{"id":18402,"date":"2026-04-16T14:38:44","date_gmt":"2026-04-16T13:38:44","guid":{"rendered":"https:\/\/solent-avocats.com\/guides\/procedures-collectives\/redressement-judiciaire\/"},"modified":"2026-04-16T14:38:46","modified_gmt":"2026-04-16T13:38:46","slug":"legal-redress","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/guides\/procedures-collectives\/redressement-judiciaire\/","title":{"rendered":"Legal redress"},"content":{"rendered":"<p><!-- ===== D\u00c9FINITION ===== --><\/p>\n<h2 id=\"definition\">Qu&rsquo;est-ce que le redressement judiciaire ?<\/h2>\n<p>Le redressement judiciaire est une proc\u00e9dure collective destin\u00e9e \u00e0 permettre la survie de l&rsquo;entreprise lorsqu&rsquo;elle est en cessation des paiements, \u00e0 condition que son redressement soit encore possible. L&rsquo;article L.631-1 du Code de commerce fixe sa triple finalit\u00e9 : <strong>la poursuite de l&rsquo;activit\u00e9, le maintien de l&#8217;emploi et l&rsquo;apurement du passif.<\/strong> Ces trois objectifs sont hi\u00e9rarchis\u00e9s : l&rsquo;activit\u00e9 prime, le passif n&rsquo;est qu&rsquo;un r\u00e9sultat attendu, pas une fin en soi.<\/p>\n<p>La proc\u00e9dure n&rsquo;est pas une liquidation d\u00e9guis\u00e9e, ni un simple d\u00e9lai accord\u00e9 aux cr\u00e9anciers pour se faire rembourser. Elle repose sur une id\u00e9e simple : l&rsquo;entreprise en difficult\u00e9 peut encore vivre si on lui donne le temps de se restructurer sans que ses cr\u00e9anciers ne la d\u00e9mant\u00e8lent au fil de leurs poursuites individuelles. Le tribunal devient le pivot : c&rsquo;est lui qui appr\u00e9cie si le redressement est envisageable, qui fixe les organes de la proc\u00e9dure, qui arr\u00eate le plan. Il n&rsquo;est pas un arbitre passif \u2014 il peut prononcer d&rsquo;office la liquidation judiciaire si la situation le commande.<\/p>\n<aside class=\"encadre\">\n<p class=\"encadre-title\">Texte \u2014 Article L.631-1 du Code de commerce (en vigueur depuis le 15 mai 2022)<\/p>\n<p>\u00ab Il est institu\u00e9 une proc\u00e9dure de redressement judiciaire ouverte \u00e0 tout d\u00e9biteur mentionn\u00e9 aux articles L. 631-2 ou L. 631-3 qui, dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en cessation des paiements. [&#8230;] La proc\u00e9dure de redressement judiciaire est destin\u00e9e \u00e0 permettre la poursuite de l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;entreprise, le maintien de l&#8217;emploi et l&rsquo;apurement du passif. Elle donne lieu \u00e0 un plan arr\u00eat\u00e9 par jugement \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une p\u00e9riode d&rsquo;observation. \u00bb<\/p>\n<\/aside>\n<h3>\u00c0 qui s&rsquo;applique la proc\u00e9dure ?<\/h3>\n<p>L&rsquo;article L.631-2 du Code de commerce est large. Le redressement judiciaire s&rsquo;applique \u00e0 tout commer\u00e7ant, \u00e0 toute personne immatricul\u00e9e au r\u00e9pertoire des m\u00e9tiers, \u00e0 tout agriculteur, \u00e0 toute autre personne physique exer\u00e7ant une activit\u00e9 professionnelle ind\u00e9pendante \u2014 y compris une profession lib\u00e9rale soumise \u00e0 un statut l\u00e9gislatif \u2014 et \u00e0 toute personne morale de droit priv\u00e9.<\/p>\n<p>Cela couvre donc : le g\u00e9rant de SARL, le pr\u00e9sident de SAS, l&rsquo;entrepreneur individuel commer\u00e7ant, l&rsquo;artisan plombier, le m\u00e9decin lib\u00e9ral, l&rsquo;architecte, l&rsquo;association. En revanche, les collectivit\u00e9s territoriales et les \u00e9tablissements publics en sont exclus : ils rel\u00e8vent de r\u00e9gimes sp\u00e9cifiques. De m\u00eame, les \u00e9tablissements de cr\u00e9dit et les entreprises d&rsquo;assurance sont soumis \u00e0 des proc\u00e9dures sp\u00e9ciales supervis\u00e9es par l&rsquo;ACPR \u2014 qu&rsquo;on d\u00e9crit dans le <a href=\"\/guide-droit-bancaire\/acpr\/\">guide sur l&rsquo;ACPR<\/a>.<\/p>\n<p>Une restriction importante : on ne peut pas ouvrir un nouveau redressement judiciaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une personne d\u00e9j\u00e0 soumise \u00e0 une telle proc\u00e9dure ou \u00e0 une liquidation judiciaire, tant que la proc\u00e9dure en cours n&rsquo;est pas cl\u00f4tur\u00e9e ou que le plan n&rsquo;est pas enti\u00e8rement ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>        <!-- ===== CONDITION ===== --><\/p>\n<h2 id=\"condition\">La seule condition d&rsquo;ouverture : la cessation des paiements<\/h2>\n<p>Le redressement judiciaire n&rsquo;est accessible qu&rsquo;\u00e0 la condition que le d\u00e9biteur soit en <strong>\u00e9tat de cessation des paiements<\/strong> \u2014 et \u00e0 la condition inverse que son redressement ne soit pas manifestement impossible. Si le redressement est encore envisageable, c&rsquo;est le redressement judiciaire. Si le redressement est manifestement impossible, c&rsquo;est la liquidation judiciaire qui s&rsquo;impose (Cass. com., 12 janv. 2022, n\u00b0 20-16.394, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<p>La <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/cessation-des-paiements\/\">cessation des paiements<\/a> est d\u00e9finie pr\u00e9cis\u00e9ment par la loi : c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat dans lequel un d\u00e9biteur se trouve dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de faire face \u00e0 son passif exigible avec son actif disponible. Deux \u00e9l\u00e9ments doivent coexister : un passif dont les dettes sont arriv\u00e9es \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance, et une tr\u00e9sorerie insuffisante pour les couvrir imm\u00e9diatement.<\/p>\n<h3>Les r\u00e9serves de cr\u00e9dit et les moratoires<\/h3>\n<p>La loi pr\u00e9voit une nuance : le d\u00e9biteur qui \u00e9tablit que des r\u00e9serves de cr\u00e9dit ou des moratoires accord\u00e9s par ses cr\u00e9anciers lui permettent de faire face \u00e0 son passif n&rsquo;est pas en cessation des paiements. Une ligne de cr\u00e9dit confirm\u00e9e, un plan d&rsquo;\u00e9talement accord\u00e9 par les fournisseurs significatifs peuvent donc neutraliser la qualification \u2014 \u00e0 condition que ces \u00e9l\u00e9ments soient \u00e9tablis et suffisants.