{"id":16050,"date":"2025-06-27T08:20:09","date_gmt":"2025-06-27T07:20:09","guid":{"rendered":"https:\/\/solent-avocats.com\/protection-debiteur-voies-execution-droits-limites-recours\/"},"modified":"2026-03-26T15:14:29","modified_gmt":"2026-03-26T14:14:29","slug":"debtor-protection-enforcement-rights-limitations-remedies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/solent-avocats.com\/en\/protection-debiteur-voies-execution-droits-limites-recours\/","title":{"rendered":"Protection of debtors in enforcement proceedings: rights, limits and remedies"},"content":{"rendered":"<p>Lorsqu&rsquo;un cr\u00e9ancier engage une proc\u00e9dure de saisie, le d\u00e9biteur n&rsquo;est pas livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame. Le droit fran\u00e7ais organise un v\u00e9ritable arsenal de protections &#8211; biens insaisissables, encadrement strict des interventions \u00e0 domicile, contr\u00f4le du juge de l&rsquo;ex\u00e9cution, limites \u00e0 la recherche d&rsquo;informations patrimoniales &#8211; pour que le recouvrement ne se transforme pas en spoliation. Ces garanties, ancr\u00e9es dans la Constitution et la Convention europ\u00e9enne des droits de l&rsquo;homme, trouvent leur traduction concr\u00e8te dans le Code des proc\u00e9dures civiles d&rsquo;ex\u00e9cution (CPCE). Un <a href=\"https:\/\/solent-avocats.com\/avocat-voies-execution\/\">avocat en voies d&rsquo;ex\u00e9cution<\/a> est l&rsquo;interlocuteur indispensable pour les actionner efficacement.<\/p>\n<h2>L&rsquo;insaisissabilit\u00e9 : le socle de la protection du d\u00e9biteur<\/h2>\n<p>Le droit de gage g\u00e9n\u00e9ral du cr\u00e9ancier (article 2284 du Code civil) n&rsquo;est pas absolu. La loi soustrait aux poursuites un ensemble de biens et de revenus jug\u00e9s indispensables \u00e0 la vie et \u00e0 la dignit\u00e9 du d\u00e9biteur.<\/p>\n<h3>Biens mobiliers et revenus prot\u00e9g\u00e9s<\/h3>\n<p>L&rsquo;article R. 112-2 du CPCE dresse la liste des biens mobiliers insaisissables : v\u00eatements, literie, denr\u00e9es alimentaires, objets n\u00e9cessaires aux personnes en situation de handicap, instruments de travail indispensables \u00e0 l&rsquo;exercice de la profession. Cette liste est r\u00e9guli\u00e8rement actualis\u00e9e par d\u00e9cret pour s&rsquo;adapter aux \u00e9volutions sociales.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 revenus, les salaires, pensions de retraite et allocations ch\u00f4mage ne sont saisissables que dans les proportions fix\u00e9es par un bar\u00e8me l\u00e9gal progressif (article L. 3252-2 du Code du travail). Le d\u00e9biteur conserve toujours au minimum le montant du RSA pour une personne seule. Ce plancher se mat\u00e9rialise aussi par le <strong>solde bancaire insaisissable (SBI)<\/strong>, qui prot\u00e8ge automatiquement une somme \u00e9quivalente sur le compte en banque lors d&rsquo;une saisie-attribution.<\/p>\n<h3>La r\u00e9sidence principale de l&rsquo;entrepreneur individuel<\/h3>\n<p>Depuis la loi du 6 ao\u00fbt 2015 (dite loi Macron), la r\u00e9sidence principale de l&rsquo;entrepreneur individuel est <strong>insaisissable de plein droit<\/strong> pour les dettes n\u00e9es de son activit\u00e9 professionnelle. Cette protection, autrefois subordonn\u00e9e \u00e0 une d\u00e9claration notari\u00e9e, s&rsquo;applique d\u00e9sormais automatiquement. Elle peut \u00eatre \u00e9tendue aux autres biens fonciers non affect\u00e9s \u00e0 l&rsquo;usage professionnel par d\u00e9claration devant notaire. Le patrimoine personnel se trouve ainsi s\u00e9par\u00e9 du patrimoine professionnel, limitant l&rsquo;exposition du d\u00e9biteur entrepreneur.