ou de permettre l&rsquo;ex\u00e9cution<\/em>. Cette mise en demeure a deux effets imm\u00e9diats : elle arr\u00eate le cours des int\u00e9r\u00eats dus par le d\u00e9biteur, et elle transf\u00e8re les risques de la chose au cr\u00e9ancier. Si l&rsquo;obstacle ne prend pas fin dans les deux mois, le d\u00e9biteur peut consigner la somme entre les mains d&rsquo;un notaire ou la somme \u00e0 la Caisse des d\u00e9p\u00f4ts (article 1345-1), ou s\u00e9questrer la chose (article 1345-2). D\u00e8s la notification de la consignation ou du s\u00e9questre, il est <em>lib\u00e9r\u00e9<\/em> de son obligation. Les frais sont \u00e0 la charge du cr\u00e9ancier (article 1345-3).<\/p>\n<p>Ce m\u00e9canisme est un outil pr\u00e9cieux pour le d\u00e9biteur de bonne foi bloqu\u00e9 par un cr\u00e9ancier hostile. Il le sort de la situation impossible o\u00f9, ne pouvant payer, il verrait la dette s&rsquo;alourdir. En pratique, il est trop peu utilis\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"cas-particuliers\">Cas particuliers<\/h2>\n<h3>Le bail commercial et le commandement de payer<\/h3>\n<p>En mati\u00e8re de bail commercial, la mise en demeure prend une forme particuli\u00e8re : le <em>commandement de payer<\/em>, r\u00e9gi par l&rsquo;article L. 145-41 du Code de commerce. Ce texte est d&rsquo;ordre public : il impose un d\u00e9lai d&rsquo;<strong>un mois<\/strong> au locataire pour s&rsquo;ex\u00e9cuter, aucune clause du bail ne pouvant y d\u00e9roger \u00e0 la baisse. Toute clause r\u00e9solutoire qui pr\u00e9voirait un d\u00e9lai inf\u00e9rieur \u00e0 un mois est <em>r\u00e9put\u00e9e non \u00e9crite<\/em>, et la 3e chambre civile de la Cour de cassation a jug\u00e9 le 6 novembre 2025 (n\u00b0 23-21.454 et n\u00b0 23-21.334) que cette sanction frappe la clause <strong>en son entier<\/strong> \u2014 pas seulement sur la partie exc\u00e9dentaire du d\u00e9lai. Le bailleur qui aurait fait stipuler un d\u00e9lai de huit jours perd donc toute possibilit\u00e9 de faire jouer une clause r\u00e9solutoire. En mati\u00e8re de bail d&rsquo;habitation, l&rsquo;article 24 de la loi du 6 juillet 1989 organise un r\u00e9gime voisin avec des sp\u00e9cificit\u00e9s propres \u00e0 la protection du locataire.<\/p>\n<h3>Le recouvrement entre entreprises (B2B)<\/h3>\n<p>En mati\u00e8re commerciale, les p\u00e9nalit\u00e9s de retard de l&rsquo;article L. 441-10 du Code de commerce sont dues <em>de plein droit<\/em> \u00e0 compter du jour suivant l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance, sans mise en demeure pr\u00e9alable \u2014 la chambre commerciale l&rsquo;a confirm\u00e9 le 21 octobre 2020 (n\u00b0 18-25.749). Cette r\u00e8gle vaut y compris lorsque le d\u00e9biteur est une SCI non commer\u00e7ante, pourvu que le cr\u00e9ancier soit un professionnel. La mise en demeure reste n\u00e9anmoins utile pour le cr\u00e9ancier B2B, car elle d\u00e9clenche les int\u00e9r\u00eats moratoires civils de l&rsquo;article 1344-1 (qui ne se cumulent pas avec les p\u00e9nalit\u00e9s L. 441-10, rappel Com. 24 avr. 2024, n\u00b0 22-24.275) et, surtout, elle ouvre la voie de la d\u00e9ch\u00e9ance du terme et de la r\u00e9solution pour les contrats \u00e0 ex\u00e9cution successive.<\/p>\n<h3>Le consommateur et le recouvrement amiable<\/h3>\n<p>Lorsque la mise en demeure est adress\u00e9e \u00e0 un consommateur par un tiers agissant pour le compte du cr\u00e9ancier \u2014 soci\u00e9t\u00e9 de recouvrement, cabinet sp\u00e9cialis\u00e9 \u2014, les articles R. 124-1 \u00e0 R. 124-4 du Code de la consommation imposent un formalisme strict : mention du mandat donn\u00e9 au tiers, identit\u00e9 du cr\u00e9ancier originel, fondement de la cr\u00e9ance, d\u00e9compte. \u00c0 d\u00e9faut, l&rsquo;acte est inefficace et le tiers peut \u00eatre sanctionn\u00e9 p\u00e9nalement. Les avocats, les commissaires de justice et les cr\u00e9anciers eux-m\u00eames ne sont pas soumis \u00e0 ce formalisme \u2014 qui vise exclusivement les interm\u00e9diaires commerciaux du recouvrement.<\/p>\n<p>Rappelons que la prescription des actions des professionnels contre les consommateurs est de <strong>deux ans<\/strong> (article L. 218-2 du Code de la consommation). Elle court depuis le premier incident non r\u00e9gularis\u00e9 en mati\u00e8re de cr\u00e9dit, ou depuis la date de prestation pour les services. Un cr\u00e9ancier professionnel qui laisserait filer ce d\u00e9lai en se contentant de mises en demeure non interruptives verrait son action d\u00e9finitivement forclose.