<\/p>\n<p>La Cour de cassation a pr\u00e9cis\u00e9 que cette appr\u00e9ciation se fait au jour o\u00f9 le tribunal statue, pas \u00e0 un instant historique fig\u00e9 (Cass. com., 2 juin 2021, n\u00b0 19-25.556, Publi\u00e9 au Bulletin). Le juge doit donc appr\u00e9cier la situation telle qu&rsquo;elle est au moment o\u00f9 il rend sa d\u00e9cision, y compris les \u00e9ventuels moratoires intervenus depuis le d\u00e9p\u00f4t de la requ\u00eate.<\/p>\n<h3>Le patrimoine de l&rsquo;entrepreneur individuel<\/h3>\n<p>Depuis la loi n\u00b0 2022-172 du 14 f\u00e9vrier 2022, une pr\u00e9cision importante s&rsquo;applique aux entrepreneurs individuels. La loi a institu\u00e9 une s\u00e9paration de plein droit entre le patrimoine professionnel et le patrimoine personnel. En cons\u00e9quence, l&rsquo;article L.631-1 pr\u00e9voit d\u00e9sormais que la condition de cessation des paiements s&rsquo;appr\u00e9cie, s&rsquo;il y a lieu, pour le seul patrimoine engag\u00e9 par l&rsquo;activit\u00e9 professionnelle. Les biens personnels de l&rsquo;entrepreneur individuel ne sont donc pas pris en compte dans l&rsquo;\u00e9quation actif\/passif \u2014 ce qui peut jouer en sa faveur ou en sa d\u00e9faveur selon les cas.<\/p>\n<h3>Le d\u00e9lai imp\u00e9ratif de 45 jours<\/h3>\n<p>D\u00e8s lors que la cessation des paiements est constat\u00e9e, le d\u00e9biteur est tenu de d\u00e9poser une d\u00e9claration aupr\u00e8s du greffe du tribunal comp\u00e9tent dans un d\u00e9lai de <strong>quarante-cinq jours<\/strong>, \u00e0 moins qu&rsquo;il n&rsquo;ait dans ce d\u00e9lai demand\u00e9 l&rsquo;ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure de conciliation (art. L.631-4 C.com). La Cour de cassation a r\u00e9cemment rappel\u00e9 la rigueur de cette r\u00e8gle (Cass. com., 20 nov. 2024, n\u00b0 23-12.297, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<p>Ce d\u00e9lai n&rsquo;est pas une formalit\u00e9. Pass\u00e9 quarante-cinq jours sans d\u00e9claration, le dirigeant s&rsquo;expose \u00e0 des sanctions personnelles s\u00e9v\u00e8res : interdiction de g\u00e9rer, responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif, voire poursuites pour banqueroute dans les cas les plus graves. L&rsquo;inaction est toujours plus risqu\u00e9e que l&rsquo;action.<\/p>\n<p>        <!-- ===== OUVERTURE ===== --><\/p>\n<h2 id=\"ouverture\">Comment la proc\u00e9dure s&rsquo;ouvre<\/h2>\n<h3>Qui peut saisir le tribunal ?<\/h3>\n<p>Plusieurs acteurs peuvent d\u00e9clencher la proc\u00e9dure :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Le d\u00e9biteur lui-m\u00eame<\/strong> (le \u00ab d\u00e9p\u00f4t de bilan \u00bb) : c&rsquo;est la voie ordinaire et obligatoire dans le d\u00e9lai de 45 jours. Le repr\u00e9sentant l\u00e9gal de la soci\u00e9t\u00e9 \u2014 g\u00e9rant, pr\u00e9sident, directeur g\u00e9n\u00e9ral \u2014 d\u00e9pose la requ\u00eate. Pour un entrepreneur individuel, il la d\u00e9pose lui-m\u00eame.<\/li>\n<li><strong>Un cr\u00e9ancier<\/strong> : il peut assigner le d\u00e9biteur en redressement judiciaire s&rsquo;il \u00e9tablit l&rsquo;\u00e9tat de cessation des paiements. Il doit avoir une cr\u00e9ance certaine, liquide et exigible \u00e0 l&rsquo;encontre du d\u00e9biteur.<\/li>\n<li><strong>Le minist\u00e8re public<\/strong> (le parquet) : il peut saisir le tribunal lorsqu&rsquo;il est inform\u00e9 d&rsquo;une cessation des paiements, notamment par les signalements des greffes de tribunaux de commerce.<\/li>\n<li><strong>Le tribunal d&rsquo;office<\/strong> : dans certains cas, il peut s&rsquo;autosaisir, notamment \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une autre proc\u00e9dure. C&rsquo;est rare et encadr\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<h3>Quel tribunal est comp\u00e9tent ?<\/h3>\n<p>La comp\u00e9tence d\u00e9pend de la nature de l&rsquo;activit\u00e9. Le <strong>tribunal de commerce<\/strong> est comp\u00e9tent pour les commer\u00e7ants et les artisans. Le <strong>tribunal judiciaire<\/strong> l&rsquo;est pour les professionnels lib\u00e9raux et les agriculteurs. Certaines entreprises d\u00e9passant des seuils d\u00e9finis (chiffre d&rsquo;affaires, effectif) rel\u00e8vent de <strong>tribunaux de commerce sp\u00e9cialement d\u00e9sign\u00e9s<\/strong> (art. L.721-8 C.com). Le tribunal comp\u00e9tent est celui dans le ressort duquel se trouve le si\u00e8ge social ou le principal \u00e9tablissement du d\u00e9biteur.<\/p>\n<p>Une r\u00e8gle de comp\u00e9tence retient l&rsquo;attention en cas de groupe de soci\u00e9t\u00e9s : le tribunal ayant ouvert la proc\u00e9dure collective contre une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9bitrice reste comp\u00e9tent pour statuer sur une demande d&rsquo;extension de cette proc\u00e9dure \u00e0 une autre soci\u00e9t\u00e9 du groupe, quel que soit le chiffre d&rsquo;affaires de cette derni\u00e8re (Cass. com., 11 mars 2020, n\u00b0 18-22.960, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<h3>Les pi\u00e8ces \u00e0 fournir<\/h3>\n<p>La requ\u00eate en ouverture d&rsquo;une proc\u00e9dure de redressement judiciaire doit \u00eatre accompagn\u00e9e d&rsquo;un dossier pr\u00e9cis, dont les pi\u00e8ces sont list\u00e9es par l&rsquo;article R.631-1 du Code de commerce : l&rsquo;extrait d&rsquo;immatriculation au RCS ou au r\u00e9pertoire des m\u00e9tiers, les comptes annuels du dernier exercice, un \u00e9tat actif-passif situationnel, un compte de r\u00e9sultat pr\u00e9visionnel, l&rsquo;\u00e9tat des cr\u00e9ances et des dettes, le nombre de salari\u00e9s et le montant de la masse salariale, et une d\u00e9claration de cessation des paiements indiquant la date de celle-ci. Le greffe du tribunal de commerce donne acc\u00e8s \u00e0 un formulaire Cerfa d\u00e9di\u00e9 (cerfa n\u00b0 10022).<\/p>\n<p>        <!