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Le cadre juridique des virements bancaires : droits du client et obligations de la banque

Table des matières

Dernière mise à jour : 25 mars 2026 – consolidation : irrévocabilité, procédure collective, jurisprudence fraude 2023-2024

Le virement bancaire est l’instrument de paiement le plus utilisé en France, tant par les particuliers que par les entreprises. Sa simplicité apparente masque pourtant un cadre juridique dense, issu du Code monétaire et financier et des directives européennes sur les services de paiement. Droits du client, obligations de la banque, irrévocabilité de l’ordre, fraude : cet article fait le point sur l’ensemble du régime applicable.

Qu’est-ce qu’un virement bancaire et quels sont les différents types ?

Nature juridique de l’ordre de virement et de l’opération de paiement

Le virement bancaire se décompose juridiquement en deux phases distinctes. L’ordre de virement est l’instruction donnée par le payeur à son prestataire de services de paiement. Il s’analyse comme un mandat : le client charge sa banque de transférer une somme déterminée depuis son compte vers celui d’un bénéficiaire.

L’opération de virement désigne l’exécution matérielle de cet ordre. Elle se traduit par un jeu d’écritures comptables – débit du compte du donneur d’ordre, crédit du compte du bénéficiaire. C’est par ce procédé scriptural que le transfert effectif des fonds est réalisé. Cette distinction entre l’ordre et l’opération n’est pas purement théorique : elle conditionne le moment de l’irrévocabilité et l’opposabilité du virement aux tiers, deux questions développées plus loin.

Les acteurs du virement

Plusieurs intervenants participent à un virement :

  • Le donneur d’ordre (ou payeur) : la personne qui initie le virement.
  • Le bénéficiaire : la personne destinataire des fonds.
  • Le prestataire de services de paiement (PSP) du donneur d’ordre : la banque qui tient le compte à débiter.
  • Le PSP du bénéficiaire : la banque qui tient le compte à créditer.

Pour les virements internationaux ou complexes, un ou plusieurs PSP intermédiaires peuvent intervenir pour acheminer les fonds entre les deux établissements.

Les principaux types de virement bancaire

Il existe plusieurs catégories de virement, chacune répondant à des besoins distincts :

  • Virement interne : transfert entre deux comptes détenus par la même personne au sein du même établissement. Généralement instantané et gratuit.
  • Virement externe : transfert vers le compte d’un tiers, dans la même banque ou une banque différente.
  • Virement ponctuel : ordre de paiement unique pour une opération spécifique.
  • Virement permanent : ordre récurrent (mensuel, trimestriel) pour un montant fixe vers un même bénéficiaire – typiquement le paiement d’un loyer ou d’un salaire.
  • Virement SEPA classique : virement en euros entre comptes situés dans la zone SEPA. Délai d’exécution d’un jour ouvrable. C’est le standard pour les opérations nationales et transfrontalières en Europe.
  • Virement SEPA instantané (Instant Payment) : transfert en quelques secondes, 24h/24 et 7j/7, y compris les week-ends et jours fériés. Un plafond de montant peut s’appliquer selon les établissements.
  • Virement international hors zone SEPA : virement vers un pays hors SEPA ou dans une devise autre que l’euro. Frais plus élevés, délais plus longs, code SWIFT/BIC nécessaire.
  • Virement commercial à échéance (VCOM) : moyen de paiement dématérialisé utilisé par les entreprises pour leurs paiements fournisseurs, avec une date d’exécution future.

Cadre réglementaire : CMF, DSP2 et l’Espace Unique de Paiement en Euros (SEPA)

Le régime juridique des virements bancaires en France repose sur le Code monétaire et financier (CMF), dont les dispositions transposent les directives européennes sur les services de paiement (DSP1, puis DSP2). Le règlement SEPA complète ce dispositif en harmonisant les règles au sein de l’Union européenne et de l’Espace Économique Européen.

Obligations des prestataires de services de paiement

Les banques, en tant que PSP, doivent fournir à leurs clients une information claire et complète avant de réaliser un virement (délais d’exécution, frais, taux de change éventuel) et après son exécution. Les virements SEPA font partie des services bancaires de base, et cette transparence tarifaire est un pilier de la réglementation.

