L’exercice de la vente alimentaire ambulante requiert, outre l’obtention de la carte professionnelle, le respect de règles sanitaires strictes. Ces obligations protègent les consommateurs et engagent la responsabilité du commerçant. Leur non-respect entraîne des sanctions sévères.
Le cadre réglementaire applicable
Le commerce alimentaire ambulant obéit à un cadre précis.
La réglementation européenne
La directive 93/43/CE du 14 juin 1993 constitue le socle réglementaire. Elle fixe les principes d’hygiène pour toutes les denrées alimentaires. Le règlement CE n°852/2004 a renforcé ces exigences.
Ces textes s’appliquent sans distinction aux commerces fixes et ambulants.
La transposition en droit français
L’arrêté du 9 mai 1995 transpose ces règles en droit français. Il s’applique aux:
- Marchés de plein air
- Voitures-boutiques
- Structures légères de vente
Le code de la consommation complète ce dispositif par des règles sur la qualité et la sécurité des produits.
Les contrôles officiels
Les contrôles relèvent de deux administrations:
- Direction départementale de la protection des populations (DDPP)
- Agents de la répression des fraudes
Ces services vérifient le respect des normes sur le terrain.
Les installations et équipements obligatoires
Les exigences portent sur la conception même des installations.
L’aménagement des stands et véhicules
Les stands doivent:
- Être conçus pour éviter la contamination des aliments
- Présenter des surfaces faciles à nettoyer
- Posséder des protections contre les pollutions externes
Les véhicules de vente nécessitent un aménagement spécifique adapté aux produits.
Les équipements de nettoyage et désinfection
Tout point de vente doit disposer:
- D’eau potable en quantité suffisante
- De produits de nettoyage et désinfection
- De dispositifs pour le lavage des mains
Ces équipements doivent rester opérationnels durant toute la vente.
Les matériaux et surfaces
Les matériaux en contact avec les aliments doivent être:
- Lisses
- Lavables
- Non toxiques
- Résistants à la corrosion
L’arrêté de 1995 précise que les surfaces en bois brut sont interdites.
La gestion des températures et la chaîne du froid
Le respect des températures constitue une obligation essentielle.
Les obligations de conservation
Chaque catégorie d’aliments impose une température spécifique:
- Produits congelés: -18°C
- Viandes et poissons frais: +4°C maximum
- Produits laitiers: +8°C maximum
- Plats cuisinés à l’avance: +3°C
Ces seuils figurent dans l’annexe de l’arrêté du 9 mai 1995.
Les équipements de maintien en température
Le marchand doit disposer:
- D’enceintes réfrigérées pour les produits frais
- De congélateurs pour les produits surgelés
- D’équipements de maintien au chaud (minimum 63°C)
Ces appareils doivent assurer une température homogène dans toute l’enceinte.
La surveillance et l’enregistrement
Le commerçant doit:
- Vérifier régulièrement les températures
- Enregistrer ces contrôles
- Conserver les relevés
Cette traçabilité prouve la vigilance du professionnel.
Le système HACCP et l’auto-contrôle
L’auto-contrôle repose sur le système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point).
Les principes fondamentaux
Le système HACCP comprend:
- L’analyse des dangers
- L’identification des points critiques
- La mise en place de mesures préventives
- La définition de procédures de surveillance
- Les actions correctives
- La vérification de l’efficacité
- La documentation du système
Cette méthode vise à prévenir plutôt que corriger.
La mise en œuvre adaptée au commerce ambulant
Pour les stands et véhicules de vente, le HACCP s’applique avec pragmatisme:
- Documents simplifiés
- Focus sur les risques majeurs
- Procédures adaptées aux conditions de terrain
Cette adaptation tient compte des contraintes spécifiques.
La documentation et les enregistrements
Le commerçant doit tenir:
- Un plan de nettoyage
- Des fiches de contrôle des températures
- Des bons de livraison et factures
- Des fiches de non-conformité
Ces documents prouvent la rigueur sanitaire lors des contrôles.
Les règles d’hygiène du personnel
L’hygiène du personnel reste primordiale.
La formation obligatoire
Tout manipulateur d’aliments doit:
- Recevoir une formation à l’hygiène
- Maîtriser les bonnes pratiques
- Connaître les risques spécifiques
Cette formation doit être actualisée régulièrement.
Les pratiques d’hygiène personnelle
Le personnel respecte:
- Le lavage fréquent des mains
- Le port de vêtements propres et adaptés
- L’interdiction de fumer sur le lieu de vente
- L’absence de bijoux aux mains
Ces règles limitent les contaminations manuportées.
Les obligations en cas de maladie
Un vendeur présentant:
- Des symptômes digestifs
- Une infection cutanée
- Une affection respiratoire
doit s’abstenir de manipuler les denrées ou porter des protections adaptées.
Les contrôles officiels et sanctions
Le non-respect des règles sanitaires expose à des sanctions.
Le déroulement des inspections
Les inspections se déroulent:
- Sans préavis
- Sur le lieu de vente
- Avec examen des installations et documents
- Prélèvements éventuels pour analyse
Un rapport d’inspection détaille les non-conformités.
L’échelle des sanctions
Les sanctions varient selon la gravité:
- Avertissement simple
- Mise en demeure
- Saisie ou destruction des denrées
- Fermeture administrative temporaire
- Procès-verbal transmis au procureur
Les infractions graves relèvent du tribunal correctionnel.
Les conséquences pénales
Le code de la consommation prévoit:
- Jusqu’à 2 ans d’emprisonnement
- 37 000 € d’amende pour vente de produits corrompus
- 4 ans et 75 000 € si la substance est nuisible
Ces sanctions visent à protéger efficacement le consommateur.
La vente alimentaire ambulante exige une vigilance constante sur le plan sanitaire. Notre cabinet accompagne les professionnels dans la mise en conformité de leurs installations et les aide à préparer les contrôles officiels. Pour une vue d’ensemble plus complète des obligations juridiques et administratives du commerce ambulant, n’hésitez pas à consulter notre guide.
Sources
- Arrêté du 9 mai 1995 réglementant l’hygiène des aliments
- Règlement (CE) n° 852/2004 relatif à l’hygiène des denrées alimentaires
- Code de la consommation, art. L. 213-1 et suivants