-- ===== JUGEMENT D'OUVERTURE ===== --><\/p>\n<h2 id=\"jugement\">Les effets imm\u00e9diats du jugement d&rsquo;ouverture<\/h2>\n<p>Le jugement d&rsquo;ouverture du redressement judiciaire produit des effets imm\u00e9diats et radicaux. Il constitue le point de d\u00e9part de toute la proc\u00e9dure : c&rsquo;est \u00e0 cette date que sont appr\u00e9ci\u00e9es les cr\u00e9ances ant\u00e9rieures, que se nouent les nouvelles obligations, et que les acteurs de la proc\u00e9dure prennent leurs fonctions.<\/p>\n<h3>La suspension des poursuites individuelles<\/h3>\n<p>D\u00e8s le prononc\u00e9 du jugement d&rsquo;ouverture, <strong>toutes les poursuites individuelles engag\u00e9es par les cr\u00e9anciers ant\u00e9rieurs sont suspendues<\/strong>. Les cr\u00e9anciers qui n&rsquo;ont pas encore agi ne peuvent plus le faire. Les proc\u00e9dures d&rsquo;ex\u00e9cution d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es sont interrompues. C&rsquo;est l&rsquo;une des protections fondamentales qu&rsquo;offre le redressement judiciaire : l&rsquo;entreprise n&rsquo;est plus harcel\u00e9e par ses cr\u00e9anciers individuels et peut consacrer son \u00e9nergie au redressement.<\/p>\n<p>Le <strong>cours des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gaux et conventionnels est arr\u00eat\u00e9<\/strong> \u00e0 la date du jugement d&rsquo;ouverture. Les p\u00e9nalit\u00e9s de retard cessent de s&rsquo;accumuler. Cette r\u00e8gle concerne toutes les cr\u00e9ances ant\u00e9rieures, y compris celles qui sont \u00e0 taux fixe. Seules certaines cr\u00e9ances sp\u00e9cifiques \u2014 garanties par des s\u00fbret\u00e9s portant sur des biens non n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 \u2014 peuvent continuer \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<h3>Le gel des cr\u00e9ances ant\u00e9rieures et la d\u00e9claration obligatoire<\/h3>\n<p>Toutes les dettes n\u00e9es ant\u00e9rieurement au jugement d&rsquo;ouverture sont gel\u00e9es. Les cr\u00e9anciers concern\u00e9s ne peuvent plus en r\u00e9clamer le paiement individuel : ils doivent <strong>d\u00e9clarer leur cr\u00e9ance<\/strong> aupr\u00e8s du mandataire judiciaire dans un d\u00e9lai de <strong>deux mois<\/strong> \u00e0 compter de la publication du jugement au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC). Ce d\u00e9lai est port\u00e9 \u00e0 quatre mois pour les cr\u00e9anciers domicili\u00e9s hors de France.<\/p>\n<p>La sanction du d\u00e9faut de d\u00e9claration est s\u00e9v\u00e8re : la cr\u00e9ance non d\u00e9clar\u00e9e dans les d\u00e9lais devient inopposable \u00e0 la proc\u00e9dure collective. Le cr\u00e9ancier ne pourra pas participer aux distributions et sera exclu des r\u00e9partitions \u2014 m\u00eame si sa cr\u00e9ance est parfaitement fond\u00e9e. La Cour de cassation a confirm\u00e9 qu&rsquo;un cr\u00e9ancier d\u00e9faillant ne peut pas demander qu&rsquo;il soit statu\u00e9 par anticipation sur le principe de sa cr\u00e9ance pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation (Cass. com., 9 sept. 2020, n\u00b0 19-10.206, Publi\u00e9 au Bulletin) : il devra attendre la r\u00e9solution \u00e9ventuelle du plan pour retrouver son droit de poursuite individuel.<\/p>\n<h3>La d\u00e9signation des organes de la proc\u00e9dure<\/h3>\n<aside class=\"encadre\">\n<p class=\"encadre-title\">Les organes du redressement judiciaire<\/p>\n<p><strong>Le juge-commissaire<\/strong> : magistrat d\u00e9sign\u00e9 par le tribunal, il surveille le d\u00e9roulement de la p\u00e9riode d&rsquo;observation, autorise ou refuse certains actes de gestion (vente d&rsquo;actifs, continuation de contrats, licenciements). Il rend des ordonnances susceptibles de recours devant le tribunal.<\/p>\n<p style=\"margin-top:10px;\"><strong>L&rsquo;administrateur judiciaire<\/strong> : professionnel ind\u00e9pendant inscrit sur liste nationale, nomm\u00e9 par le tribunal. Selon sa mission, il peut assister le chef d&rsquo;entreprise (administration partag\u00e9e) ou se substituer \u00e0 lui (administration exclusive) pour les actes les plus engageants. Son rapport en fin de p\u00e9riode d&rsquo;observation est d\u00e9terminant.<\/p>\n<p style=\"margin-top:10px;\"><strong>Le mandataire judiciaire<\/strong> : il repr\u00e9sente l&rsquo;int\u00e9r\u00eat collectif des cr\u00e9anciers. Il collecte les d\u00e9clarations de cr\u00e9ances, v\u00e9rifie le passif, \u00e9met des avis sur le projet de plan. C&rsquo;est lui qui, le cas \u00e9ch\u00e9ant, exerce les actions en responsabilit\u00e9 contre le dirigeant.<\/p>\n<\/aside>\n<p>        <!-- ===== P\u00c9RIODE D'OBSERVATION ===== --><\/p>\n<h2 id=\"observation\">La p\u00e9riode d&rsquo;observation : entre 6 et 18 mois pour trouver une solution<\/h2>\n<p>La p\u00e9riode d&rsquo;observation est le c\u0153ur de la proc\u00e9dure. C&rsquo;est le temps accord\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entreprise pour continuer \u00e0 fonctionner sous contr\u00f4le judiciaire, tout en pr\u00e9parant un plan de sortie de crise.<\/p>\n<h3>Une dur\u00e9e limit\u00e9e, renouvelable<\/h3>\n<p>La p\u00e9riode d&rsquo;observation est initialement fix\u00e9e \u00e0 <strong>six mois<\/strong>. Elle peut \u00eatre renouvel\u00e9e une premi\u00e8re fois pour six mois, sur demande de l&rsquo;administrateur judiciaire, du d\u00e9biteur ou du minist\u00e8re public. Sur demande du parquet, elle peut l&rsquo;\u00eatre une deuxi\u00e8me fois pour six mois suppl\u00e9mentaires \u2014 soit <strong>dix-huit mois au total<\/strong>. Dans des cas exceptionnels et sur demande du parquet, le tribunal peut d\u00e9passer ce plafond sans pouvoir aller au-del\u00e0 de vingt-quatre mois.<\/p>\n<p>\u00c0 tout moment de la p\u00e9riode d&rsquo;observation, le tribunal peut mettre fin \u00e0 la proc\u00e9dure s&rsquo;il appara\u00eet que l&rsquo;entreprise ne peut \u00eatre redress\u00e9e. Il peut alors prononcer la liquidation judiciaire \u2014 mais uniquement apr\u00e8s avoir entendu ou d\u00fbment convoqu\u00e9 le d\u00e9biteur par lettre recommand\u00e9e avec accus\u00e9 de r\u00e9ception (Cass. com., 20 juin 2018, n\u00b0 17-13.204, Publi\u00e9 au Bulletin). La convocation r\u00e9guli\u00e8re est une condition de validit\u00e9 de la conversion : son absence entra\u00eene l&rsquo;annulation du jugement.