L’authentification forte imposée par la DSP2

Pour sécuriser les opérations en ligne, la DSP2 a généralisé l’exigence d’une authentification forte du client. Concrètement, pour initier un virement depuis un espace bancaire en ligne ou une application mobile, le client doit s’identifier en combinant au moins deux éléments parmi trois catégories :

  • Un élément de connaissance (mot de passe, code PIN) ;
  • Un élément de possession (téléphone mobile, carte à puce) ;
  • Un élément d’inhérence (empreinte digitale, reconnaissance faciale).

Ce dispositif vise à réduire les risques de fraude. Son efficacité repose toutefois sur la robustesse des solutions déployées par chaque banque – un point qui alimente un contentieux croissant, comme on le verra dans la section consacrée aux virements frauduleux.

Le SEPA : harmonisation des paiements en euros

Le SEPA (Single Euro Payments Area) permet aux particuliers et aux entreprises d’effectuer et de recevoir des paiements en euros dans les mêmes conditions, qu’il s’agisse d’un virement national ou transfrontalier. La zone SEPA comprend les pays de l’Union européenne ainsi que la Norvège, l’Islande, le Liechtenstein, la Suisse, Monaco, Saint-Marin, Andorre et le Vatican. Le Conseil Européen des Paiements (EPC) coordonne les standards techniques du secteur.

Exécution d’un ordre de virement : délais, jours ouvrables et systèmes de paiement

Délais de traitement et jours ouvrables

Le délai pour qu’un virement parvienne au bénéficiaire dépend du type d’opération :

  • Virement SEPA classique : les fonds sont crédités sur le compte du bénéficiaire dans un délai d’un jour ouvrable suivant la réception de l’ordre par la banque du donneur d’ordre (art. L. 133-12 CMF). Les jours ouvrables excluent les samedis, dimanches et jours fériés. Un virement initié un vendredi soir ne sera traité que le lundi – ou le mardi si le lundi est férié.
  • Virement SEPA instantané : traitement en quelques secondes, 24h/24, y compris les week-ends et jours fériés. Le plafond de montant peut varier selon les banques.
  • Virement international hors SEPA : délais variables de quelques jours à plus d’une semaine, selon le pays, la devise et les banques intermédiaires.

L’heure limite de réception des ordres (cut-off time) fixée par chaque établissement influe sur la date de début du délai d’exécution. Un ordre reçu après cette heure est réputé reçu le jour ouvrable suivant.

Le rôle de TARGET2 pour les flux de gros montant

Pour les virements de gros montant en euros entre banques de l’Union européenne, le système TARGET2 (Trans-European Automated Real-time Gross settlement Express Transfer system) assure le règlement en temps réel et de manière irrévocable. Géré par la BCE et les banques centrales nationales, TARGET2 est opérationnel les jours ouvrables selon un calendrier propre. Sa fermeture (1er janvier, Vendredi Saint, Lundi de Pâques, 1er mai, 25 et 26 décembre) impacte tous les flux de paiement qui y transitent.

Virement interne et virement externe : des traitements distincts

Un virement interne, entre deux comptes du même établissement, est généralement quasi instantané puisqu’il ne transite pas par un système de compensation interbancaire. Un virement externe, même national, passe par ces systèmes, ce qui explique le délai d’un jour ouvré du virement SEPA classique.

L’irrévocabilité du virement et ses limites

La question de savoir si – et jusqu’à quand – un donneur d’ordre peut révoquer un virement a des conséquences pratiques majeures, particulièrement lorsqu’une procédure collective est ouverte ou qu’une saisie intervient sur le compte.

Le moment de l’irrévocabilité selon l’article L. 133-8 CMF

Historiquement, la jurisprudence permettait au donneur d’ordre de révoquer son mandat tant que son compte n’était pas débité. Les directives européennes (DSP1 puis DSP2), transposées en droit français, ont modifié ce régime. Désormais, l’article L. 133-8 du Code monétaire et financier fixe le moment de l’irrévocabilité à la réception de l’ordre par le PSP du payeur. Passé ce moment, le donneur d’ordre ne peut plus bloquer l’exécution du virement.

Une précision importante : tant que le compte n’est pas effectivement débité, le payeur conserve la libre disposition de ses fonds. Mais il ne peut plus révoquer l’ordre lui-même. Contrairement au chèque, l’insuffisance de provision au moment de l’exécution n’entraîne pas de sanctions pénales – elle autorise simplement la banque à refuser l’exécution pour défaut de provision.