<\/p>\n<h3>Les immunit\u00e9s d&rsquo;ex\u00e9cution<\/h3>\n<p>Certaines entit\u00e9s \u00e9chappent par principe aux mesures d&rsquo;ex\u00e9cution forc\u00e9e. L&rsquo;\u00c9tat, les collectivit\u00e9s territoriales, les \u00e9tablissements publics b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une immunit\u00e9 qui interdit toute saisie sur leurs biens. Cette protection s&rsquo;\u00e9tend, sous conditions, aux \u00c9tats \u00e9trangers et aux organisations internationales en vertu du droit international coutumier, codifi\u00e9 notamment par la Convention des Nations unies de 2004. Les cr\u00e9anciers de ces personnes publiques doivent suivre des proc\u00e9dures de recouvrement sp\u00e9cifiques, souvent longues et incertaines.<\/p>\n<h2>L&rsquo;encadrement de la recherche d&rsquo;informations sur le d\u00e9biteur<\/h2>\n<p>Pour ex\u00e9cuter une saisie, le cr\u00e9ancier doit localiser le patrimoine du d\u00e9biteur. Cette recherche est l\u00e9gitime, mais strictement encadr\u00e9e pour ne pas devenir une surveillance g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<h3>FICOBA et obligations de communication des tiers<\/h3>\n<p>L&rsquo;article L. 152-1 du CPCE autorise le commissaire de justice, muni d&rsquo;un titre ex\u00e9cutoire, \u00e0 interroger les administrations et organismes publics pour obtenir l&rsquo;adresse du d\u00e9biteur, l&rsquo;identit\u00e9 de son employeur et la composition de son patrimoine immobilier. Le fichier FICOBA (Fichier national des comptes bancaires et assimil\u00e9s) permet de r\u00e9v\u00e9ler l&rsquo;existence des comptes ouverts au nom du d\u00e9biteur &#8211; mais pas leur solde, qui ne sera connu qu&rsquo;au moment de la saisie effective.<\/p>\n<p>Les banques et tiers saisis sont tenus de communiquer certains renseignements au commissaire de justice, dans les limites de ce qui est strictement n\u00e9cessaire au recouvrement. Cette obligation ne permet pas de contourner le secret professionnel au-del\u00e0 du cadre pos\u00e9 par la loi.<\/p>\n<h3>RGPD et protection des donn\u00e9es du d\u00e9biteur<\/h3>\n<p>Le R\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es (RGPD) impose des limites suppl\u00e9mentaires \u00e0 la collecte d&rsquo;informations. Les donn\u00e9es recueillies par le commissaire de justice ou une soci\u00e9t\u00e9 de recouvrement doivent respecter les principes de <strong>finalit\u00e9<\/strong> (utilisation exclusivement li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution du titre) et de <strong>minimisation<\/strong> (collecte limit\u00e9e au strict n\u00e9cessaire). Les donn\u00e9es ne peuvent \u00eatre conserv\u00e9es au-del\u00e0 de la dur\u00e9e n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>La CNIL a commenc\u00e9 \u00e0 examiner les pratiques des acteurs du recouvrement au regard du RGPD, ouvrant de nouvelles voies de contestation pour les d\u00e9biteurs dont les donn\u00e9es seraient trait\u00e9es de mani\u00e8re excessive ou d\u00e9tourn\u00e9e. Le rejet par le Conseil constitutionnel du projet de \u00ab\u00a0fichier positif\u00a0\u00bb des cr\u00e9dits illustre la m\u00eame m\u00e9fiance envers une centralisation excessive des donn\u00e9es financi\u00e8res des particuliers.