<\/p>\n<h3>La gestion de l&rsquo;entreprise pendant l&rsquo;observation<\/h3>\n<p>L&rsquo;entreprise continue son activit\u00e9 pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation, sous la surveillance de l&rsquo;administrateur judiciaire. Le d\u00e9biteur conserve en principe la gestion courante \u2014 mais avec l&rsquo;assistance ou la substitution de l&rsquo;administrateur selon la mission d\u00e9finie par le tribunal.<\/p>\n<p>La situation des <strong>contrats en cours<\/strong> ob\u00e9it \u00e0 une r\u00e8gle claire : l&rsquo;administrateur judiciaire peut exiger la continuation de tout contrat en cours (art. L.622-13 C.com, applicable au redressement judiciaire via L.631-14). Le cocontractant ne peut pas r\u00e9silier le contrat du seul fait de l&rsquo;ouverture de la proc\u00e9dure. En revanche, si l&rsquo;administrateur d\u00e9cide de ne pas continuer le contrat, il sera r\u00e9sili\u00e9 de plein droit. Les <a href=\"\/gestion-entreprise-periode-observation-roles-pouvoirs\/\">r\u00e8gles de gestion pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation<\/a> et le <a href=\"\/sort-contrats-en-cours-periode-observation\/\">sort des contrats en cours<\/a> font l&rsquo;objet d&rsquo;articles d\u00e9di\u00e9s sur notre blog.<\/p>\n<p>Les <strong>cr\u00e9ances n\u00e9es pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation<\/strong> b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;un r\u00e9gime privil\u00e9gi\u00e9 : elles sont pay\u00e9es \u00e0 leur \u00e9ch\u00e9ance, par priorit\u00e9 sur les cr\u00e9ances ant\u00e9rieures (art. L.622-17 C.com). C&rsquo;est le m\u00e9canisme qui permet \u00e0 l&rsquo;entreprise de trouver de nouveaux fournisseurs et partenaires malgr\u00e9 la proc\u00e9dure : ils savent que leurs cr\u00e9ances seront prioritaires. Attention toutefois : ce privil\u00e8ge prend fin avec la p\u00e9riode d&rsquo;observation. Les cr\u00e9ances n\u00e9es apr\u00e8s l&rsquo;adoption d&rsquo;un plan de redressement ne peuvent pas en b\u00e9n\u00e9ficier si elles sont d\u00e9clar\u00e9es dans une nouvelle proc\u00e9dure ult\u00e9rieure (Cass. com., 6 mars 2024, n\u00b0 22-23.993, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<h3>Le bilan \u00e9conomique et social<\/h3>\n<p>\u00c0 l&rsquo;issue de la p\u00e9riode d&rsquo;observation, l&rsquo;administrateur judiciaire pr\u00e9sente un bilan \u00e9conomique et social de l&rsquo;entreprise. Ce rapport analyse les causes des difficult\u00e9s, l&rsquo;\u00e9tat du passif, les perspectives de redressement, et propose une solution. Le comit\u00e9 social et \u00e9conomique (CSE), s&rsquo;il existe, est consult\u00e9 sur ce bilan et sur les orientations envisag\u00e9es. C&rsquo;est \u00e0 partir de ce bilan que les parties \u2014 d\u00e9biteur, administrateur, mandataire judiciaire, repr\u00e9sentants des cr\u00e9anciers \u2014 vont construire le projet de plan soumis au tribunal.<\/p>\n<div class=\"timeline\">\n<div class=\"timeline-step\">\n<p class=\"timeline-step-label\">Jour J<\/p>\n<p class=\"timeline-step-title\">Jugement d&rsquo;ouverture<\/p>\n<p>Suspension des poursuites. Arr\u00eat du cours des int\u00e9r\u00eats. D\u00e9signation des organes. Publication au BODACC.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"timeline-step\">\n<p class=\"timeline-step-label\">J + 2 mois<\/p>\n<p class=\"timeline-step-title\">D\u00e9lai de d\u00e9claration des cr\u00e9ances<\/p>\n<p>Les cr\u00e9anciers ant\u00e9rieurs doivent avoir d\u00e9clar\u00e9 leurs cr\u00e9ances aupr\u00e8s du mandataire judiciaire.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"timeline-step\">\n<p class=\"timeline-step-label\">J + 6 mois (max J + 18 mois)<\/p>\n<p class=\"timeline-step-title\">Fin de la p\u00e9riode d&rsquo;observation<\/p>\n<p>L&rsquo;administrateur pr\u00e9sente son bilan \u00e9conomique et social. Le projet de plan est soumis au tribunal.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"timeline-step\">\n<p class=\"timeline-step-label\">Arr\u00eat du plan<\/p>\n<p class=\"timeline-step-title\">Plan de redressement ou conversion en LJ<\/p>\n<p>Jugement arr\u00eatant le plan (continuation ou cession) ou pronon\u00e7ant la liquidation judiciaire si le redressement est manifestement impossible.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div class=\"timeline-step\">\n<p class=\"timeline-step-label\">Plan en cours (max 10 ans)<\/p>\n<p class=\"timeline-step-title\">Ex\u00e9cution du plan<\/p>\n<p>Apurement progressif du passif selon l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ancier. Le commissaire \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution du plan surveille le respect des engagements. En cas de nouvelle cessation des paiements, r\u00e9solution du plan et ouverture d&rsquo;une liquidation judiciaire.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<p>        <!-- ===== ISSUES ===== --><\/p>\n<h2 id=\"issues\">Les trois issues possibles<\/h2>\n<p>Au terme de la p\u00e9riode d&rsquo;observation, le tribunal tranche. Trois d\u00e9nouements sont possibles.<\/p>\n<h3>Le plan de redressement : continuation ou cession<\/h3>\n<p>Le plan de redressement est la solution pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e. Il peut prendre deux formes, qui peuvent \u00eatre combin\u00e9es.