Irrévocabilité et procédure collective : l’arrêt Cass. Com. 30 juin 2021, n° 20-18.759

L’irrévocabilité de l’ordre produit des effets considérables lorsqu’une procédure collective frappe le donneur d’ordre. Une fois l’ordre devenu irrévocable, ni le décès, ni l’incapacité, ni l’ouverture d’une procédure de sauvegarde, de redressement ou de liquidation judiciaire ne peuvent empêcher son exécution. Les fonds sont alors considérés comme sortis du patrimoine du donneur d’ordre.

La Cour de cassation l’a confirmé dans un arrêt du 30 juin 2021 (Cass. Com., n° 20-18.759). En l’espèce, une entreprise avait émis un ordre de virement la veille de son jugement de liquidation judiciaire. Le bénéficiaire avait reçu les fonds après l’ouverture de la procédure. La Cour a jugé que l’ordre était opposable : la date pertinente est celle de l’irrévocabilité, non celle de la réception des fonds. Autrement dit, dès lors que l’ordre est devenu irrévocable avant le jugement d’ouverture, le droit du bénéficiaire est acquis.

La solution se décline selon la position du débiteur en difficulté :

  • Si le payeur est en procédure collective et que l’irrévocabilité est antérieure au jugement d’ouverture, le virement doit être dénoué. En revanche, si l’irrévocabilité intervient après, les fonds restent à la disposition de la procédure.
  • Si le bénéficiaire est en procédure collective, il peut toujours recevoir le virement. La banque ne peut pas opposer l’ouverture de la procédure pour refuser de créditer le compte, mais les fonds reçus ne peuvent pas se compenser avec un solde débiteur antérieur.
  • Si c’est l’un des établissements bancaires intermédiaires qui est en procédure collective, les règles des systèmes de règlements interbancaires priment : les paiements effectués avant l’expiration du jour du jugement d’ouverture ne peuvent être annulés.

Reste la question de la période suspecte. Même si le virement est valablement exécuté, il peut être remis en cause sur le fondement des nullités de la période suspecte (art. L. 632-1 et L. 632-2 du Code de commerce), mais cette contestation relève des relations entre le donneur d’ordre et le bénéficiaire, non de la responsabilité bancaire.

Responsabilité de la banque dans l’exécution d’un virement

La banque du donneur d’ordre est tenue d’exécuter les ordres de virement avec diligence. Sa responsabilité peut être engagée à plusieurs titres.

Vérification des pouvoirs, de l’identité et de l’IBAN

Avant d’exécuter un ordre, la banque doit s’assurer qu’il émane du titulaire du compte ou d’une personne dûment mandatée. Elle vérifie également l’absence d’anomalie apparente.

L’exécution du virement repose sur l’identifiant unique fourni par le donneur d’ordre – l’IBAN. Si l’IBAN communiqué est erroné, la banque n’est en principe pas responsable de la mauvaise exécution, même si le nom du bénéficiaire était correct (art. L. 133-21 CMF). Elle doit néanmoins s’efforcer de récupérer les fonds. La vérification de l’IBAN avant validation reste donc la première précaution à prendre.

L’obligation de vigilance face aux opérations atypiques

Au-delà des vérifications formelles, les banques sont soumises à une obligation générale de vigilance. Elles doivent détecter les opérations manifestement inhabituelles par rapport aux pratiques du client ou présentant des caractéristiques suspectes. Cette obligation joue un rôle central dans la lutte contre la fraude, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Refus d’exécution : l’article L. 133-10 CMF impose une motivation

La banque peut refuser d’exécuter un ordre de virement, mais ce refus ne peut pas être discrétionnaire. L’article L. 133-10 du CMF exige qu’il soit motivé : défaut de provision, imprécision de l’ordre (montant, identifiants du bénéficiaire), problème de sécurité. Si toutes les conditions prévues au contrat-cadre sont remplies par le donneur d’ordre, la banque ne peut pas refuser l’exécution.

Non-exécution ou retard : un régime de responsabilité exclusif

En cas d’opération de paiement non autorisée ou mal exécutée, le régime de responsabilité applicable est celui des articles L. 133-18 à L. 133-24 du CMF, qui transposent les directives européennes. Ce régime est exclusif : aucun autre fondement de droit national (responsabilité contractuelle de droit commun, par exemple) ne peut être invoqué à sa place.