<\/p>\n<h2>La protection de la personne du d\u00e9biteur pendant la saisie<\/h2>\n<p>La proc\u00e9dure de saisie est intrusive par nature. Le l\u00e9gislateur a pos\u00e9 des garde-fous pour que cette intrusion reste proportionn\u00e9e et respectueuse des droits fondamentaux.<\/p>\n<h3>Horaires d&rsquo;intervention et inviolabilit\u00e9 du domicile<\/h3>\n<p>Les mesures d&rsquo;ex\u00e9cution ne peuvent \u00eatre pratiqu\u00e9es qu&rsquo;entre 6 heures et 21 heures, et sont interdites les dimanches et jours f\u00e9ri\u00e9s, sauf autorisation sp\u00e9ciale du juge. L&rsquo;inviolabilit\u00e9 du domicile, garantie constitutionnelle, impose au commissaire de justice de respecter un formalisme rigoureux pour p\u00e9n\u00e9trer chez le d\u00e9biteur. Une intervention hors cadre l\u00e9gal constitue une violation de domicile sanctionn\u00e9e par l&rsquo;article 226-4 du Code p\u00e9nal.<\/p>\n<p>Lors d&rsquo;une expulsion, les documents personnels (papiers d&rsquo;identit\u00e9, courriers, souvenirs de famille) doivent \u00eatre trait\u00e9s avec un soin particulier et mis \u00e0 disposition de la personne expuls\u00e9e. Le commissaire de justice ne peut pas communiquer aux tiers les motifs de la condamnation ni aucune information exc\u00e9dant ce qui est n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution.<\/p>\n<h3>La tr\u00eave hivernale et la protection du logement<\/h3>\n<p>L&rsquo;expulsion du logement principal est suspendue chaque ann\u00e9e du 1er novembre au 31 mars (tr\u00eave hivernale). En dehors de cette p\u00e9riode, le juge peut accorder des d\u00e9lais de trois mois \u00e0 trois ans si le relogement du d\u00e9biteur et de sa famille ne peut se faire dans des conditions normales. L&rsquo;administration est syst\u00e9matiquement inform\u00e9e pour rechercher des solutions de relogement.<\/p>\n<h2>Le juge de l&rsquo;ex\u00e9cution, garant de l&rsquo;\u00e9quilibre<\/h2>\n<p>Le <strong>juge de l&rsquo;ex\u00e9cution (JEX)<\/strong> est le pivot du contentieux de l&rsquo;ex\u00e9cution forc\u00e9e. Il statue sur toutes les difficult\u00e9s relatives aux titres ex\u00e9cutoires et aux contestations qui s&rsquo;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 l&rsquo;occasion de la saisie.<\/p>\n<h3>Comp\u00e9tence et contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9<\/h3>\n<p>Le JEX est comp\u00e9tent pour toutes les formes de saisie &#8211; mobili\u00e8re, immobili\u00e8re, conservatoire &#8211; ainsi que pour les proc\u00e9dures d&rsquo;expulsion. Un d\u00e9biteur qui estime qu&rsquo;une saisie est irr\u00e9guli\u00e8re, abusive ou disproportionn\u00e9e peut le saisir pour obtenir la mainlev\u00e9e de la mesure.<\/p>\n<p>L&rsquo;article L. 111-7 du CPCE pose le principe : si le cr\u00e9ancier a le choix des mesures d&rsquo;ex\u00e9cution, celles-ci ne peuvent exc\u00e9der ce qui est n\u00e9cessaire pour obtenir le paiement. Le JEX veille \u00e0 cette proportionnalit\u00e9. Il peut ordonner la mainlev\u00e9e d&rsquo;une saisie-attribution portant sur l&rsquo;ensemble des comptes pour une cr\u00e9ance modeste, ou cantonner la mesure \u00e0 un montant plus juste. Ce contr\u00f4le prot\u00e8ge le d\u00e9biteur contre les strat\u00e9gies d&rsquo;intimidation.