<\/p>\n<p>Le <strong>plan de continuation<\/strong> est arr\u00eat\u00e9 lorsque l&rsquo;activit\u00e9 peut \u00eatre poursuivie dans sa globalit\u00e9 par le d\u00e9biteur lui-m\u00eame. Le tribunal fixe les modalit\u00e9s d&rsquo;apurement du passif : d\u00e9lais de paiement, remises de dettes accord\u00e9es par les cr\u00e9anciers, cession d&rsquo;actifs non strat\u00e9giques. La dur\u00e9e maximale est de <strong>dix ans<\/strong> (quinze ans pour les agriculteurs). Pendant l&rsquo;ex\u00e9cution du plan, le d\u00e9biteur doit respecter scrupuleusement l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ancier : la Cour de cassation a rappel\u00e9 que les fautes de gestion commises pendant la p\u00e9riode d&rsquo;ex\u00e9cution du plan peuvent fonder une action en responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif si le plan est ult\u00e9rieurement r\u00e9solu (Cass. com., 22 janv. 2020, n\u00b0 18-17.030, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<p>Le <strong>plan de cession<\/strong> intervient lorsque l&rsquo;activit\u00e9 ne peut \u00eatre sauv\u00e9e qu&rsquo;en \u00e9tant transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 un repreneur. Le tribunal d\u00e9signe un repreneur parmi les offres d\u00e9pos\u00e9es, sur la base de crit\u00e8res fix\u00e9s par la loi : maintien de l&#8217;emploi, prix offert, garanties offertes. Le repreneur reprend tout ou partie de l&rsquo;activit\u00e9, mais pas le passif. La proc\u00e9dure est int\u00e9gralement contradictoire et la Cour de cassation a pr\u00e9cis\u00e9 que le pourvoi en cassation n&rsquo;est ouvert qu&rsquo;au minist\u00e8re public \u00e0 l&rsquo;encontre des arr\u00eats statuant sur l&rsquo;appel d&rsquo;un jugement arr\u00eatant un plan de cession (Cass. com., 23 sept. 2020, n\u00b0 18-26.280, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<p>Dans les grandes entreprises, l&rsquo;ordonnance n\u00b0 2021-1193 du 15 septembre 2021 a introduit la possibilit\u00e9 de constituer des <strong>classes de parties affect\u00e9es<\/strong> (cr\u00e9anciers regroup\u00e9s par cat\u00e9gorie) pour voter sur le plan \u2014 une transposition de la directive europ\u00e9enne Restructuration et insolvabilit\u00e9. Ce m\u00e9canisme, pr\u00e9vu aux articles L.626-29 et L.626-30 du Code de commerce, permet de faire adopter un plan m\u00eame contre le gr\u00e9 de certaines cat\u00e9gories de cr\u00e9anciers.<\/p>\n<h3>La conversion en liquidation judiciaire<\/h3>\n<p>Si, \u00e0 l&rsquo;issue de la p\u00e9riode d&rsquo;observation, il appara\u00eet que le redressement est manifestement impossible \u2014 parce que aucune offre de reprise n&rsquo;est viable, parce que les perspectives de continuation sont inexistantes, ou parce qu&rsquo;une nouvelle cessation des paiements est constat\u00e9e en cours de proc\u00e9dure \u2014, le tribunal prononce la <strong>liquidation judiciaire<\/strong>. L&rsquo;activit\u00e9 cesse, les actifs sont r\u00e9alis\u00e9s pour d\u00e9sint\u00e9resser les cr\u00e9anciers dans l&rsquo;ordre des priorit\u00e9s l\u00e9gales.<\/p>\n<p>La liquidation judiciaire ouverte concomitamment \u00e0 la r\u00e9solution d&rsquo;un plan de redressement constitue une <strong>nouvelle proc\u00e9dure collective<\/strong>. Elle fait notamment obstacle \u00e0 la r\u00e9siliation du bail commercial pour des loyers \u00e9chus post\u00e9rieurement au jugement d&rsquo;ouverture du redressement judiciaire initial (Cass. com., 12 juin 2025, n\u00b0 23-22.076, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<h3>La cl\u00f4ture pour extinction du passif<\/h3>\n<p>Dans de rares cas, le passif est int\u00e9gralement apur\u00e9 avant le terme du plan \u2014 parce que l&rsquo;entreprise s&rsquo;est redress\u00e9e plus vite que pr\u00e9vu, ou parce que les cr\u00e9anciers ont accept\u00e9 des remises significatives. Le tribunal peut alors prononcer la cl\u00f4ture de la proc\u00e9dure pour extinction du passif. L&rsquo;entreprise retrouve sa pleine libert\u00e9. C&rsquo;est la meilleure issue possible, mais elle reste statistiquement rare.<\/p>\n<p>        <!-- ===== CONS\u00c9QUENCES ===== --><\/p>\n<h2 id=\"consequences\">Ce que le redressement judiciaire change pour le dirigeant, les salari\u00e9s et les cr\u00e9anciers<\/h2>\n<h3>Les cons\u00e9quences pour le dirigeant<\/h3>\n<p>Le dirigeant ne perd pas automatiquement ses pouvoirs lors de l&rsquo;ouverture du redressement judiciaire. Mais son p\u00e9rim\u00e8tre d&rsquo;action d\u00e9pend de la mission confi\u00e9e \u00e0 l&rsquo;administrateur judiciaire. Si l&rsquo;administrateur est en mission d&rsquo;<em>assistance<\/em>, le d\u00e9biteur continue \u00e0 g\u00e9rer l&rsquo;entreprise mais doit obtenir son accord pour les actes les plus engageants. Si l&rsquo;administrateur est en mission de <em>repr\u00e9sentation<\/em>, il se substitue totalement au dirigeant pour les actes entrant dans sa mission.<\/p>\n<p>La <strong>r\u00e9mun\u00e9ration<\/strong> du dirigeant peut \u00eatre fix\u00e9e ou modifi\u00e9e par le juge-commissaire pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation. Ce n&rsquo;est pas automatique \u2014 mais le juge-commissaire peut intervenir si la r\u00e9mun\u00e9ration actuelle est incompatible avec la situation de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<p>La <strong>responsabilit\u00e9 personnelle<\/strong> du dirigeant n&rsquo;est pas effac\u00e9e par l&rsquo;ouverture de la proc\u00e9dure. Les fautes de gestion commises avant l&rsquo;ouverture, pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation et m\u00eame pendant l&rsquo;ex\u00e9cution du plan peuvent fonder une action en responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif \u00e0 l&rsquo;encontre du dirigeant, si la proc\u00e9dure aboutit finalement \u00e0 une liquidation judiciaire (art. L.651-2 C.com). La Cour de cassation l&rsquo;a confirm\u00e9 : ni le jugement ouvrant le redressement judiciaire ni celui arr\u00eatant le plan de redressement n&rsquo;ont de caract\u00e8re amnistiant pour le dirigeant (Cass. com., 22 janv. 2020, n\u00b0 18-17.030).<\/p>\n<h3>Les cons\u00e9quences pour les salari\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;ouverture du redressement judiciaire ne met pas automatiquement fin aux contrats de travail. Les salari\u00e9s continuent \u00e0 travailler et \u00e0 \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Mais des licenciements \u00e9conomiques peuvent \u00eatre autoris\u00e9s si la sauvegarde de l&rsquo;entreprise l&rsquo;exige : ils n\u00e9cessitent l&rsquo;accord du juge-commissaire et s&rsquo;inscrivent dans le cadre du droit commun du licenciement \u00e9conomique.