L’article L. 133-12 CMF impose un délai d’exécution d’un jour ouvrable pour les virements SEPA. Ce délai peut être prolongé d’un jour supplémentaire si l’ordre est donné sur support papier. Le principe des dates de valeur, qui permettait aux banques de décaler la disponibilité des fonds, a été supprimé par la transposition des DSP : la date de valeur du débit ne peut être antérieure au jour du débit effectif, et le PSP du bénéficiaire doit mettre les fonds à disposition immédiatement après crédit.

En cas de mauvaise exécution, les frais et intérêts générés sont à la charge du prestataire responsable. Aucun frais ne peut être imputé au client pour les mesures correctives.

Virement frauduleux : identification, responsabilité et recours

La dématérialisation des échanges bancaires a ouvert la voie à une recrudescence des fraudes aux virements. Phishing, usurpation d’identité, modification du destinataire : les techniques se sophistiquent, et les montants détournés peuvent être considérables. Le régime juridique protège le client, mais les banques tentent régulièrement de s’exonérer en invoquant la négligence grave du titulaire du compte.

Les principales techniques de fraude

Trois méthodes concentrent l’essentiel des contentieux :

  • Le phishing (hameçonnage) : le fraudeur se fait passer pour un organisme de confiance (banque, administration, fournisseur d’énergie) par courriel, SMS ou appel téléphonique afin de soutirer les identifiants de connexion bancaire du client. Ces communications imitent souvent à la perfection les supports officiels, rendant la détection difficile même pour un utilisateur averti.
  • L’usurpation d’identité : le fraudeur se fait passer pour un proche demandant une aide urgente, un dirigeant ordonnant un virement (« fraude au président »), un fournisseur demandant un changement de RIB, ou un conseiller bancaire. L’arnaque au faux fournisseur, où le fraudeur fait modifier les coordonnées bancaires pour les paiements futurs, est particulièrement répandue en milieu professionnel.
  • La modification du destinataire : le fraudeur intercepte une communication relative à un paiement et substitue ses propres coordonnées bancaires à celles du créancier légitime. Le payeur croit régler son fournisseur habituel alors que les fonds sont détournés.

Le droit au remboursement immédiat : article L. 133-18 CMF

L’article L. 133-18 du Code monétaire et financier constitue la pierre angulaire du dispositif de protection. Il impose à la banque de rembourser immédiatement le montant de toute opération de paiement non autorisée signalée par le client dans un délai de 13 mois à compter du débit. Le compte doit être rétabli dans l’état où il se serait trouvé si l’opération n’avait pas eu lieu. Ce remboursement doit intervenir au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la notification, sauf si la banque a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de la part du client et qu’elle en informe la Banque de France.

Ce principe connaît deux exceptions. La banque peut refuser le remboursement si elle démontre que l’opération a été authentifiée et que les pertes résultent d’un agissement frauduleux de l’utilisateur lui-même, ou que l’utilisateur n’a pas satisfait, intentionnellement ou par négligence grave, à ses obligations de sécurisation de ses dispositifs de sécurité personnalisés. C’est là que se concentre l’essentiel du contentieux.

Charge de la preuve et négligence grave : ce que dit la Cour de cassation

La charge de la preuve repose sur la banque. C’est à elle de démontrer la fraude du client ou sa négligence grave – la simple utilisation de l’instrument de paiement ou des données de sécurité ne suffit pas à établir que l’opération a été autorisée. La notion de négligence grave est appréciée in concreto par les juges du fond, au regard de la sophistication de la fraude et des mesures de sécurité déployées par l’établissement.