<\/p>\n<h3>L&rsquo;abus de saisie et ses sanctions<\/h3>\n<p>L&rsquo;article L. 121-2 du CPCE permet au JEX de condamner le cr\u00e9ancier saisissant \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats lorsque la mesure d&rsquo;ex\u00e9cution est inutile ou abusive. La jurisprudence qualifie d&rsquo;abusive une saisie disproportionn\u00e9e par rapport au montant de la dette, ou une saisie maintenue alors que la cr\u00e9ance a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e. La responsabilit\u00e9 du cr\u00e9ancier est engag\u00e9e d\u00e8s lors qu&rsquo;il a agi avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bl\u00e2mable ou une intention de nuire, causant un pr\u00e9judice mat\u00e9riel ou moral au d\u00e9biteur.<\/p>\n<h2>Les recours du d\u00e9biteur face \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution forc\u00e9e<\/h2>\n<h3>Contester la cr\u00e9ance ou le titre ex\u00e9cutoire<\/h3>\n<p>Le premier r\u00e9flexe du d\u00e9biteur est de v\u00e9rifier la solidit\u00e9 du fondement m\u00eame de la saisie. Il peut contester le montant r\u00e9clam\u00e9, l&rsquo;existence de la dette, la validit\u00e9 du titre ex\u00e9cutoire ou soulever la prescription de la cr\u00e9ance. Un titre irr\u00e9gulier en la forme ou fond\u00e9 sur une obligation \u00e9teinte justifie la mainlev\u00e9e de la mesure.<\/p>\n<h3>Soulever les irr\u00e9gularit\u00e9s de proc\u00e9dure<\/h3>\n<p>La saisie ob\u00e9it \u00e0 un formalisme strict. Toute erreur dans l&rsquo;acte de saisie &#8211; d\u00e9faut de signification, non-respect des mentions obligatoires, d\u00e9passement des horaires l\u00e9gaux &#8211; constitue un incident de proc\u00e9dure que le d\u00e9biteur peut porter devant le JEX. Ces irr\u00e9gularit\u00e9s peuvent entra\u00eener la nullit\u00e9 de la saisie.<\/p>\n<h3>L&rsquo;am\u00e9nagement de la dette : d\u00e9lais de gr\u00e2ce et surendettement<\/h3>\n<p>Le juge peut accorder des <strong>d\u00e9lais de gr\u00e2ce<\/strong> pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 deux ans (article 1343-5 du Code civil), permettant au d\u00e9biteur de r\u00e9\u00e9chelonner sa dette et de suspendre temporairement les poursuites. Lorsque la situation financi\u00e8re est irr\u00e9m\u00e9diablement compromise, le d\u00e9biteur particulier peut saisir la commission de surendettement de la Banque de France, qui peut imposer un plan de redressement, voire prononcer un effacement partiel ou total des dettes dans le cadre d&rsquo;une proc\u00e9dure de r\u00e9tablissement personnel.<\/p>\n<h3>La vente amiable comme alternative \u00e0 la vente forc\u00e9e<\/h3>\n<p>En cas de saisie mobili\u00e8re ou immobili\u00e8re, le d\u00e9biteur peut demander au juge l&rsquo;autorisation de vendre lui-m\u00eame le bien \u00e0 l&rsquo;amiable. Cette option permet g\u00e9n\u00e9ralement d&rsquo;obtenir un meilleur prix qu&rsquo;une vente aux ench\u00e8res et de solder la dette dans de meilleures conditions. Le cr\u00e9ancier y trouve aussi son compte, la valeur r\u00e9alis\u00e9e \u00e9tant souvent sup\u00e9rieure.<\/p>\n<h2>Les r\u00e9formes r\u00e9centes (2023-2025) : ce qui change pour le d\u00e9biteur<\/h2>\n<h3>La d\u00e9judiciarisation de la saisie des r\u00e9mun\u00e9rations (loi n\u00b0 2023-1059)<\/h3>\n<p>A compter du 1er juillet 2025, la saisie des r\u00e9mun\u00e9rations ne passe plus syst\u00e9matiquement par une audience devant le juge. Le commissaire de justice devient l&rsquo;acteur central de la proc\u00e9dure, sous contr\u00f4le distant du JEX. Un registre num\u00e9rique des saisies centralise les informations. Le Conseil constitutionnel, dans sa d\u00e9cision du 16 novembre 2023, a pos\u00e9 une r\u00e9serve d&rsquo;interpr\u00e9tation : seules les informations \u00ab\u00a0strictement n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb \u00e0 la proc\u00e9dure pourront \u00eatre transmises par l&#8217;employeur, afin de pr\u00e9server la vie priv\u00e9e du salari\u00e9 d\u00e9biteur.