<\/p>\n<p>En cas de d\u00e9faillance de l&#8217;employeur dans le paiement des salaires, l&rsquo;<strong>AGS<\/strong> (Association pour la gestion du r\u00e9gime de garantie des cr\u00e9ances des salari\u00e9s) intervient et garantit le paiement des salaires ant\u00e9rieurs au jugement d&rsquo;ouverture et des indemnit\u00e9s de rupture, dans des plafonds fix\u00e9s par la loi. L&rsquo;AGS b\u00e9n\u00e9ficie d&rsquo;un superprivil\u00e8ge qui lui permet d&rsquo;\u00eatre rembours\u00e9e par priorit\u00e9 sur les premi\u00e8res rentr\u00e9es de fonds. La Cour de cassation a pr\u00e9cis\u00e9 que la contribution due par l&#8217;employeur au titre du contrat de s\u00e9curisation professionnelle (CSP) n&rsquo;est en revanche pas une cr\u00e9ance superprivil\u00e9gi\u00e9e des salaires au sens de l&rsquo;article L.3253-3 du Code du travail (Cass. com., 11 d\u00e9c. 2024, n\u00b0 23-10.708, Publi\u00e9 au Bulletin).<\/p>\n<h3>Les cons\u00e9quences pour les cr\u00e9anciers<\/h3>\n<p>Les cr\u00e9anciers ant\u00e9rieurs au jugement d&rsquo;ouverture sont les grands perdants imm\u00e9diats de la proc\u00e9dure : leurs poursuites sont suspendues, leurs int\u00e9r\u00eats cessent de courir, et ils doivent d\u00e9clarer leur cr\u00e9ance pour esp\u00e9rer \u00eatre pay\u00e9s. Pass\u00e9 le d\u00e9lai de deux mois, leur cr\u00e9ance devient inopposable \u00e0 la proc\u00e9dure collective \u2014 non pas nulle, mais inopposable. Ils ne pourront pas participer aux distributions ni faire valoir leurs droits dans le cadre de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Une exception m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9e : les cr\u00e9anciers titulaires d&rsquo;une <strong>s\u00fbret\u00e9 r\u00e9elle<\/strong> \u2014 hypoth\u00e8que, nantissement \u2014 ne perdent pas leur garantie du fait de la proc\u00e9dure. Leur s\u00fbret\u00e9 subsiste, mais ils ne peuvent pas la r\u00e9aliser individuellement pendant la proc\u00e9dure. Ils devront attendre la r\u00e9partition du prix de cession ou la r\u00e9solution du plan pour faire valoir leur rang. Le <a href=\"\/guide-suretes-garanties\/\">guide sur les s\u00fbret\u00e9s et garanties<\/a> d\u00e9taille comment ces m\u00e9canismes s&rsquo;articulent avec les proc\u00e9dures collectives.<\/p>\n<p>        <!-- ===== COMPARAISON ===== --><\/p>\n<h2 id=\"comparaison\">Redressement judiciaire, sauvegarde ou liquidation judiciaire : comment s&rsquo;y retrouver ?<\/h2>\n<p>Le droit fran\u00e7ais des entreprises en difficult\u00e9 repose sur une gradation de proc\u00e9dures. La r\u00e8gle d&rsquo;or est simple : plus on intervient t\u00f4t, plus les chances de succ\u00e8s sont \u00e9lev\u00e9es. La proc\u00e9dure de sauvegarde s&rsquo;ouvre avant la cessation des paiements \u2014 quand l&rsquo;entreprise rencontre des difficult\u00e9s s\u00e9rieuses mais peut encore en sortir seule. Son taux de succ\u00e8s est de <strong>62 %<\/strong>. Le redressement judiciaire s&rsquo;ouvre apr\u00e8s : l&rsquo;entreprise est en cessation des paiements mais peut encore se redresser. Son taux de succ\u00e8s n&rsquo;est que de <strong>27 %<\/strong> (France Strat\u00e9gie, note d&rsquo;analyse n\u00b0 84, f\u00e9vr. 2020). La liquidation judiciaire est la proc\u00e9dure terminale.<\/p>\n<table>\n<thead>\n<tr>\n<th>Crit\u00e8re<\/th>\n<th>Sauvegarde<\/th>\n<th>Redressement judiciaire<\/th>\n<th>Liquidation judiciaire<\/th>\n<\/tr>\n<\/thead>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Condition d&rsquo;ouverture<\/strong><\/td>\n<td>Difficult\u00e9s, sans cessation des paiements<\/td>\n<td>Cessation des paiements + redressement possible<\/td>\n<td>Cessation des paiements + redressement impossible<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Qui peut saisir<\/strong><\/td>\n<td>D\u00e9biteur uniquement<\/td>\n<td>D\u00e9biteur, cr\u00e9ancier, parquet<\/td>\n<td>D\u00e9biteur, cr\u00e9ancier, parquet, tribunal<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Activit\u00e9 maintenue ?<\/strong><\/td>\n<td>Oui<\/td>\n<td>Oui (pendant l&rsquo;observation)<\/td>\n<td>Non (cesse d\u00e8s le jugement)<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Dur\u00e9e de l&rsquo;observation<\/strong><\/td>\n<td>6 mois, max 18 mois<\/td>\n<td>6 mois, max 18 mois (24 mois exceptionnellement)<\/td>\n<td>Pas de p\u00e9riode d&rsquo;observation<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Issue possible<\/strong><\/td>\n<td>Plan de sauvegarde (10 ans max)<\/td>\n<td>Plan de continuation, plan de cession, LJ<\/td>\n<td>R\u00e9alisation des actifs, d\u00e9sint\u00e9ressement des cr\u00e9anciers<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Taux de r\u00e9ussite<\/strong><\/td>\n<td>62 %<\/td>\n<td>27 %<\/td>\n<td>N\/A (proc\u00e9dure d\u00e9finitive)<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>La conclusion pratique est claire : si votre entreprise traverse des difficult\u00e9s s\u00e9rieuses mais que la cessation des paiements n&rsquo;est pas encore constat\u00e9e, la <a href=\"\/guide-procedures-collectives\/procedure-de-sauvegarde\/\">proc\u00e9dure de sauvegarde<\/a> est nettement pr\u00e9f\u00e9rable. N&rsquo;attendez pas d&rsquo;\u00eatre accul\u00e9 au redressement judiciaire. La diff\u00e9rence de taux de r\u00e9ussite \u2014 62 % contre 27 % \u2014 n&rsquo;est pas anecdotique. Elle refl\u00e8te un fait simple : intervenir t\u00f4t, avant que les cr\u00e9anciers n&rsquo;aient \u00e9puis\u00e9 leur patience, donne au plan de restructuration des bases bien plus solides.<\/p>\n<section id=\"sources\" class=\"faq-section\">\n<div class=\"faq-inner\">\n<h2 id=\"faq\">Questions fr\u00e9quentes<\/h2>\n<details class=\"faq-item\">\n<summary class=\"faq-question\">Quelle est la diff\u00e9rence entre le redressement judiciaire et la liquidation judiciaire ?<\/summary>\n<div class=\"faq-answer\">\n<p>Le redressement judiciaire s&rsquo;ouvre lorsque l&rsquo;entreprise est en cessation des paiements mais que son redressement reste possible. La proc\u00e9dure d\u00e9bouche sur un plan \u2014 de continuation ou de cession \u2014 permettant d&rsquo;apurer le passif tout en maintenant l&rsquo;activit\u00e9 et l&#8217;emploi. Elle peut durer jusqu&rsquo;\u00e0 dix ans.