Trois arrêts récents de la chambre commerciale de la Cour de cassation éclairent l’état du droit :

  • Cass. Com., 1er juin 2023, n° 21-19.289 – La Cour rappelle que la charge de la preuve de la négligence grave incombe à la banque. Si l’établissement ne parvient pas à démontrer un comportement allant au-delà de la simple imprudence, il doit rembourser. Les juges examinent les mesures de sécurité mises en place par la banque et leur conformité à l’état de l’art au moment de la fraude. Une défaillance dans les systèmes de détection peut jouer en défaveur de la banque, même si le client a commis une imprudence initiale.
  • Cass. Com., 30 août 2023, n° 22-11.707 – Cet arrêt porte sur le caractère suffisamment robuste du système d’authentification et la réaction du client après connaissance d’éléments suspects. La Cour veille à un équilibre : protéger les utilisateurs sans exonérer ceux qui feraient preuve d’une passivité ou d’une imprudence caractérisée. Plus la fraude est élaborée et difficile à déceler pour un utilisateur normalement diligent, moins la négligence grave sera retenue.
  • Cass. Com., 2 octobre 2024, n° 23-13.282 – La chambre commerciale insiste sur l’obligation pour la banque de déployer des dispositifs d’authentification forte adaptés aux risques. Si la fraude a exploité une faille connue du système d’authentification, ou si la banque n’a pas suffisamment alerté ses clients sur des techniques de fraude émergentes, sa responsabilité peut être engagée plus facilement.

La tendance jurisprudentielle est claire : les juges attendent des banques qu’elles adaptent en permanence leurs dispositifs de sécurité à l’évolution des techniques de fraude. Un système d’authentification obsolète ou une absence d’alerte client face à des fraudes identifiées constituent des arguments solides pour obtenir le remboursement.

Les recours concrets en cas de virement frauduleux

Face à un virement non autorisé, la rapidité de réaction conditionne les chances de récupération des fonds. Les démarches suivent un ordre logique.

Signalement immédiat à la banque. Le client doit informer son établissement sans délai, demander le blocage des moyens de paiement compromis et solliciter une procédure de rappel des fonds (recall). Cette démarche doit être confirmée par écrit – lettre recommandée ou messagerie sécurisée – pour conserver une preuve de la date du signalement, qui conditionne le droit au remboursement.

Dépôt de plainte. Le dépôt de plainte auprès de la police ou de la gendarmerie est indispensable. Les banques l’exigent généralement pour traiter la demande de remboursement, et il permet de déclencher une éventuelle enquête pénale. Le client doit réunir tous les éléments de preuve : relevés de compte, captures d’écran des messages frauduleux, références des transactions.

En cas de refus de remboursement. Si la banque invoque la négligence grave pour refuser le remboursement, plusieurs voies s’ouvrent. La saisine du médiateur bancaire, gratuite, peut permettre une résolution amiable. Si la médiation échoue, une action en responsabilité devant le tribunal judiciaire permet de contester les arguments de la banque. Lorsque l’obligation de remboursement paraît manifeste et non sérieusement contestable, le référé-provision offre une voie rapide pour obtenir une avance sur les sommes dues.

Dans ces procédures, l’assistance d’un avocat en droit bancaire permet d’analyser les arguments de la banque, d’examiner la robustesse de ses dispositifs de sécurité et de mobiliser la jurisprudence la plus récente.

Droits du client en cas d’erreur ou de virement bloqué

Au-delà de la fraude, le client dispose de droits précis lorsqu’un virement est mal exécuté, retardé ou bloqué sans justification.

Le délai de contestation de 13 mois

Le client dispose d’un délai de 13 mois à compter du débit pour signaler à sa banque une opération non autorisée ou mal exécutée. Ce délai est ramené à 8 semaines pour contester un prélèvement autorisé dont le montant débité excède celui auquel le payeur pouvait raisonnablement s’attendre. Passé ces délais, le droit au remboursement peut être perdu, sauf faute grave de la banque.

La surveillance régulière des relevés de compte est donc essentielle pour détecter toute anomalie dans les temps. En cas de virement bloqué ou de virements suspendus sans explication, une réclamation écrite doit être adressée à la banque.

Les frais associés aux virements bancaires

La tarification des virements varie selon l’établissement et le type d’opération :

  • Virements SEPA classiques : souvent gratuits lorsqu’ils sont initiés en ligne. Des frais peuvent s’appliquer pour les ordres donnés en agence.
  • Virements SEPA instantanés : certaines banques les proposent gratuitement, d’autres facturent environ 1 euro par opération.
  • Virements internationaux hors SEPA : presque toujours payants. Les frais comprennent une commission d’émission, une commission de change et éventuellement des frais de banques correspondantes.
  • Comptes professionnels : les conditions tarifaires diffèrent généralement de celles des comptes de particuliers. La convention de compte en précise le détail.