<\/p>\n<h3>La loi \u00ab\u00a0anti-squat\u00a0\u00bb du 27 juillet 2023 (loi n\u00b0 2023-668)<\/h3>\n<p>Cette loi a durci la r\u00e9pression de l&rsquo;occupation illicite de logements et simplifi\u00e9 les proc\u00e9dures administratives d&rsquo;expulsion. Elle a cr\u00e9\u00e9 un nouveau d\u00e9lit \u00e0 l&rsquo;article 226-4-2 du Code p\u00e9nal, sanctionnant de trois ans d&#8217;emprisonnement et 30 000 euros d&rsquo;amende le fait de forcer un occupant \u00e0 quitter son domicile sans d\u00e9cision de justice. Si elle renforce les droits des propri\u00e9taires, elle maintient &#8211; et m\u00eame renforce sur ce point pr\u00e9cis &#8211; la protection contre les expulsions sauvages.<\/p>\n<h2>Foire aux questions<\/h2>\n<p><script type=\"application\/ld+json\">\n{\n  \"@context\": \"https:\/\/schema.org\",\n  \"@type\": \"FAQPage\",\n  \"mainEntity\": [\n    {\n      \"@type\": \"Question\",\n      \"name\": \"Quels biens sont insaisissables lors d'une proc\u00e9dure d'ex\u00e9cution ?\",\n      \"acceptedAnswer\": {\n        \"@type\": \"Answer\",\n        \"text\": \"La loi prot\u00e8ge les biens indispensables \u00e0 la vie quotidienne (v\u00eatements, literie, denr\u00e9es alimentaires), les instruments de travail n\u00e9cessaires \u00e0 l'exercice de la profession, les objets destin\u00e9s aux personnes en situation de handicap et une fraction des revenus (salaires, pensions, allocations). Le d\u00e9biteur conserve toujours au minimum le montant du RSA sur son compte bancaire gr\u00e2ce au solde bancaire insaisissable (SBI).\"\n      }\n    },\n    {\n      \"@type\": \"Question\",\n      \"name\": \"Un cr\u00e9ancier peut-il acc\u00e9der librement aux informations bancaires du d\u00e9biteur ?\",\n      \"acceptedAnswer\": {\n        \"@type\": \"Answer\",\n        \"text\": \"Non. Le commissaire de justice muni d'un titre ex\u00e9cutoire peut interroger le fichier FICOBA pour conna\u00eetre l'existence des comptes du d\u00e9biteur, mais pas leur solde. La recherche d'informations est encadr\u00e9e par le CPCE et le RGPD : seules les donn\u00e9es strictement n\u00e9cessaires au recouvrement peuvent \u00eatre collect\u00e9es, et elles ne peuvent \u00eatre conserv\u00e9es au-del\u00e0 de la proc\u00e9dure.\"\n      }\n    },\n    {\n      \"@type\": \"Question\",\n      \"name\": \"La r\u00e9sidence principale d'un entrepreneur est-elle prot\u00e9g\u00e9e ?\",\n      \"acceptedAnswer\": {\n        \"@type\": \"Answer\",\n        \"text\": \"Oui. Depuis la loi Macron de 2015, la r\u00e9sidence principale de l'entrepreneur individuel est insaisissable de plein droit pour les dettes n\u00e9es de son activit\u00e9 professionnelle. Cette protection s'applique automatiquement, sans d\u00e9claration pr\u00e9alable. Pour les dettes personnelles en revanche, la r\u00e9sidence principale peut en principe faire l'objet d'une saisie immobili\u00e8re.\"\n      }\n    },\n    {\n      \"@type\": \"Question\",\n      \"name\": \"Que peut faire le juge de l'ex\u00e9cution si la saisie est disproportionn\u00e9e ?