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Dans un contexte de concurrence internationale féroce, les entreprises qui exportent ont besoin de solutions financières adaptées. Les crédits à l’exportation constituent un levier essentiel pour conquérir des marchés étrangers. Ils permettent de financer les opérations commerciales internationales et de sécuriser les transactions.
Définition et contexte économique
Les crédits à l’exportation représentent un facteur clé de la croissance économique nationale. Selon le fascicule 1050 du JurisClasseur Droit bancaire et financier, l’activité d’exportation génère « un important besoin de financement à des taux favorables, tant à court terme qu’à moyen et long terme. »
Ces crédits doivent répondre à deux défis majeurs :
- Le besoin de financement compétitif
- La couverture des risques spécifiques au commerce international
Les risques à couvrir comprennent notamment :
- Le risque commercial (défaillance du débiteur étranger)
- Le risque politique
- Le risque catastrophique
Typologie des crédits à l’exportation
On peut classer les crédits exports selon deux critères principaux :
Selon la durée :
- Court terme : jusqu’à 2 ans
- Moyen terme : de 2 à 7 ans
- Long terme : plus de 7 ans
Selon le bénéficiaire :
- Crédits au fournisseur (exportateur)
- Crédits à l’acheteur (importateur étranger)
Dans la pratique, on distingue cinq formes principales :
- Les crédits de préfinancement
- Les crédits de mobilisation des créances nées sur l’étranger
- Le crédit fournisseur stricto sensu
- Le forfaitage
- L’affacturage international
Le crédit acheteur constitue une évolution significative du financement export. Comme le précise l’article du JurisClasseur, dans cette configuration, « une banque ou un organisme public de crédit à l’exportation du pays exportateur s’engage à réaliser un prêt, directement à un acheteur étranger, afin qu’il acquière des biens ou services auprès d’un fournisseur du pays exportateur. »
Évolution du rôle des États
Historiquement, les États ont joué un rôle prépondérant dans le développement des crédits à l’exportation.
Cette intervention s’est manifestée par :
- La mise en place d’institutions nationales spécialisées
- Le développement de procédures publiques favorisant les financements exports
- La mise en œuvre de systèmes de couverture des risques
En France, la COFACE (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur) remplit ce rôle d’assureur-crédit pour le compte de l’État, ce qui constitue une forme majeure de soutien financier public aux exportations.
Toutefois, un mouvement de désengagement progressif des États s’est amorcé. Ce retrait s’inscrit dans un cadre plus large de libéralisation des économies. Il résulte également d’engagements internationaux visant à limiter la « concurrence par le crédit » entre pays exportateurs.
Les différentes catégories de crédits exports
La France propose trois catégories de crédits exports :
- Les crédits « administrés » ou « classiques »
- Bénéficient d’une garantie de la COFACE
- Profitent d’une procédure de bonification
- Les crédits en « garantie pure »
- Couverts par la COFACE
- Sans soutien financier public
- Les crédits « libres »
- Ne bénéficient d’aucune procédure publique
Ces différentes formes se combinent fréquemment. Une exportation peut être financée partiellement avec soutien public et partiellement par des crédits libres (parfois appelés « crédits financiers d’accompagnement »).
Les combinaisons possibles de financements
Pour les projets d’envergure, les montages financiers peuvent devenir complexes avec des combinaisons de :
- Crédits à l’exportation (avec ou sans soutien public)
- Crédits d’aide au développement à conditions favorables
- Crédits mixtes
- Prêts et garanties d’institutions financières internationales (Société financière internationale, Banque européenne pour la reconstruction et le développement)
Ces montages s’opèrent dans le cadre de cofinancements. La réglementation internationale encadre strictement ces pratiques, notamment à travers l’ »Arrangement sur les crédits à l’exportation bénéficiant d’un soutien public » négocié sous l’égide de l’OCDE.
Points d’attention pour les exportateurs
Pour tirer le meilleur parti des crédits à l’exportation, il convient de :
- Identifier précisément les besoins de financement (période de fabrication, délais de paiement accordés)
- Évaluer les risques spécifiques au pays destinataire
- Explorer toutes les options de couverture disponibles
- S’informer sur les dispositifs d’aide publique accessibles
- Anticiper les contraintes règlementaires internationales
La structure de financement peut constituer un avantage compétitif décisif dans les négociations commerciales internationales. Les conditions de paiement proposées peuvent faire la différence entre l’obtention d’un contrat ou son attribution à un concurrent étranger.
Une consultation juridique spécialisée en droit du crédit s’avère souvent nécessaire pour optimiser le montage financier d’une opération d’exportation d’envergure. Les contraintes réglementaires évoluent constamment et la structuration optimale dépend de nombreux facteurs propres à chaque situation.
Notre cabinet accompagne régulièrement les exportateurs dans ces démarches complexes. N’hésitez pas à nous contacter pour analyser vos besoins spécifiques en matière de financement à l’exportation.
Sources
- JurisClasseur Droit bancaire et financier, Fasc. 1050 : « Crédits à l’exportation. Crédits acheteurs et fournisseurs », Gautier Bourdeaux, première publication le 2 septembre 2009
- G. Bourdeaux, « Le crédit acheteur international. Approche française et comparative », Economica, 1995
- OCDE, « Les systèmes de financement des crédits à l’exportation dans les pays membres et non membres de l’OCDE », MAJ 2005
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