La plaquette tarifaire de l’établissement, accessible sur son site internet, détaille l’ensemble de ces frais.

Bonnes pratiques pour sécuriser ses virements

  • Protéger ses identifiants bancaires : ne jamais communiquer ses codes d’accès, mots de passe ou codes reçus par SMS. Se méfier des emails, SMS ou appels suspects demandant ces informations.
  • Vérifier les coordonnées du bénéficiaire : avant de valider un virement, contrôler l’exactitude de l’IBAN. Pour un paiement important ou un nouveau bénéficiaire, confirmer les coordonnées par un canal distinct (appel téléphonique au numéro habituel du fournisseur, par exemple).
  • Utiliser l’authentification forte : valider systématiquement les opérations via le dispositif proposé par la banque.
  • Surveiller ses comptes : consulter régulièrement ses relevés pour détecter toute opération suspecte et réagir dans les délais légaux.
  • Réagir sans délai : en cas de doute sur un virement retardé ou suspect, contacter immédiatement sa banque. L’annulation d’un ordre est possible tant qu’il n’a pas atteint le stade de l’irrévocabilité.

Si vous êtes confronté à un litige avec votre banque concernant un virement – non-exécution, retard, fraude, refus de remboursement -, notre équipe d’avocats en droit bancaire peut analyser votre dossier et vous accompagner dans vos démarches, amiables ou judiciaires.

Foire aux questions

Comment contester un virement non autorisé ?

Informez immédiatement votre banque par écrit (messagerie sécurisée ou lettre recommandée). Elle doit rembourser le montant au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant la notification, sauf si elle soupçonne une fraude de votre part (art. L. 133-18 CMF).

Quel est le délai pour obtenir le remboursement d’un virement frauduleux ?

Le remboursement doit intervenir immédiatement, en pratique sous 24 à 48 h après signalement. Le client dispose d’un délai de 13 mois à compter du débit pour signaler l’opération non autorisée.

La banque peut-elle refuser d’exécuter un virement ?

Oui, mais uniquement pour un motif légitime (provision insuffisante, ordre incomplet, problème de sécurité) et en motivant son refus conformément à l’article L. 133-10 CMF.

Qui est responsable si l’IBAN communiqué est erroné ?

Le payeur supporte l’erreur (art. L. 133-21 CMF). Toutefois, la banque doit déployer des efforts raisonnables pour récupérer les fonds.

Qu’est-ce que l’authentification forte exigée pour les virements en ligne ?

Une validation utilisant au moins deux éléments indépendants parmi trois catégories : connaissance (mot de passe), possession (téléphone) et inhérence (biométrie). Ce dispositif est imposé par la DSP2.

Un virement SEPA peut-il être effectué vers un pays hors zone euro ?

Le SEPA couvre des pays hors zone euro (Suisse, Norvège, Royaume-Uni sous conditions), mais le virement doit être libellé en euros. Un virement dans une autre devise relève du régime international.

Combien de temps faut-il pour qu’un virement SEPA classique arrive ?

Un jour ouvrable après réception de l’ordre par la banque du donneur d’ordre. Un virement SEPA instantané prend quelques secondes, 24h/24 et 7j/7.

Les virements sont-ils traités le week-end et les jours fériés ?

Les virements SEPA classiques ne sont pas traités les week-ends et jours fériés. Le virement SEPA instantané fonctionne 24h/24, 7j/7. Le système TARGET2, pour les gros montants, suit son propre calendrier de fermeture.

Peut-on annuler un virement déjà émis ?

Seulement tant que l’ordre n’a pas atteint le stade de l’irrévocabilité (art. L. 133-8 CMF), c’est-à-dire généralement sa réception par la banque. Après ce moment, l’exécution ne peut plus être bloquée, même en cas de décès ou de procédure collective du donneur d’ordre.

Qu’est-ce que la négligence grave qui prive le client du remboursement ?

C’est un manquement particulièrement sérieux aux obligations de prudence, apprécié au cas par cas. Communiquer ses codes en réponse à un phishing grossier peut être qualifié de négligence grave, mais la sophistication de la fraude est un critère déterminant. La charge de la preuve repose sur la banque (Cass. Com., 1er juin 2023, n° 21-19.289).

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