\",\n      \"acceptedAnswer\": {\n        \"@type\": \"Answer\",\n        \"text\": \"Le juge de l'ex\u00e9cution (JEX) peut ordonner la mainlev\u00e9e de toute mesure inutile ou abusive et condamner le cr\u00e9ancier \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats en application de l'article L. 121-2 du CPCE. Il exerce un contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9 : la saisie ne peut exc\u00e9der ce qui est n\u00e9cessaire pour obtenir le paiement de la cr\u00e9ance.\"\n      }\n    },\n    {\n      \"@type\": \"Question\",\n      \"name\": \"Un huissier (commissaire de justice) peut-il intervenir \u00e0 n'importe quelle heure ?\",\n      \"acceptedAnswer\": {\n        \"@type\": \"Answer\",\n        \"text\": \"Non. Les mesures d'ex\u00e9cution ne peuvent \u00eatre pratiqu\u00e9es qu'entre 6 heures et 21 heures, et sont interdites les dimanches et jours f\u00e9ri\u00e9s, sauf autorisation sp\u00e9ciale du juge. Une intervention en dehors de ces cr\u00e9neaux constitue une irr\u00e9gularit\u00e9 pouvant entra\u00eener la nullit\u00e9 de la saisie.\"\n      }\n    },\n    {\n      \"@type\": \"Question\",\n      \"name\": \"Quels sont les d\u00e9lais pour contester une saisie ?\",\n      \"acceptedAnswer\": {\n        \"@type\": \"Answer\",\n        \"text\": \"Les d\u00e9lais varient selon le type de saisie. Pour une saisie-attribution, le d\u00e9biteur dispose d'un mois \u00e0 compter de la d\u00e9nonciation de l'acte pour contester devant le JEX. Pour une saisie immobili\u00e8re, la contestation doit intervenir dans un d\u00e9lai de quinze jours avant l'audience d'orientation. Ces d\u00e9lais \u00e9tant courts, il est essentiel de consulter rapidement un avocat d\u00e8s r\u00e9ception de l'acte.\"\n      }\n    }\n  ]\n}\n<\/script><\/p>\n<h3>Quels biens sont insaisissables lors d&rsquo;une proc\u00e9dure d&rsquo;ex\u00e9cution ?<\/h3>\n<p>La loi prot\u00e8ge les biens indispensables \u00e0 la vie quotidienne (v\u00eatements, literie, denr\u00e9es alimentaires), les instruments de travail n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;exercice de la profession, les objets destin\u00e9s aux personnes en situation de handicap et une fraction des revenus (salaires, pensions, allocations). Le d\u00e9biteur conserve toujours au minimum le montant du RSA sur son compte bancaire gr\u00e2ce au solde bancaire insaisissable (SBI).<\/p>\n<h3>Un cr\u00e9ancier peut-il acc\u00e9der librement aux informations bancaires du d\u00e9biteur ?<\/h3>\n<p>Non. Le commissaire de justice muni d&rsquo;un titre ex\u00e9cutoire peut interroger le fichier FICOBA pour conna\u00eetre l&rsquo;existence des comptes du d\u00e9biteur, mais pas leur solde. La recherche d&rsquo;informations est encadr\u00e9e par le CPCE et le RGPD : seules les donn\u00e9es strictement n\u00e9cessaires au recouvrement peuvent \u00eatre collect\u00e9es, et elles ne peuvent \u00eatre conserv\u00e9es au-del\u00e0 de la proc\u00e9dure.<\/p>\n<h3>La r\u00e9sidence principale d&rsquo;un entrepreneur est-elle prot\u00e9g\u00e9e ?<\/h3>\n<p>Oui. Depuis la loi Macron de 2015, la r\u00e9sidence principale de l&rsquo;entrepreneur individuel est insaisissable de plein droit pour les dettes n\u00e9es de son activit\u00e9 professionnelle. Cette protection s&rsquo;applique automatiquement, sans d\u00e9claration pr\u00e9alable. Pour les dettes personnelles, la r\u00e9sidence peut en principe faire l&rsquo;objet d&rsquo;une saisie immobili\u00e8re.<\/p>\n<h3>Que peut faire le juge de l&rsquo;ex\u00e9cution si la saisie est disproportionn\u00e9e ?