<\/p>\n<p>La liquidation judiciaire, en revanche, est prononc\u00e9e lorsque le redressement est manifestement impossible. L&rsquo;activit\u00e9 cesse d\u00e8s le jugement d&rsquo;ouverture, les actifs sont vendus et le produit est distribu\u00e9 aux cr\u00e9anciers selon un ordre de priorit\u00e9 l\u00e9gal. Il n&rsquo;y a pas de plan \u00e0 construire : la proc\u00e9dure se termine par la r\u00e9alisation du patrimoine de l&rsquo;entreprise.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<details class=\"faq-item\">\n<summary class=\"faq-question\">Qui paie les dettes de l&rsquo;entreprise en redressement judiciaire ?<\/summary>\n<div class=\"faq-answer\">\n<p>Les dettes ant\u00e9rieures au jugement d&rsquo;ouverture sont gel\u00e9es. Elles ne sont pas effac\u00e9es, mais leur exigibilit\u00e9 est suspendue pendant toute la dur\u00e9e de la proc\u00e9dure. Elles seront rembours\u00e9es selon l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ancier fix\u00e9 par le plan de redressement \u2014 qui peut s&rsquo;\u00e9tendre jusqu&rsquo;\u00e0 dix ans \u2014 avec d&rsquo;\u00e9ventuelles remises accord\u00e9es par les cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Le dirigeant n&rsquo;est pas personnellement tenu de payer les dettes de la soci\u00e9t\u00e9, sauf si une faute de gestion caract\u00e9ris\u00e9e de sa part a contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif. Dans ce cas, une action en responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif peut \u00eatre engag\u00e9e contre lui par le mandataire judiciaire (art. L.651-2 C.com).<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<details class=\"faq-item\">\n<summary class=\"faq-question\">Quelle est la dur\u00e9e d&rsquo;un redressement judiciaire ?<\/summary>\n<div class=\"faq-answer\">\n<p>La p\u00e9riode d&rsquo;observation dure initialement six mois, renouvelable jusqu&rsquo;\u00e0 dix-huit mois au total (exceptionnellement vingt-quatre mois). C&rsquo;est pendant cette phase que l&rsquo;administrateur judiciaire pr\u00e9pare le bilan \u00e9conomique et social et que le projet de plan est construit.<\/p>\n<p>Une fois le plan arr\u00eat\u00e9 par le tribunal, son ex\u00e9cution peut durer jusqu&rsquo;\u00e0 dix ans (quinze ans pour les agriculteurs). Au total, un redressement judiciaire peut donc mobiliser l&rsquo;entreprise pendant une d\u00e9cennie avant que le passif ne soit enti\u00e8rement apur\u00e9 et la proc\u00e9dure cl\u00f4tur\u00e9e.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<details class=\"faq-item\">\n<summary class=\"faq-question\">Est-ce une bonne id\u00e9e de se mettre en redressement judiciaire ?<\/summary>\n<div class=\"faq-answer\">\n<p>La question m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre pos\u00e9e autrement : avez-vous encore le choix ? Si votre entreprise est d\u00e9j\u00e0 en \u00e9tat de cessation des paiements, le redressement judiciaire est souvent la seule alternative \u00e0 la liquidation judiciaire imm\u00e9diate. Dans ce cas, c&rsquo;est clairement pr\u00e9f\u00e9rable : la proc\u00e9dure offre une protection contre les poursuites et un cadre structur\u00e9 pour n\u00e9gocier avec les cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Mais si la cessation des paiements n&rsquo;est pas encore constat\u00e9e, la proc\u00e9dure de sauvegarde est nettement pr\u00e9f\u00e9rable. Elle s&rsquo;ouvre plus t\u00f4t, prot\u00e8ge mieux le dirigeant, et aboutit deux fois plus souvent \u00e0 un accord de restructuration (62 % en sauvegarde contre 27 % en redressement judiciaire). Ne pas attendre d&rsquo;\u00eatre en cessation des paiements pour agir est toujours la meilleure strat\u00e9gie.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<details class=\"faq-item\">\n<summary class=\"faq-question\">Que se passe-t-il si le dirigeant ne d\u00e9clare pas la cessation des paiements dans les 45 jours ?<\/summary>\n<div class=\"faq-answer\">\n<p>Le d\u00e9lai de quarante-cinq jours est l\u00e9gal et imp\u00e9ratif. Pass\u00e9 ce d\u00e9lai, le dirigeant s&rsquo;expose \u00e0 des sanctions personnelles cumulables : une interdiction de g\u00e9rer, diriger ou administrer toute entreprise pour une dur\u00e9e pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 quinze ans (art. L.653-8 C.com) ; une condamnation personnelle \u00e0 supporter tout ou partie de l&rsquo;insuffisance d&rsquo;actif s&rsquo;il est \u00e9tabli qu&rsquo;une faute de gestion a contribu\u00e9 \u00e0 aggraver la situation pendant la p\u00e9riode de retard (art. L.651-2 C.com) ; et dans les cas les plus graves, des poursuites pour banqueroute (art. L.654-2 C.com).<\/p>\n<p>Ces sanctions ne sont pas automatiques \u2014 elles supposent que le liquidateur judiciaire les engage. Mais le risque est r\u00e9el, document\u00e9 et r\u00e9guli\u00e8rement sanctionn\u00e9 par les tribunaux de commerce.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<\/details>\n<p>      <!-- Sources --><\/p>\n<details class=\"sources-details\" id=\"sources\">\n<summary>Sources juridiques<\/summary>\n<div class=\"sources-content\">\n<div class=\"sources-columns\">\n<div>\n<p class=\"sources-col-title\">Textes l\u00e9gaux<\/p>\n<ul class=\"sources-list\">\n<li>\n                  <a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/article_lc\/LEGIARTI000045178110\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Art. L.631-1 C.com \u2014 Conditions d&rsquo;ouverture et finalit\u00e9 du redressement judiciaire<\/a><br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Loi n\u00b0 2022-172 du 14 f\u00e9vrier 2022, en vigueur depuis le 15 mai 2022<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.631-2 C.com \u2014 Personnes \u00e9ligibles au redressement judiciaire\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.631-4 C.com \u2014 D\u00e9lai de 45 jours pour d\u00e9clarer la cessation des paiements\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.631-8 