<\/p>\n<h3>La mise en demeure \u00e0 l&rsquo;international<\/h3>\n<p>Lorsque le d\u00e9biteur est domicili\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, la mise en demeure emprunte les voies de la signification transfrontali\u00e8re. Le <strong>r\u00e8glement (UE) 2020\/1784 du 25 novembre 2020<\/strong>, applicable depuis le 1er juillet 2022 en remplacement du r\u00e8glement 1393\/2007, organise la transmission des actes judiciaires et extrajudiciaires entre \u00c9tats membres par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;entit\u00e9s d&rsquo;origine et d&rsquo;entit\u00e9s de destination. Hors Union europ\u00e9enne, les conventions bilat\u00e9rales (notamment la convention de La Haye du 15 novembre 1965) et les r\u00e8gles de droit international priv\u00e9 prennent le relais. Le recours \u00e0 un commissaire de justice form\u00e9 \u00e0 la signification transfrontali\u00e8re devient alors indispensable.<\/p>\n<p>Les droits \u00e9trangers connaissent des \u00e9quivalents fonctionnels avec leurs sp\u00e9cificit\u00e9s propres : la <em>cease and desist letter<\/em> anglo-saxonne, la <em>Mahnung<\/em> allemande, la <em>diffida<\/em> italienne. Ces actes n&rsquo;ont pas n\u00e9cessairement les m\u00eames effets juridiques automatiques qu&rsquo;en droit fran\u00e7ais \u2014 les int\u00e9r\u00eats moratoires et le transfert des risques ne sont pas des effets universels. Le cabinet consacre une \u00e9tude d\u00e9di\u00e9e \u00e0 cette question : voir <a href=\"\/la-mise-en-demeure-a-linternational-approche-comparative-et-conseils-pratiques\/\">La mise en demeure \u00e0 l&rsquo;international<\/a>.<\/p>\n<h3>Tableau r\u00e9capitulatif : relance, sommation, mise en demeure, commandement<\/h3>\n<table class=\"tableau-comparatif\">\n<thead>\n<tr>\n<th>Acte<\/th>\n<th>Auteur<\/th>\n<th>Forme<\/th>\n<th>Effets juridiques<\/th>\n<th>Usage typique<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Relance commerciale<\/strong><\/td>\n<td>Cr\u00e9ancier<\/td>\n<td>Libre (t\u00e9l\u00e9phone, email, lettre simple)<\/td>\n<td>Aucun effet juridique automatique<\/td>\n<td>Premi\u00e8re d\u00e9marche amiable, relation commerciale<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Mise en demeure (LRAR)<\/strong><\/td>\n<td>Cr\u00e9ancier ou son avocat<\/td>\n<td>LRAR, email avec preuve, lettre contre signature<\/td>\n<td>Int\u00e9r\u00eats moratoires, transfert des risques, DI, d\u00e9ch\u00e9ance du terme, r\u00e9solution<\/td>\n<td>Standard du recouvrement pr\u00e9-contentieux<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Sommation<\/strong><\/td>\n<td>Commissaire de justice<\/td>\n<td>Acte authentique<\/td>\n<td>M\u00eames effets que MED + force probante + effet psychologique renforc\u00e9<\/td>\n<td>Cr\u00e9ances importantes, d\u00e9biteur r\u00e9calcitrant<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Commandement de payer<\/strong><\/td>\n<td>Commissaire de justice<\/td>\n<td>Acte authentique conforme au texte applicable<\/td>\n<td>Pr\u00e9alable \u00e0 une saisie ou au jeu de la clause r\u00e9solutoire (L. 145-41 C. com., loi 89)<\/td>\n<td>Bail commercial, bail d&rsquo;habitation, saisie pr\u00e9paratoire<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Cette taxinomie guide le choix pratique : la relance est gratuite mais sans effet, la mise en demeure par LRAR est la voie \u00e9quilibr\u00e9e, la sommation est r\u00e9serv\u00e9e aux dossiers \u00e0 forts enjeux, le commandement ob\u00e9it \u00e0 un r\u00e9gime sp\u00e9cial de certains contentieux particuliers.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La mise en demeure est l&rsquo;acte par lequel un cr\u00e9ancier somme son d\u00e9biteur d&rsquo;ex\u00e9cuter son obligation, sous peine des sanctions pr\u00e9vues par la loi ou par le contrat. Les articles 1344 \u00e0 1345-3 du Code civil en font un acte juridique unilat\u00e9ral, interpellatif et r\u00e9ceptice, aux effets automatiques consid\u00e9rables : d\u00e9clenchement des int\u00e9r\u00eats moratoires, transfert des risques, point de d\u00e9part des dommages et int\u00e9r\u00eats, pr\u00e9alable \u00e0 la r\u00e9solution. Ce guide expose ce qu&rsquo;il faut savoir pour la r\u00e9diger, la notifier et en tirer toutes les cons\u00e9quences juridiques.<\/p>","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"parent":18288,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"page-templates\/template-guide-enfant.php","meta":{"footnotes":""},"solent_domaine":[429,416],"class_list":["post-18352","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18352","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18352"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18352\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18353,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18352\/revisions\/18353"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18288"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18352"}],"wp:term":[{"taxonomy":"solent_domaine","embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/solent_domaine?post=18352"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}