<\/h3>\n<p>Le JEX peut ordonner la mainlev\u00e9e de toute mesure inutile ou abusive et condamner le cr\u00e9ancier \u00e0 des dommages-int\u00e9r\u00eats (article L. 121-2 du CPCE). Il exerce un contr\u00f4le de proportionnalit\u00e9 : la saisie ne peut exc\u00e9der ce qui est n\u00e9cessaire pour obtenir le paiement de la cr\u00e9ance.<\/p>\n<h3>Un commissaire de justice peut-il intervenir \u00e0 n&rsquo;importe quelle heure ?<\/h3>\n<p>Non. Les mesures d&rsquo;ex\u00e9cution ne peuvent \u00eatre pratiqu\u00e9es qu&rsquo;entre 6 heures et 21 heures, et sont interdites les dimanches et jours f\u00e9ri\u00e9s sauf autorisation du juge. Une intervention hors cadre constitue une irr\u00e9gularit\u00e9 pouvant entra\u00eener la nullit\u00e9 de la saisie.<\/p>\n<h3>Quels sont les d\u00e9lais pour contester une saisie ?<\/h3>\n<p>Les d\u00e9lais varient selon le type de saisie. Pour une saisie-attribution, le d\u00e9biteur dispose d&rsquo;un mois \u00e0 compter de la d\u00e9nonciation de l&rsquo;acte. Pour une saisie immobili\u00e8re, la contestation doit intervenir quinze jours avant l&rsquo;audience d&rsquo;orientation. Ces d\u00e9lais sont courts : consulter un <a href=\"https:\/\/solent-avocats.com\/avocat-voies-execution\/\">avocat en voies d&rsquo;ex\u00e9cution<\/a> d\u00e8s r\u00e9ception de l&rsquo;acte est essentiel.<\/p>\n<h2>Sources<\/h2>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/id\/LEGITEXT000025024948\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Code des proc\u00e9dures civiles d&rsquo;ex\u00e9cution<\/a>, notamment articles L. 111-7, L. 112-2, L. 121-2, L. 152-1, R. 112-2<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/id\/LEGITEXT000006070721\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Code civil<\/a>, articles 2284, 1343-5<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/id\/LEGITEXT000006072050\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Code du travail<\/a>, article L. 3252-2<\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/codes\/id\/LEGITEXT000006070719\/\" rel=\"nofollow noopener\" target=\"_blank\">Code p\u00e9nal<\/a>, articles 226-4 et 226-4-2<\/li>\n<li>Loi n\u00b0 2015-990 du 6 ao\u00fbt 2015 pour la croissance, l&rsquo;activit\u00e9 et l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances \u00e9conomiques (insaisissabilit\u00e9 de la r\u00e9sidence principale)<\/li>\n<li>Loi n\u00b0 2023-1059 du 20 novembre 2023 d&rsquo;orientation et de programmation du minist\u00e8re de la Justice 2023-2027 (d\u00e9judiciarisation de la saisie des r\u00e9mun\u00e9rations)<\/li>\n<li>Loi n\u00b0 2023-668 du 27 juillet 2023 visant \u00e0 prot\u00e9ger les logements contre l&rsquo;occupation illicite<\/li>\n<li>R\u00e8glement (UE) 2016\/679 du 27 avril 2016 relatif \u00e0 la protection des personnes physiques (RGPD)<\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lorsqu&rsquo;un cr\u00e9ancier engage une proc\u00e9dure de saisie, le d\u00e9biteur n&rsquo;est pas livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame. Le droit fran\u00e7ais organise un v\u00e9ritable arsenal de protections &#8211; biens insaisissables, encadrement strict des interventions \u00e0 domicile, contr\u00f4le du juge de l&rsquo;ex\u00e9cution, limites \u00e0 la recherche d&rsquo;informations patrimoniales &#8211; pour que le recouvrement ne se transforme pas en spoliation. 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