C.com \u2014 Fixation de la date de cessation des paiements et p\u00e9riode suspecte\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.622-13 C.com (via L.631-14) \u2014 Sort des contrats en cours pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.622-17 C.com \u2014 R\u00e9gime privil\u00e9gi\u00e9 des cr\u00e9ances n\u00e9es apr\u00e8s le jugement d&rsquo;ouverture\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.626-29 et L.626-30 C.com \u2014 Classes de parties affect\u00e9es (directive Restructuration, ord. 2021-1193)\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.651-2 C.com \u2014 Action en responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.653-8 C.com \u2014 Faillite personnelle et interdiction de g\u00e9rer\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.654-2 C.com \u2014 Banqueroute\n                <\/li>\n<li>\n                  Art. L.3253-2 et L.3253-3 C. trav. \u2014 Superprivil\u00e8ge des salaires et garantie AGS\n                <\/li>\n<\/ul><\/div>\n<div>\n<p class=\"sources-col-title\">Jurisprudence<\/p>\n<ul class=\"sources-list\">\n<li>\n                  Cass. com., 12 janv. 2022, n\u00b0 20-16.394, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Si le d\u00e9biteur est en mesure de se redresser, le RJ doit \u00eatre ouvert. Si le redressement est manifestement impossible, le juge prononce la LJ.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 20 nov. 2024, n\u00b0 23-12.297, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">La demande d&rsquo;ouverture doit \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e au plus tard dans les 45 jours suivant la cessation des paiements.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 2 juin 2021, n\u00b0 19-25.556, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">La cessation des paiements s&rsquo;appr\u00e9cie au jour o\u00f9 le tribunal statue.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 20 juin 2018, n\u00b0 17-13.204, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Conversion RJ en LJ : convocation obligatoire du d\u00e9biteur par LRAR. D\u00e9faut de convocation = annulation du jugement.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 11 mars 2020, n\u00b0 18-22.960, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Comp\u00e9tence du tribunal ayant ouvert la proc\u00e9dure initiale pour les demandes d&rsquo;extension \u00e0 d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9s du groupe.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 9 sept. 2020, n\u00b0 19-10.206, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Cr\u00e9ancier n&rsquo;ayant pas d\u00e9clar\u00e9 sa cr\u00e9ance : inopposabilit\u00e9 pendant la proc\u00e9dure ; droit de poursuite individuel retrouv\u00e9 en cas de r\u00e9solution du plan.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 22 janv. 2020, n\u00b0 18-17.030, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Responsabilit\u00e9 pour insuffisance d&rsquo;actif : les fautes commises pendant la p\u00e9riode d&rsquo;observation et pendant l&rsquo;ex\u00e9cution du plan peuvent \u00eatre prises en compte.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 6 mars 2024, n\u00b0 22-23.993, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Les cr\u00e9ances n\u00e9es apr\u00e8s l&rsquo;adoption du plan de redressement (qui met fin \u00e0 la p\u00e9riode d&rsquo;observation) ne b\u00e9n\u00e9ficient pas du privil\u00e8ge L.622-17 dans une nouvelle proc\u00e9dure.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 12 juin 2025, n\u00b0 23-22.076, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">La LJ ouverte concomitamment \u00e0 la r\u00e9solution d&rsquo;un plan de RJ est une nouvelle proc\u00e9dure collective \u2014 fait obstacle \u00e0 la r\u00e9siliation du bail pour loyers post\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;ouverture du RJ initial.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  Cass. com., 11 d\u00e9c. 2024, n\u00b0 23-10.708, Publi\u00e9 au Bulletin<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">La contribution employeur au financement du CSP n&rsquo;est pas une cr\u00e9ance superprivil\u00e9gi\u00e9e des salaires.<\/span>\n                <\/li>\n<li>\n                  France Strat\u00e9gie, note d&rsquo;analyse n\u00b0 84, f\u00e9vr. 2020<br \/>\n                  <span style=\"font-size:0.8rem;color:#4A5568;\">Taux de r\u00e9ussite compar\u00e9 : 27 % en redressement judiciaire, 62 % en proc\u00e9dure de sauvegarde.<\/span>\n                <\/li>\n<\/ul><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/p><\/div>\n<\/details><\/div>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;entreprise est en cessation des paiements, mais un redressement reste envisageable. Le redressement judiciaire offre une derni\u00e8re chance : suspendre les poursuites, geler les dettes, et donner au tribunal le temps de construire un plan. Ce guide explique comment la proc\u00e9dure s&rsquo;ouvre, comment elle se d\u00e9roule, et quels en sont les effets r\u00e9els pour le dirigeant, les salari\u00e9s et les cr\u00e9anciers.<\/p>","protected":false},"author":0,"featured_media":0,"parent":18292,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"page-templates\/template-guide-enfant.php","meta":{"footnotes":""},"solent_domaine":[413,453],"class_list":["post-18402","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18402","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=18402"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18402\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":18403,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18402\/revisions\/18403"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/18292"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=18402"}],"wp:term":[{"taxonomy":"solent_domaine","embeddable":true,"href":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/wp-json\/wp\/v2\/solent_domaine?post=18402"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}